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II. DE L’EXPOSITION A LA CHAMBRE NOIRE

Nous avons fait connaître dans les Chapitres précédents les propriétés particulières de quatre préparations rendues sensibles par leur combinaison avec l’acéto-nitrate d’argent.

Nous n’avons donc pas à nous occuper ici ni du choix des modèles, ni du temps d’exposition, mais seulement des dispositions générales de l’opération au point de vue de l’instrument optique, auquel nous allons demander notre image photogénique.

Les papiers sensibles placés dans les châssis sont enfermés entre deux glaces, comme il a été dit au § précédent.

Le premier soin à prendre, est d’essuyer bien parfaitement la surface de la glace qui va être présentée à la lumière dans l’intérieur de la chambre noire, puisque, plus elle sera pure, plus elle permettra le passage des rayons lumineux qui doivent la traverser pour exercer leur action sur la couche photogénique.

C’est un soin qu’il faut prendre aussi pour les verres des objectifs, seulement ceux-ci ne doivent être nettoyés qu’à sec et avec une peau de daim bien douce.

Lorsque la chambre noire est restée enfermée et qu elle doit être transportée dans une atmosphère nouvelle, ou exposée aux rayons du soleil, il est rare que l’intérieur ne se remplisse pasde vapeurs; dans cet état, il serait impossible d’obtenir une image sur la couche sensible, puisque les rayons lumineux seraient arrêtés par la couche de vapeurs condensées sur l’objectif; il est donc indispensable, avant de procéder à l’exposition, de mettre l’intérieur de la boîte en communication avec l’air du local où l’on doit opérer, en enlevant quelque temps à l’avance le châssis garni du verre dépoli qui sert à la fermer, et si l’opération doit avoir lieu au soleil, de faire arriver ses rayons dans l’intérieur de la boîte, ne fût-ce que pendant quelques minutes.

L’opérateur, pour être certain de réussir, doit connaître l’instrument qu’il emploie; nous avons déjà dit quelle marche il doit suivre pour ne pas amener de déformation dans l’image. En s’éloignant suffisamment du modèle à reproduire, il peut arriver à une très-grande exactitude, et corriger l’effet généralement trop oulré de la perspective linéaire. Il faut donc employer le plus grand instrument possible, et réduire l’image à la plus petite dimension qu’on puisse lui donner.

Les photographistes qui ont fait une industrie du portrait , comme les amateurs qui ont cherché exclusivement ce résultat, se sont plus préoccupés de l’accélération de l’opération que de la beauté du résultat sous le rapport de la vérité et de l’exactitude du dessin; ils ont donc donné une préférence presqu’exclusive aux instruments à court foyer. Heureusement, nos

plus habiles constructeurs n’ont point sacrifié à un besoin momentané la perfection de leurs appareils ; ils n’ont point escompté le présent au préjudice de l’avenir; c’est une sage et heureuse inspiration, car la presque instantanéité de la formation de l’image photogénique avec des instruments répartissent bien uniformément la lumière dans toute l’étendue du tableau, si elle n’est résolue au moment où nous écrivons, le sera peut-être demain ; nous n’avons donc pas à nous occuper de catégories d’instruments, et nous pouvons supposer l’opérateur pourvu d’un instrument parfait.

Dans ces conditions d’optique, l’image ne peut être défectueuse que par un défaut de mise au point, c’est-à-dire dans le cas où la surface impressionnable qui doit recevoir les rayons lumineux n’ occuperait pas le plan du verre dépoli sur lequel s’est dessinée l’image perçue par l’œil , ou dans le cas où la perception visuelle de l’image ne serait point dans le plan de la réunion des rayons photogéniques qui doivent seuls former cette image, condition que présentent certaines constructions d’objectifs, selon la savante remarque de M. Claudel.

11 faut donc, avant de se servir d’un instrument nouveau, suivre la méthode qu’a donnée ce savant praticien pour s’assurer si le foyer apparent est bien le même que le foyer optique. En groupant quatre ou cinq objets devant l’objectif, mettant au point celui du milieu, celui de ces objets qui sera rendu avec le plus de netteté, indiquera le point réel du foyer chimique ; l’opérateur saura donc sur quel plan il devra viser l’instrument pour obtenir le résultat qu’il désire.

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