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INTRODUCTION
foment négligés. Ce travail était pourtant très-important ; aussi ne sommes-nous pas le seul «anatomiste qui lui ait adressé ce reproche. Voici comme s’exprime à cet égard l’un des médecins et des anatomistes les plus distingués de l’Allemagne (1) : « Si nous jetons un coup d’œil sur le grand ouvrage de M. Gall, nous » y voyons régner , d’un bout à l’autre , l’idée qu’il faut étudier la structure du » système nerveux et du cerveau en s’élevant peu à peu des animaux les » plus simples jusqu’à l’homme. Mais qu’a fait réellement M. Gall? 11 n’a » décrit et figuré que les nerfs de la chenille , que le cerveau d’une poule , et » la moelle épinière de quelques mammifères ; encore son livre n’est-il pas » exempt d’erreurs sous ce rapport. »
Quelque grave que soit ce reproche, tout homme instruit et de bonne foi ne
peut, en jetant les yeux sur l’allas de Gall , en contester la justesse : les sujets y
sont représentés, particulièrement pour l’anatomie comparée, en trop petit nombre, et meme quelquefois avec assez d’inexactitude : l’anatomie si importante du système cérébral des oiseaux et des quadrupèdes y est presque complètement négligée; on n’y trouve pas même la description exacte du crâne d’un seul animal vertébré; ce travail anatomique était cependant nécessaire, puisqu’il devait servir de base à des observations plus compliquées d’anatomie et de physiologie du système nerveux cérébral : c’était même la seule marche analytique qu’il y eut à suivre ; nous voulons dire celle par laquelle on passe de l’étude de ce qui est simple à ce qui offre plus de complication. Étudiée dans ce sens, la physiologie du système nerveux présenterait un caractère vraiment philosophique.
Gall aura sans doute reculé devant les noihbreuses difficultés de pareilles recherches : car il ne suffisait pas , pour arriver à d’heureux résultats, de posséder de vastes connaissances anatomiques et zoologiques, il fallait encore se livrer à de longues études sur les mœurs des animaux, ce qui demandait plus de temps et de travail que la physiologie humaine; car, dans ce dernier cas, l'homme a déjà en lui-même un point de comparaison très-important : il ne lui reste plus qu’à observer les variétés psychologiques d’homme à homme ; et l’on sait qu’elles sont moins nombreuses que chez les animaux , sur les actes psychologiques desquels nous ne pouvons recueillir de bonnes observations, qu’après les avoir examinés dans les diverses classes , ordres, genres et espèces. Partant, de ce principe généralement vrai , que les phénomènes psychologiques se rattachent à un mode spécial d’organisation, Gall a cité tous les noms des animaux
(1) Tiedemann, Anatomie du cerveau du foetus } traduit de l’allemand j)ar Jourdan.
i NT no in: en ox.
qui présentent l'un de ces phénomènes ou actes au plus haut degré de développement. Ce genre de travail était tout de cabinet ; et en consultant les divers ouvrages sur l’histoire des animaux , il n’était pas difficile d’accumuler une longue suite de noms, de genres, d’ordres ou d’espèces. Mais si nous venons à l’application , nous sommes surpris de trouver si peu de faits positifs à l’appui de ce que l’auteur avance : c’est en vain que l’homme qui s’attache aux faits extérieurs, auxquels Gall parait lui-même accorder tant d’importance, cherche dans son ouvrage de quoi se satisfaire. Ce que nous disons ici sera mieux saisi par l’homme instruit et consciencieux qui voudra se donner la peine de comparer le travail de mon célèbre prédécesseur avec le mien : lui seul pourra bien apprécier la différence qui les caractérise. Quanta cette fouie qui se croit juge en pareille matière , parce qu’elle a une teinture de la doctrine de Gall, sans connaissances anatomiques, physiologiques et zoologiques qui doivent lui servir de base, nous la croyons incapable d’avoir une juste idée de ses travaux et de ceux que nous avons entrepris.
