XVI
Ttniporal Jes carnassiers.
Chat, pi. XIV, fi-. 1, 3, 7 el 9.
Le temporal des carnassiers , placé, ainsi que chez l'homme et les quadrumanes , sur les parties latérales et moyenne du crâne , est double et présente dans sa conformation des différences analomiques très-remarquables que nous allons indi(pier. Nous nous altaclierons surtout à celles des espèces qui ont été le sujet de nos observations physiologiques; observations qui ne peuvent devenir profitables qu'après avoir été précédées de connaissances analomiques.
Le temporal du chat , pi. XIV , fig. 9 et 7 , vu par sa face externe , présente les objets suivans : une longue apophyse dirigée de dedans en dehors et d'arrière en avant p, p, p, présentant à sa base une cavité transversale, a, destinée à recevoir le condyle de la mâchoire inférieure ; en dedans de c^t apophyse une lame osseuse bombée : c'est la portion écaillcuse de l'os temporal. Dans les chats , cette partie est beaucoup plus arrondie que chez les animaux du genre chien , où elle se trouve plus développée d'avant en arrière que de dedans en dehors : on peut consulter pour ces différences de forme, les crânes du chien , pi. XXXIX , fig. 1 ; celui du loup, pi. XXXI , fig. 1 ; du renard , pi. XXXV, fig. 1 ; et ceux des quatre chattes représentés pi. XXXIII. Celte portion de l'os temporal présente beaucoup de différences d'étendue ou de développement chez les diverses sortes de carnivores , et même chez les individus de la même espèce; on peut consulter, sous ce dernier rapport, la pi. XXX, représentant trois tètes déjeunes chattes : derrière la portion ècailleuse se voit une espèce d'appendice triangulaire se terminant en pointe , V ; elle s'articule dans toute la longueur de son bord supérieur avec le bord inférieur du pariétal correspondant ; et par son bord inférieur et sa pointe aiguë avec l'os occipital. Derrière et au-dessous de l'apophyse zigomalique su voit un corj s arrondi, q, q, q , que nous n'avons point trouvé dans l'homme cl le singe : cet os n'est autre chose que la caisse ; il forme vraiment un os à part, que l'on peut facilement désarticuler chez le chai adulte : nous l'avons fait représenler isolé du temporal avec lequel il était articulé , fig. 8. Sa partie inférieure et externe est très-bombée, q, q, q; son bord supérieur forme une espèce de crochet, présentant au milieu une échancrure qui contribue à for-
70 TKAITÉ
mer , par sa réunion avec l'os temporal , l'orifice du conJuit auditif exlerne , et sur laquelle s'insère la membrane du tympan.
Vu par sa face interne, le temporal nous présente les clioscs suivantes, fifi. 3:1° deux surfaces articulaires , l'une sur le bord antérieur, s, s, s, s; elle s'articule avec la grande aile du sphénoïde ; l'autre supérieure, x , x, x, x, s'arliculant avec le bord inférieur du pariétal du même côté.
2' Entre ces deux bords, la surface interne de la portion écailleuse, 1,2, «3, présentant des empreintes répondant aux circonvolutions moyenne, latérales et inférieures du cerveau; on voit bien la forme, l'étendue et la profondeur de celte fosse dans la base du crâne du chat représenté pi. III bis, fig, 2; au-dessous de cette fosse se voit la portion pierreuse : nous n'eu avons point parlé lorsqu'il a été question de l'os temporal vu en dehors, car cette partie osseuse se trouve cachée par la caisse. Presque au milieu de la surface interne de la portion pierreuse, se voit l'orifice du conduit auditif interne, t ; lo reste de la surface interne de l'os n'offre aucun intérêt (1).
Le temporal du chat s'articule avec trois os du crâne (2) et la mâchoire inférieure ; il présente en outre une véritable articulation avec la portion osseuse que nous avons désignée sous le nom de caisse ; il s'arlicule aussi avec l'os de la pommette , par le bord inférieur de son apophyse zigomatique.
Les points les plus imporfans à se rappeler de l'organisation de l'os temporal du chat , sont l'étendue considérable de la caisse , la forme et le développement de la portion écailleuse et la disposition de la lame osseuse du pariétal recouvrant la face supérieure du rocher.
§ xvn.
Os temporal des rongeurs.
n. XVI, fig. 1, 2, 3, 7, 8 el 9. Lapin domestique.
L'os temporal des rongeurs est double et situé sur les parties moyennes et latérales postérieures du crâne ; il est composé de deux pièces bien distinctes, l'une placée en devant, fig. 8, et l'autre en arrière , fig. 9. Ces deux parties sont représentées réunies fig. 7 ; elles sont sèparables , quelque vieux que soit l'animal, du moins, c'est ce que j'ai observé chez le lapin domestique; nous les étudierons séparément. La première, que nous appelerons portion écailleuse, parce qu'elle représente la même partie osseuse du crâne des animaux
(I) La face supérieure du rocLer se trouve recouvrrte, lorsque la tète de ranimai n'est pas désarticulée , par la lame osseuse qui se remarque à la face interne du pariétal ; de manière que cette partie du crâne de l'animal ne se trouve point en contact immédiat avec le cervelet ni avec le cerveau : pareille disposition .se retrouve ctcz la marte.
