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DÉFINITION LOGIQUE OU ESSENTIELLE

être universelle et propre. Si l'on définit l'homme : un animal qui fait de la philosophie, cette définition est trop étroite, car elle ne convient pas à tout le défini ; tout homme ne philosophe pas. — Si l'on définit l'homme : u?i animal, cette définition est trop large, car elle ne convient pas au seul défini ; la bête est aus.si un animal.

II. — Elle se fait par le genre prochain et la différence spécifique. Per genùs proximum et differentiam specificam. (Ps. 139, III, 3°) Il ne suffit pas, en effet, di'énumérer les éléments de la définition, il faut encore les classer. On y arrive en prenant le genre prochain qui enveloppe tous les genres supérieurs (vg. s'il s'agit de l'homme, le genre prochain est sensible ou animal, lequel suppose et implique les genres supérieurs : être, substance, corps, vivant) ; puis la différence spécifique (pour l'homme, c'est raisonnable). Des éléments qui constituent la compréhension de l'idée à définir, les uns sont communs à cette idée et à un plus ou moins grand nombre d'autres (l'homme est un animal : animal convient à l'homme et à la bête) et ils sont exprimés par le genre prochain ; les autres sont propres et ils sont exprimés par la différence spécifique [raisonnable ne convient gw'à Vhomme). Le genre en effet est comme une matière indéterminée et susceptible de recevoir des formes particuUères. La différence est une forme ou un ensemble de formes déterminant le genre. U animalité est le genre commun à l'homme et à la bête ; la forme déterminante sera ou raisonnable ou irraisonnable.

La définition est énoncée par une proposition, qui a pour sujet le terme indiquant l'idée à définir, et pour attribut V énumération ordonnée des éléments dont se compose la compréhension de cette idée : l'homme est l'animal raisonnable. C'est donc une proposition dont l'attribut développe toute la compréhension du sujet ; elle est par conséquent analytique, puisque l'attribut est extrait du sujet par analyse.

B) Conséquences : on ne peut donc définir :

lo) L'être, parce que genre suprême (genus generalissimum), il ne saurait rentrer dans un genre plus étendu. L'idée d'être, étant une idée simple, est indécomposable et partant indéfinissable {^).

2°) Les individus, parce qu'ils n'ont pas de différence spécifique : ils ne se distinguent que par des caractères accidentels. Ces caractères sont si nombreux et si variés qu'aucune définition ne saurait en épuiser laliste. L'idée de chaque être individuel est tellement complexe qu'elle est réfractaire à une analyse intégrale : Omne individuum ineffabile.

C) Matière : la définition logique, étant la fin et le résumé de la science,

(') Leibniz, Nouveaux essais sur i etitendement humain, L. II, ch. ii, L. III, ch. it. — Pascal, Art de persuader. — Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances.... T. II, ch. XV, § 222.

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