lîicn convaincu par la lecture de l’ouvrage de Gall , que ccl homme célèbre n’avait traité qu’imparfaitement l’anatomie et la physiologie du cerveau des animaux vertébrés, nous résolûmes, en profitant de son idée mère, de continuer ses recherches , de leur donner plus d’étendue , et de les rendre plus susceptibles d’application. En 1827, nous présentâmesà l’Institut royal de France, pour le prix de physiologie, un mémoire renfermant quelques fragmens de nos longues recherches anatomiques et physiologiques. Ce mémoire , qui fut mentionné honorablement, était accompagné de deux mille cinq cents têtes appartenant à des animaux de différentes classes, ordres, genres et espèces. Parmi ces têtes, quinze cents avaient appartenu à des animaux dont les mœurs nous étaient parfaitement connues. Enfin , quatre cents cerveaux en cire, coulés sur nature, et un atlas de plus de trois cents sujets d’anatomie du système nerveux cérébral et de son enveloppe osseuse, représentés avec la plus rigoureuse exactitude, donnaient à notre travail un caractère qu’aucun ouvrage ne nous avait présenté jusqu’à ce jour. Ce n’était pas sans motif que nous joignions à nos observations ces faits matériels qui devaient leur servir de base. D’une part , nous tenions à les présenter comme la preuve la plus convaincante de la théorie des fonctions du système nerveux cérébral ; de l’autre , ils servaient à prouver incontestablement le peu de fondement de certaines lois générales d’anatomie du même . système présentées par certains anatomistes , notamment celles qui se trouvent consignées dans l’ouvrage de M. Serres ; et, pour le dire en passant, cet ouvrage doit inspirer peu de confiance, bien que couronné par l’institut. Tout homme
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probe et versé dans l’anatomie du système nerveux , après avoir lu le livre de ce médecin , jeté un coup d’œil sur les dessins de son allas , et les avoir comparés
avec les objets naturels , concevra , nous n’en doutons pas , une singulière opinion de l’auteur.
Riche d’une masse considérable de fails observés avec bonne foi , et ne vou-x lant pas les faire connaître au public , avant de les avoir vérifiés à plusieurs reprises par la voie expérimentale , je fis élever un grand nombre d’animaux, dont je notai jour par jour les facultés dominantes. La classe des chiens et des chats me procura le plus grand nombre d’observations. Je mis à contribution toutes celles qui me furent fournies par des hommes réfléchis et dignes de foi : mes conversations avec des chasseurs et les gens qui, parleur position, sont à même de remarquer les traits les plus saillans des actes intellectuels des animaux , me furent d’un secours précieux. Ces observations recueillies avec soin, et comparées avec une foule d’autres qui m’étaient propres , me mirent sur la voie de la véritable physiologie expérimentale , non de celle qui se trouve renfermée dans le cercle étroit tracé par la pointe du scalpel , mais dans la sphère beaucoup plus grande et plus philosophique des actes intellectuels du système nerveux cérébral des animaux, actes jugés, appréciés dans l’état vraiment pliysiologiquçjjes organes, et non dans cet état douloureux , convulsif , où ils nous paraissent insaisissables.
Des animaux, nous nous élevâmes naturellement jusqu’à l'homme. Ce ne fut qu’en 1825 que nous commençâmes sérieusement l’étude des actes psychologiques de ce roi de la terre. Nous nous attachâmes, après la lecture de Gall, à constater les faits déjà très-nombreux qu’il avait recueillis sur ce sujet si grave, si important. En 1 827, je suivis un cours que Gall faisait à l’Athénée : ses leçons m’intéressèrent beaucoup. Sans être éloquente , sa manière de présenter les faits qui. servent de base à sa doctrine, était attrayante ; mais on y retrouvait trop littéralement les idées exposées dans son ouvrage , et la phrénologie comparée était loin, pour l’anatomiste et le naturaliste profond, d’être traitée avec «
assez de soin.
En 1829, Gall n’existait plus. Alors nous ouvrîmes à Paris un cours de phrénologie humaine et comparée : nous nous attachâmes surtout à faire ressortir l’importance de la phrénologie comparée ; et pour atteindre ce but, nous mîmes sous les yeux de notre auditoire les faits si nombreux que nous avions observés. Nous eûmes la satisfaction de voir que notre temps n’avait pas été perdu ; et plusieurs personnes qui avaient suivi les cours de Gall, nous avouèrent que le nôtre leur avait paru présenter plus d’utilité, puisque nous avions traité plus
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complètement l’anatomie du cerveau, en nous élevant graduellement des oiseaux aux quadrupèdes , et de ceux-ci jusqu’à l’homme. Ces éloges qui nous étaient adressés par des gens instruits , ceux que le fondateur de la nouvelle doctrine avait bien voulu lui-même nous donner , furent un aiguillon plus que suffisant pour nous exciter à continuer nos recherches. Cependant un motif plus puissant que des éloges reçus d’hommes estimables , nous y engageait encore davantage : c’était l'importance de cette science , et l’influence qu’elle devait avoir un jour sur les institutions humaines ; et plus nous l’examinions , plus nous étions convaincu que toutes s'y rattachaient plus ou moins. Elle seule nous paraissait capable de jeter une grande lumière sur l’histoire et le traitement des aliénations mentales. Tous les traités que nous avions lus jusqu’alors sur ce sujet , ne nous avaient inspiré que du dégoût, tant ils nous paraissaient pleins de contradictions et d’absurdités.