(a) Ces os sont le sphénoïde , l'occipital et le pariétal.
DE PHUKNOLOGIE. 71
que nous avons dôjà ('Iniliés, prêsenle une forme assez iprcgulicre , approchant cependant <lo celle d'un carré : sa face externe , fig. 8, e^l très-inégale ; e^Ue offre dos variétés, d'étendue et des reliefs assez rcjnarquables suivant les espèces. Vers Sou bord supérieur se remarque une apophyse, a, dirigée de h^ul en bas et d'arrière en avant; elle est assez épaisse, et s'articule avec l'os de la pommette. Vers le tiers supérieur jJu bord inférieur de la portion écaillei^se se voit une autre apophyse mince, plate et piiis longue que la première ; e^e s'applique par sa face interne, fig. 1, 9, sur une petite dépression osseuse placée au-dessus du conduit auditif ccdcrne. La face iuteriie do la portion écailleuse., fig. 1 , offre deux surfaces distinctes, l'une supérieuj-e,,b, iri;égulièi;e , s'arliculant en x avec la partie externe ded'os frontal, .et dans lere^te de, son étendue,, avec le bord inférieur de l'os p.ariétjal- L'autre surface, m, est lisse et déprimée; elle loge les parties latérales inféiie|i)res et mpvannes.du. cerveau. Vue "en dehors , la portion acoustique présente iiiiéricurcmcnt une ma§sc arrondie, bombée, b, lig". 9 : c'est la caisse qui se trouve, comme l'on voit, assez dévcloppc,e, dans cette espèce (1).. Au-dessus de celle-ci, se remarque un conduit osseux présentant l'aspect d'un tuyau dç. plume , au sommet duquel se trouve l'orifice du conduit additif externe., il u.-4«ssus de ce conduit, une surface lisse, sur laquellp s'applique la face inler^re de l'apophyse inférieure de là portion écatileiise ; au-dessus de celte surface et un peu eu arrière, on eu voit une autre un peu inégale, donnant inscriion à des muscles. Vue en dedans, la portion acoustique,' fig. 2, id. pi., préseute une surface irréguiiére; on y voit i'orince du conduit auditif interne, c. La membrane diire-mère tapisse cette surface sur làij^uelle repose une partie d3 la face inférieure des lobes latéraux du çervelf^t.; .. " , ,
,j.. : Le, temporal nq s'articule, pas avec les mêmes os ichez tous' les rongeurs.
I /Dans le lièvre çt le lapin", son artioulatio^n est la même ; il s'articule avec, le frontal par l'angle antérieur et supérieur; avec le pariétal correspondant par le bord siiiiferieur ; avec rqccipîtàl par sa portion acoustique ; avec le sphénoïde, par sou bord inférieur; avec l'os de la pommette , pc|r l'apophyse ^2;ygomatique; enfin, parla cavité, qui SI© remarque à la base do celte apophyse, avec le condyle de la mâchoire inférieure.
^ S'XVIÎL
Os temporal cies oiseaux, n. XVil, (Ig. 5, 6, 12 et Î3. Corneille mantelee. ' ' ' '
L'bs tfetilporal djs oiseaux, lorsque l'animal est arrivé à l'âge adulte', ësl
(1) I,a caisse est ç^eruTalement Irès-développée cbez les rongeurs ; mais, «le tous les nnimniix fie ma collection , ceux qui me l'ont présentée dans le plus haut <1es^re idc dëveloppemeut, sont le castor du Danube, la marmotte et le lerot. Dans celui-ci, elle est si étendue, eu égard au volume de son crâne, qu'elle occupe presque toute la i'acc inforicuie de sa base. Voir la fig.' 3 de la pi XXIX , représeniant le crâne du lérot vu en dcbsous.
72 TBAITÉ
fi>rm6 d'une pièce osseuse offrant doux perlions Lion distinctes par leur forme, leur étendue, et leur rapport (1); l'une supérieure, a, b, b, tig. ii et 6 ; et une infoiioure, n, même fig.
Examinons d'abord le temporal par la face qui répond aux tégnmens du crAne : la portion supérieure, a , b , b, fig. iS, présente une surface lisse , variant prodigieusement de forme et d'étendue dans les diverses espèces (2); dans la corneille raantelée, elle est , comme on le voit assez, convexe ; elle est au contraire généralement moins saillante dans la famille des gallinacées. Deux apophyses, l'une postérieure, b, b, assez longue, et une antérieure, a, beaucoup plus courte, se trouvent placées au bord inférieur de cette surface, qui se trouve recouverte , dans l'étal frais, par dos fibres musculaires et aponévroliques; la portion inférieure, n, est plate et beaucoup plus étendue que l'autre ; elle concourt à former, en se réunissant avec celle du côté opposé, une grande parlie du plancher orbitaire; el la moitié, ou à peu près, de la cavité destinée à loger le tubercule bijumeau.
