B) MÉTHODE DE LA POLITIQUE
Au sens large la Politique est synonyme de Science sociale. La Politique est prise ici au sens strict de science du gouvernement des sociétés. I. - — Méthodes fausses. La Politique a été traitée tantôt :
A) Comme une science abstraite, où l'on recherche a priori les conditions idéales d'un bon gouvernement : vg. la République de Platon fondée sur l'idée de communauté ; le Contrat social de Rousseau, sur l'idée de la souveraineté du peuple ; le De Cii'e ou le Léviathan de Hobbes, sur l'idée du pouvoir absolu.
B) Comme un art empirique, où l'on constate comment les êtres agissent et quelles sont les conséquences habituelles de leurs actions : vg. le Prince de Machiavel. Ces méthodes exclusives aboutissent à des conclusions erronées : la pohtique de Platon est chimérique : elle détruit la famille, supprime la propriété, individuelle, absorbe l'individu dans l'État ; — celle de Rousseau légitime la tyrannie populaire : c'est la volonté du plus grand nombre qui fait le juste et l'injuste ; — celle de HoBBES sacrifie l'individu au despotisme ; — celle de Machiavel, jugeant d'après les succès et selon cette maxime : « La fin justifie les moyens », détruit la moralité.
IL — Méthode vraie : elle consiste à unir rinduction et la déduction. La Pohtique doit s'appuyer sur la connaissance de l'homme, sur l'histoire des sociétés, afin de dégager de l'étude des faits les lois d'une bonne administration sociale, c'est-à-dire l'idéal à atteindre et les moyens de le réahser. ^"oilà la.part de l'expérience et de l'induction. Puis le politique déduira de ces deux données ainsi acquises (l'idéal pohtique et les moyens aptes), les règles à suivre pour réahser cet idéal par l'emploi judicieux de ces moyens (90, note 1). C'est ainsi que les méthodes expérimentale et déductive ont été employées par Aristote dans la Politique (il avait analysé 158 constitutions) ; par Bodin dans la République ; — par Montesquieu dans V Esprit des Lois ; — par A. de Tocqueville dans la Démocratie en Amérique^ etc.