Toutes les personnes instruites se demanderont, sans doute , comment des travaux aussi importons que ceux de Gall n'ont pas été plus connus et plus appréciés en France , sa patrie adoptive; enfin comment sa doctrine ne fit pas partie de l’enseignement médical, dès que les médecins, juges souverains en pareille matière, purent en avoir connaissance. Il faut que l’attachement aux idées surannées soit bien fort chez certains hommes et dans certains pays, puisque l’on y voit encore enseigner de ces vieilles erreurs qui rèpugnept au simple bon sens. L’histoire des actes psychologiques de l’homme y est encore expliquée par la coloration des joues , par le volume du foie, etc. Nous avons ici un aveu pénible à faire : la France , à qui Gall avait donné la préférence sur les autres nations , aurait dû récompenser son génie , ses veilles et ses travaux autrement que par de simples éloges. Si ce grand homme ne vit pas , avant sa mort , sa doctrine généralement adoptée en France, il eut du moins la consolation de la voir cultivée et répandue dans d’autres pays. L’un de ses disciples les plus distingués, le docteur Spurzheim (1) a professé, en Angleterre, la doctrine de son maître: elle y fut si bien appréciée, qu’en peu d’années le nombre de ses partisans augmenta prodigieusement. Des sociétés phrénologiques ne tardèrent pas à se former ; elles eurent le double avantage de répandre la nouvelle physiologie du cerveau et de lui donner un caractère scientifique plus imposant. L’école d'Édimbourg se distingua entre toutes : la création de son journal excita l'émulation de toutes les personnes qui cultivaient la phré-
(1) Nous reviendrons plus tard sur les ouvrages de ce médecin, et les modifications cpriV a cru devoir apporter aux idées de Gall.
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nologie. Cette société a donc des droits incontestables à restimo de tous les savans qui s’intéressent aux progrès des sciences : nous sommes seulement fâché que les hommes estimables qui la composent, se soient bornés à l’étude de la physiologie cérébrale de l’homme : ils ont à cet égard laissé une lacune
immense, que l’état actuel des sciences naturelles, en Allemagne, en France et en Italie , rend encore plus sensible. Nous ayons donc yu avec peine que, dans les ouvrages les plus recommandables des phrénologistes d’Écosse , l’anatomie et la physiologie comparée se trouvaient complètement négligées. Combien de fois , par exemple , n’avons-nous pas regretté , en lisant de ces ouvrages celui que nous estimons le plus , le traité de phrénologie de M. Georges Combe , que les études phrénologiques de ce savant n’eussent pas été précédées de connaissances en médecine , en anatomie et en zoologie. Plus M. Combe cultivera la phrénologie , pour laquelle il a déjà tant fait , et plus il se convaincra de la justesse de mes observations (1).
L’étude de l'anatomie et de la physiologie comparée n’est pas seulement intéressante , elle sert , comme nous le démontrerons, à éclairer les actes psychologiques de l’homme ; c’est elle qui nous fournit les plus belles preuves servant de bases à la physiologie du système nerveux cérébral. On pourra se convaincre , à l’histoire de chaque faculté fondamentale , de la vérité de notre assertion. Une étude plus approfondie de l’aDatomie et de la physiologie comparée, nous mettra à meme de classer les fonctions du système nerveux cérébral sur une plus grande échelle qu’on ne l’a fait avant nous. La phrénologie présentera alors un champ plus vaste , plus philosophique : plus généralisée , elle embrassera l’étude des fonctions du système cérébral dans toute la série des animaux vertébrés ; et les recherches faites sur les espèces animales ne feront que développer et confirmer celles qui se rattachent à l’homme. Telles sont nos vues , comme on le verra par la lecture de cet ouvrage ; et si nous avons donné plus d’étendue à notre sujet que ceux qui nous ont précédé dans la même carrière , c’est que nous étions convaincu de toute son importance , qu’on l’appliquât soit aux sciences zoologiqucs , soit à celles qui touchent l’homme de plus près , el sur lesquelles doivent un jour reposer toutes les institutions humaines.
