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ROLE DE LA VOLONTÉ

instruments plus souples par lesquels elle étend son empire (^). C'est l'opinion unanime des psychologues du xvii<^ siècle, de Maine de BiRAN (^), etc. — Nous avons vu que, pour certains psychologues contemporains, l'action de la volonté se borne à maintenir une idée dans la conscience : c'est cette idée absorbante qui déterminerait automatiquement les contractions musculaires (194, II).

B) La volonté exerce une influence indirecte sur les fonctions de nutrition et sur le tempérament : en réglant la nourriture, le sommeil, les exercices corporels, elle arrive à modifier le jeu habituel des organes correspondants (^).

II. — La sensibilité: la volonté n'a pas sur les sensations et sentiments un pouvoir direct. Mais elle peut :

1° Refuser son consentement aux désirs, aux passions, et en empêcher la manifestation extérieure.

2° Les afîaibhr en détournant la pensée vers d'autres objets, car ce qui entretient et avive la passion, c'est Yattention prêtée à l'objet qui la provoque.

30 Les combattre en substituant de bonnes passions aux mauvaises (59, B).

III. — L'intelligence: par l'entremise de Yattention qu'elle commande, la volonté a prise sur toutes les opérations intellectuelles (129, I). La science est donc l'œuvre de la volonté comme de l'intelhgence, car elle exige des efforts continus et persévérants.

IV. — La personnalité : la volonté est la base de la personnalité, car c'est l'activité réfléchie et libre qui fait de l'homme une personne responsable (198, 200).

V. ■ — Le caractère : la volonté contribue aussi à former l'homme de caractère. « Avoir du caractère, c'est posséder cette qualité de la volonté par laquelle le sujet s'attache à des principes pratiques déterminés, qu'il s'est invariablement fixés par sa raison » (Kant), C'est donc être soi-même dans sa conduite, c'est-à-dire ne pas être à la remorque des opinions des autres, mais posséder des principes sohdes et avoir le courage d'y conformer sa vie, sans dévier, ni fléchir.

Convictions fortes, volonté ferme, voilà les deux éléments constitutifs du caractère. L'homme de caractère est donc celui qui a des principes et qui les suit, qui n'agit pas au hasard de ses impressions ou de ses humeurs, qui n'est pas à la merci des préjugés, des événements, des opinions, de la mode. Les deux éléments indiqués sont nécessaires (212).

(M « Ainsi la volonté se fait un corps plus souple et plus propre aux opérations intellectuelles. •> (BossuET, De la connaissance de Dieu et de soi-même, Ch. m, § 16). (*) Œuvres inédites, t. I, p. 237.

(') BossuET, De' la connaissance..., Cli. m, § 16.

(200) LA PERSONNALITK 365

JouBERT avait déjà remarque que les mots vagues l'ont les pensées llottantes, et que les pensées flottantes font les cœurs pusillanimes. Les caractères sont sans force, sans décision, quand les intelligences sont sans lumière, sans conviction, parce que la volonté suit le chemin que montre et éclaire l'entendement.

Conclusion: de tout cela ressort l'importance de la volonté. 11 ne faut pourtant pas exagérer son rôle et en faire avec Schopenhauer l'essence de l'âme et la faculté primitive engendrant tout dans le monde (^). La volonté peut perfectionner les pouvoirs existant au moins en germe ; elle n'en saurait créer de nouveaux. D'ailleurs la volonté n'est pas la faculté qui se manifeste la première : elle suppose nécessairement avant elle l'exercice de la raison qui l'éclairé par des motifs et de la sensibilité qui l'attire par des mobiles (10, I).

Remarque : nous avons successivement, à l'occasion, comparé entre elles les facultés de l'âme :

1° Intelligence et sensibilité (16).

20 Intelligence et volonté (148, B, III ; — 197, A). 3° Sensibilité et volonté (197, B).

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