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RÈGLE FORMELLE DES IDÉES ET DES TERMES

L • — Idée contradictoire : prise en soi l'idée n'est rigoureusement m vraie ni fausse, parce qu'elle ne renferme aucune affirmation explicite (^). C'est un simple fait. Quand je pense ces deux idées juxtaposées : cercle carré, il n'y a ni erreur, ni fausseté, parce que je n'affirme ni ne nie catégoriquement la convenance entre elles. Cependant on peut dire qu'une idée est virtuellement vraie ou fausse, selon qu'elle implique ou n'imphque pas une contradiction (122).

Une idée contradictoire est une idée complexe dont certains éléments s'excluent réciproquement : vg. cercle carré, nombre infini, douleur inconsciente. Un esprit, qui rapproche de pareils éléments, n'est pas d'accord avec lui-même ; il se contredit s'il se représente comme un seul objet : vg. la douleur inconsciente, car c'est se représenter un phénomène senti, puisqu'il est douloureux, et non senti, puisqu'il est inconscient. Ce n'est pas une idée, mais un semblant d'idée auquel les mots donnent une apparence d'existence.

II. — Règle unique : Vidée ne doit contenir dans sa compréhension aucun élément contradictoire.

Conséquences : a) il suffit de constater qu'une idée est contradictoire pour qu'on ait le droit 'd'affirmer qu'aucun objet ne lui correspond et ne peut lui correspondre. L'impossibilité logique entraine V impossibilité physique. Dieu lui-même ne saurait réaliser une idée contradictoire : vg. nombre infini, parce que les deux termes se nient mutuellement. Ils sont donc irréahsables, ils aboutissent à zéro, à néant. Un nombre infini serait à la fois illimité, puisque par hypothèse il est infini ; et limité, puisqu'il est nombre, c'est-à-dire une quantité susceptible d'être comptée.

(') C'est ce qu'il faut répondre à Dugald Stewart {Élémenls de la Philosophie de l'esprit humain, T. I, ch. m) et àSpinoza (Ét/itgue, 2« P.^rop. XLIX etScholie) prétendant qu'il n'y a pas de concept sans affirmation. L'affirmation n'est inhérente à la conception ou appréhension de l'esprit que lorsqu'il rapproche deux idées (vg. cercle carré) et encore n'est-elle qu'implicite. Stewart se sert du mot croyance (p. 106-10.8), tandis que Spinoza emploie le mot affirmation.

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