Examiné par sa face interne, fig. 12,1c temporal offre doux fosses trèsdislinctes : l'une supérieure, ayant assez d'étendue et cxcavéc, 1 , 2, '3 , id. fig.; elle forme la fosse latérale supérieure de la base d;i crâne , t , t , fig. IG , et loge les portions latérales des hémisphères cérébraux ; on y voit quelques sillons artériels : l'un d'eux, place en devant, est beaucoup plus prononcé que les autres.
La fosse iar^rictiro, c, se trouve séparée de celle que nous venons de décrire,
(1) Meckel prétend que les deux portions qui composent le temporal restent Si-parëes l'une de l'autre pendait toute la duice de la vie, et ne sont unies que par une articulation mobile {^Anatomie comparée , t. III, p. 253; traduite pnr Riester ). Sur plus de soixante espèces d'oiseaux adultes dont j'ai clierché à désarticuler les tètes, je n'ai jamais vu que ces deux pièces fussent distinctes; je les ai constamment trouvées soudées , quelquefois même dans un âge peu avancé.
(2) Dans un mémoire publié en 1807, et consigné dans les Annales du !\Iuséum d'Listoire naturelle, t. X, le professeur GeoiTroy-St.-Hilaire s'est attaché à faire un rapprocLement entre les pièces osseuses du crâne des oiseaux et celui des quadrupèdes. Ce savant a fait représenter, sur la planche qui accompagne son travail, la tèle d'un jeune poulet de quatre à cinq mois, représentée en dessous, de profil et par sa face inférieure. Chaque pièce crânienne se trouve pourvue d'une lettre indiquant le nom de chaque pièce osseuse. Selon cet auteur , la partie que nous décrivons ici, serait l'os pariétal proprement dit, tandis que la pièce, placée p'us en dedans, et qu'il a indiquée par la lettre S, sérail l'os interparietal. Nous avons été fâché, en lisant le Mémoire de ce célèbre naturaliste , de voir que ses observations n'avaient été basées (]Mc sur l'examen d'une ou deux tètes. Kous ajouterons que plusieurs analogies entre les os du crâne et de la face de celte classe d'animaux et celle des quadrupèdes, nous ont paru évidemment forcées. Nous laissons, au reste, aux personnes qui s'occupent de recherches spéciales sur ce sujet , à juger si nos observations sont fondées. Nous ferons seulement observer que la portion o.<;seuse désignée parce naturaliste sous le nom d'os pariétal du poulet, est relie qui nous présente le plus d'analogie avec la portion écailleuse du temporal des quadrupèiles . et que l'os que le même savant appelle inter-pariétal n'existe pas chez les oiseaux, et n'est, selon nous , que la représentation de l'os pariétal des quadrupèdes.
DE PIIRKNOI.OGÎF.
par une polilo. lame osseuse, x . \ . x ; vWa es! assez profonde , et forme, en se iviinissanl avec la demi-cavilé de r»;s ociripilal , (ig. IJ, li, b, une cavité ou li>sso complète, logeaut le tubercule bijuiueau.
Devant les deux fosses se remarque une appendice osseuse assez irrégulière, commençant en :i , et se terminant en m. Celle portion osseuse forme la plus grande partie du plancher orbitaire ; son bord aulérieur, 5 , {5, se réunit à la portion semblable du temporal opposé : elle offre assez souvent des ouvertutures ou trous qui se remarquent à la base du crâne. Voir la fig. 16, id. pi. (1).
Toute la surface interne du temporal est tapissée par la membrane duremère extrèmmenl fine chez les oiseaux.
Le temporal est placé dans les oiseaux comme chez les quadrupèdes, c'està-dire sur les parties latérales du crâne ; seulement quelques parties que nous avons constamment trouvées chez ceux-ci, manquent cnfiérement à cet os dans les oiseaux : nous voulons parler de l'apophyse masloïde et des parlies qui composent l'appareil auditif, qui se trouvent, au contraire, logées ici dans Toccipital , ainsi que nous l'avons démontré en faisant la description de cet os.
Le temporal des oiseaux s'articule avec l'occipital par son bord postérieur, V, V, V, V ; par le supérieur, o, o, o, o, o, avec les pariétaux et une partie du frontal ; par bord antérieur , o, S, avec le temporal opposé ; et par la partie supérieure de ce bord , avec la lame du frontal représentée , fig. 9 , b, b. Le mode d'articulation de cette partie est assez remarquable : l'angle anlérieur du temporal se trouve reçu dans l'échancrure du frontal , fig. 8 , d, et la lame, b, b, de celui-ci se trouve recouverte par la petite lame plate du temporal placée devant la fosse supérieure. On ne peut bien apercevoir cette articulatioa chez les oiseaux que peu de temps après la naissance. Je l'ai trouvée trèsapparente chez des pies et des geais de quatre à cinq jours. Il est e?ilrcmemenl remarquable sur le crâne de deux jeunes loriots de dix jours, faisant partie de ma collection.
Enfin, le temporal s'articule par une petite fosse placée derrière la grande apophyse, b, b, avec une portion osseuse appartenant à la mâchoire inférieure, et représentant l'apophyse glénoïde de l'homme et des quadrupèdes.