Jaloux de rendre notre ouvrage aussi complet que possible , nous résolûmes d'aller passer à Londres un temps suffisant pour étudier la langue anglaise , et
(1) Nous ne connaissons M. Georges Comhe que par scs écrits : on peut donc compter sur I entier désintéressement des éloges que nous lui donnons.
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juger par nous-même de l’état où se trouvait la physiologie du cerveau dans là Grande-Bretagne. Je pouvais ainsi , sans avoir recours aux traductions quelquefois inexactes , puiser à la vraie source. De toutes les sociétés qui ont été créées dans ce pays , celle d’Êdimbourg, comme nous l’avons déjà dit , a fait le plus pour la science. Si quelques faits importans ont été recueillis dans les autres sociétés , ils sont généralement peu connus , bien que plusieurs aient été consignés dans le journal phrénologique de la capitale del’Écosse. Nous avons lu tous les nos de ce journal , et les Transactions phrénologiques qui l’ont précédé. Ces deux collections renferment , il nous semble , beaucoup de théories hasardées ; mais elles méritent cependant de fixer l’attention de toutes les personnes qui so livrent aux études philosophiques et phrénologiques. Plusieurs des observations qu’elles contiennent nous ont paru même si intéressantes, que nous avons jugé convenable de leur donner place dans notre ouvrage : nous avons choisi de préférence celles qui ont des rapports marqués avec les fails
recueillis en France. Notre but en cela était de prouver la vérité des bases de la physiologie du cerveau ; car on ne pourra jamais supposer que des faits ayant tant de rapports entre eux , observés à des époques et dans des lieux si distans l’un de l’autre , ne méritent pas pleine et entière confiance. Nous insistons d’autant plus sur ces faits , que beaucoup dé personnes sont encore imbues de l’idée que la doctrine de Gall n’est qu’une chimère. Comment les jeunes étudians, les médecins livrés entièrement à la pratique, et les personnes du monde, n'auraient-ils pas celte opinion , lorsque des hommes recommandables à beaucoup d’égards , des médecins mêmes , déclarent la phrénologie une science qui n’a pas plus de fondement que l’astrologie ou la nécromancie (1)? Que les
(i) Voici comme s’exprime M. le docteur Magendie, t. 1, p. 202, 2e édition de sa Physiologie :
« La phrénologie , que je nommerais volontiers nue pseudo-science , comme était naguère » l’astrologie ou la nécromancie, a tenté de localiser les diverses sortes de mémoires; mais r> ces tentatives, louables en elles-mêmes , ne supportent pas encore l’examen. »
Si vraiment la phrénologie peut être comparée à la nécromancie, nous ne croyons pas avec M. Magendie, que les entreprises des phrénologistes soient louables ; nous les croyons au contraire absurdes et conséquemment dangereuses. Mais quelles sont les preuves solides que M. Magendie a données contre cette science? Aucune! il faut donc l'en croire sur sa seule parole. Nous ne pouvons expliquer la légèreté avec laquelle se prononce cet académicien , qu’en supposant qu il n’a point fait d’expériences phrénologiques , ou qu’il pense que les milliers de phrénologistes, qui ont constaté par des faits la localisation des facultés, sont des visionnaires, M. Magendie est probablement du nombre des personnes que l’on ne parviendra pas à Convaincre; car nous nous rappelons que, lorsque nous présentâmes à l'Institut de France
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personnes de bonne foi lisent l’ouvrage de Gall , ceux des phrènologistes et le nôtre, et si , après avoir comparé les faits que nous avançons avec ceux que la nature nous offre journellement , elles trouvent que nos opinions sont dénuées de fondement , qu’elles s’empressent de le déclarer ; mais si ces faits sont vrais , comme nous en sommes convaincu , nous sommes en droit d’exiger qu’elles le fassent connaître publiquement. Il ne faudra que peu d’observations pour leur faire voir si ce sont les adversaires de la phrénologie , ou les phrènologistes qui se trouvent dans la voie de la vérité.
