LOGIQUE : SCIENCE ET ART
III. — Aristote (^) : la science de la démonstration. La Logique, en effet, n'a pas à tracer à i'intelligence des règles pour atteindre les vérités d'évidence immédiate, pace que ces vérités s'imposent d'elles-mêmes. Ses règles concernent les vérités d'évidence médiate, auxquelles on arrive par démonstration.
IV. — Kant (2) : la science des lois nécessaires de V entendement et de la raison en général.
V. — Hamilton i^) ; la science des lois de la pensée en tant que pensée.
VI. — ' S. Mill (•*) : la science de la preuve, c'est-à-dire de l'inférence. Cette définition est renouvelée d'ARiSTOTE, quoique Mill ne s'accorde pas avec le Stagirite sur la nature et la valeur de la preuve.
C) Critique : de toutes ces définitions, la première nous parait être la meilleure, parce que le mot « penser » embrasse les trois opérations de l'esprit : le concept, le jugement et le raisonnement. Les définitions de Hamilton et de Kant ne conviennent qu'à la Logique /orwe//e. Les autres ont le tort de ne se rapporter explicitement qu'au raisonnement. Au fond, cependant, elles reviennent à la première, pourvu qu'on élargisse les mots démonstratioji, preuve, vérité scientifique, au lieu de les restreindre au raisonnement ou inférence, ce qui est parfaitement légitime, puisque le raisonnement implique des jugements, et les jugements des concepts.