MÉTHODE DES SCIENCES HISTORIQUES 99. — OBJET ET DIVISION DE L'HISTOIRE
A) Objet de l'histoire : l'histoire (ta-opta, injormation) est la science du passé des sociétés humaines ; c'est « la mémoire de l'humanité (^) ».
Elle a pour objet les événements passés, qui par conséquent ne peuvent plus être observés. Mais, dira-t-on, les phénomènes observés par les autres sciences sont passés aussi. C'est vrai ; mais ces faits peuvent être reproduits au moyen de l'expérimentation ; ils ne sont donc pas strictement passés. Les faits historiques au contraire sont caractérisés par la rencontre d'un grand nombre de circonstances. Or l'historien n'a aucunement le pouvoir de réaliser de nouveau cet ensemble complexe.
B) Division : l'histoire se subdivise suivant la nature des phénomènes moraux particuhèrement étudiés. C'est ainsi qu'on a l'histoire : 1° des arts^ des lettres, des sciences, qui recherche les manifestations de l'activité esthétique et scientifique ; — 2° des religions ; — 3° des systèmes philosophiques ; — 40 de la civilisation ; — 5° du commerce et de l'industrie ; — 6^ de la vie des sociétés, qui fournit les matériaux à la Sociologie et à la Pohtique pratique, etc.
C) Éléments de la science historique : cette science impUque (^) :
(') E. LÉvÊQUE, Histoire de la philosophie et des sciences.
(') CicÉnoN a donné de l'histoire cette définition descriptive : Historia est teslis temporum, lux veritalis, vita mémorise, magistra vitse, nuntia vetustatis {De oratore, II, 9).
(') Daunou, Cours d'études historiques, T. I. — Laplace, Essai philosophique sur la probabilité. — Cournot, Exposition de la théorie des chances. Essai sur les fondements de nos connaissances. — S. Mill, Système de Logique..., L. VI, Ch. x, xi. — A. Bain, Logique déduclive et inductive, L. V. Cli. vu. — Ollk-Laprune, La certitude ynorale. — E. Naville, Comptes rendus de l'Académie des sciences morales et j^olitiques, avril 1873, p. 577. — Pillon, dans L'Année philosophique, 1867 ; dans la Critique philosophique, 1873, T. Il, p. 102. — De Smedt, Principes de la critique historique. — Langlois et Seignobos, Introduction aux
(100) CniTIQUK DU TÉMOIGNAGE EN GKNl'.nAf, 735