Il est une chose , en phrénologie , à laquelle les savans qui ont écrit sur cette science ne nous paraissent pas avoir donné assez d’attention , principalement dans les ouvrages élémentaires : c’est la représentation des objets. La phrénologie se compose de la théorie et des faits qui lui servent de base : on peut posséder passablement les principes sans connaître les faits ; mais c'est, selon nous, n’être qu’à moitié phrenologiste. Le savant , qui mérite réellement ce nom , réunit la connaissance théorique à la connaissance pratique. Cette dernière a surtout l’immense avantage d’établir dans les esprits une conviction profonde que rien ne peut ébranler. Nous avons donc vu avec peine que, de tous les ouvrages publiés jusqu’à ce jour sur la phrénologie , sans en excepter celui de Gall, aucun n’était assez riche en dessins bien exécutés pour établir cette conviction, non-seulement relativement à l’homme, mqis encore relativement aux animaux vertébrés. Combien de fois n’ai-je pas vu des phrènologistes ou soi-disant tels , commettre, lorsqu’il était question d’appliquer la phrénologie à l’homme ou aux animaux , les erreurs les plus grossières, et trahir ainsi leur ignorance en anatomie ! On rencontre de ces erreurs même dans les livres élémentaires : ainsi le dgeteur Spurzheim (1) place l’organe de la douceur chez le chien, à l’endroit même où se trouvent d’énormes sinus frontaux. Le même phrénologisle indique l’organe du courage chez le cheval , précisément sur l’os de la mâchoire. Nous pourrions citer un plus ^rand nombre de faits , mais nous les noterons lorsque nous traiterons de chaque faculté fondamentale.
l'immense collection de tètes d’animaux qui servent de base à notre phrénologie comparée, nous nous empressâmes de faire voir à ce médecin la différence que présentent les tètes des oiseaux voyageurs et celles des animaux du même genre qui sont sédentaires; différence d’organisation si remarquable , que toutes les personnes qui ont vu ces tètes , en ont été frappées. Eh bien! qu’est-ce que cela prouve? dit M. Magendie. Que répondre à une pareille observation ? On ne peut forcer à voir ceux qui s’obstinent à fermer les yeux.
(1) Phrénologie , ou Doctrine des J acuités de L’esprit et aes rapports qui existent entre ses manifestations et l'organisation. (Londres , 3° édition.)
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Profondément convaincu de Futilité de dessins exacts et assez nombreux , désirant surtout donner au public un livre qui lui fut profitable et lui fit acquérir des connaissances plirénologiques positives et étendues, j’ai cru que je ne pouvais donner trop de soin à cette partie si importante de mon travail. Il fallait beaucoup de temps, le secours d’artistes d’un mérite distingué (1), et surtout de grandes dépenses; mais je n’ai été retenu par aucune difficulté : je n’avais que futilité en vue , et j’ose espérer que les personnes qui verront nos dessins, ne les confondront pas avec ce que l’on a publié jusqu’à ce jour sur le même sujet. Tous les objets sont représentés de grandeur naturelle et d’un Uni parfait (2). L'anatomie du crâne , dans l’homme, les quadrupèdes et les oiseaux, s’y trouve complètement traitée sous le point de vue phrénologique : il en est de même du cerveau ; et nous pouvons dire qu’à cet égard, notre ouvrage laisse bien loin derrière lui ceux que les phrénologistes ont entre les mains. Puisse notre travail atteindre le but de tous nos désirs, inspirer le goût d’une science que nous croyons une des plus importantes auxquelles l’homme puisse se livrer ! Puisse surtout la manière dont nous traiterons notre sujet nous mériter l’estime des Savans qui recherchent la vérité avec candeur ! Nous serons alors amplement dédommagé de nos longues veilles et de nos soins opiniâtres.
(1) Nous croirions manquer à la reconnaissance, si nous ne faisions pas connaître le nom de ces artistes : l’un est M. Letouze , peintre en miniature de la ville de Caen.i l’aune M. Alfred Guillard, l’un des élèves les plus distingués de JM. le baron Gros. Depuis mon retour d’Angleterre, M. Mazer, né en Suède et élève de la mèàie école, a exécuté un assez grand nombre de feuilles de mon atlas. Les artistes les plus distingués de Londres et de Paris, qui ont vu ces dessins, nous ont assuré qu'ils ne connaissaient rien qui leur fût comparable
' sous le rapport de l’exécution.
(2) C’est surtout en anatomie, a dit un médecin distingué, Cruveilbier, Anatomie pathologique , que les dessins sont indispensables. S’ils sont fidèles , ils sont éternels comme la nature, et à l’abri des vacillations des systèmes : ils reproduisent incessamment les mêmes images, rappellent à l’un ce qu’il a déjà vu, apprennent à l’autre ce qu’il ne connaît pas, dispensent de fastidieuses lectures, et laissent dans l’esprit des impressions aussi profondes que durables.