‹ Traité de philosophieChapitre 852 sur 921 · SOPHISMES DE MOTS · texte numérisé non relu

SOPHISMES DE MOTS

Les principaux sophismes verbaux proviennent :

A) De l'équivoque, quand, dans un raisonnement, on prend un même mot en plusieurs sens différents. Elle introduit dans le syllogisme un quatrième terme : vg. Tout ce qui nous appartient est nôtre ; or les sauvages boivent dans des crânes qui leur appartiennent ; donc les jj sauvages boivent dans leurs crânes.

(') Logique de Port-Royal, 111= P., Ch. xx.

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B) De la confusion entre le sens composé et le sens divisé {Fallacia compositionis et divisionis), quand on prend dans le sens composé, c'està-dire simultanément ou collectivement^ ce qui n'est vrai que dans le sens divisé, c'est-à-dire successivement ou séparément^ ou inversement : vg. a) Cette dépense ne me ruinera pas, ni cette autre, ni cette troisième, etc., donc toutes ces dépenses ne me ruineront pas. — b) Trois et deux font cinq ; donc trois fait cinq et deux fait cinq. C'est prendre le mot et d'abord au sens composé, puis au sens divisé.

C) De l'étymologie, quand on raisonne des choses d'après l'étymologie de leurs noms, comme si les noms exprimaient toujours exactement l'essence des choses : vg. l'âme est un souffle [anima) ; donc elle est matérielle.

D) De l'abstraction réalisée, quand on prend pour des êtres les qualités et les relations des choses, que le langage a transformées en substances ; vg. l'École écossaise réalise les facultés de l'âme en les considérant comme des entités réellement distinctes de l'âme (Ps. 9, § C).

E) De l'abus des termes figurés, qui est fréquent en philosophie : vg. la volonté est comme une balance dont les motifs sont les puids (Ps. 209, §111, Remarque).

Conclusion : le langage est l'instrument nécessaire de la pensée. Mais « souvent, a dit Bacon, les mots, qui la servent, l'asservissent ». H. Spemcer a dit équivalemment : « Que de fois le mot, ce papier-monnaie de la pensée, mène à l'insolvabihté intellectuelle ! » De là toute une classe d'erreurs. Le préservatif, c'est la clarté du langage, condition de la clarté de la pensée (Ps. 230, 232).

SECTION II

SOPHISMES DE PENSÉE On les subdivise en sophismes d'induction et de déduction.

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