‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 125 sur 287 · DU TROT · texte numérisé non relu

DU TROT

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trajet de la même manière que l'autre bipède. Les membres se meuvent donc par paires, l'antérieur droit avec le postérieur gauche, l'antérieur gauche avec le postérieur droit. Les deux de chaque bipède se lèvent, effectuent leur oscillation et retombent sur le sol l'un avec l'autre. Il n'y a qu'une battue pour chaque paire diagonale, et, par conséquent, que deux battues dans un pas complet.

I^'ic. 77. — Le trot.

La durée relative de ces trois temps ne saurait être exactement précisée. Très probablement le temps de suspension est court, relativement aux deux autres, dans le trot lent; et il s'allonge à mesure qne la vitesse de l'allure s'accroît, car il semble devoir être une condition de cette vitesse même. Et ce qui l'indique, c'est que, suivant la remarque de M. Raabe, le cheval trotteur peut, dans ce temps, franchir des barres successives placées à un pied au-dessus du sol : il le peut évidemment avant que le corps lancé par un bipède ne retombe sur l'autre.

Cependant il y a un trot dont les battues ne sont pas franches. Les membres d'une paire diagonale, sans tomber successivement, ne percutent pas avec un isochronisme parfait : ils donnent une battue traînée, comme le disait Bourgelat, une battue résultant de deux battues accouplées. Gela arrive aux chevaux faibles, aux chevaux trop chargés et à ceux qu'on a mal dressés. L'amble nous a déjà offert une anomalie du même genre.

Dans le trot ordinaire, le pied de derrière venant prendre la place laissée par le pied de devant, on ne compte que deux foulées pour les quatre extrémités ; mais dans le trot de grande vitesse, le pied postérieur dépassant fréquemment l'empreinte de l'antérieur, il y a quatre foulées rassemblées deux à deux. La même particularité s'observe aussi fort souvent dans le trot de moyenne vitesse. Enfin, dans le tout petit trot, le pied postérieur n'atteint pas la piste du pied antérieur; il vient à l'appui avant que celui-ci se soit levé. Cette fois, l'allure n'a plus guère que deux temps, la période de suspension est à peu près supprimée, et les extrémités laissent chacune sur le sol leur empreinte isolée, la postérieure en arrière de l'antéi'ieure du même coté.

Dans un pas complet de l'allure du trot, l'impulsion est donnée en deux demi-temps, suivis chacun de la période de suspension complète du corps, période d'autant plus prolongée que la projection a été plus énergique. Le membre postérieur, après l'avoir donnée, se lève immédiatement avec son congénère en diagonale. Et le bipède en l'air, la recevant avant que celle dont il est animé soit épuisée, continue à progresser encore un instant avant de tomber.

Dans le trot, l'oscillation de chaque extrémité d'une paire diagonale a ceci de particulier qu'elle commence avec un temps de suspension et qu'elle finit seulement au temps homologue suivant ; aussi elle a une amplitude égale 1° au déplacement du centre de gravité, opéré pendant l'appui, de la paire diagonale opposée; 2" à l'espace franchi pendant deux temps de suspension, savoir : celui du commencement et celui de la fin de cette oscillation.

Les déplacements du centre de gravité dans le trot sont à peu près aussi simples que dans l'amble. Ceux qui s'opèrent suivant le sens horizontal peuvent être traduits par une succession de lignes partant chacune du tiers antérieur de l'espace qui sépare les deux pieds d'un bipède diagonal pour aller rejoindre le même point de l'espace semblable qui sépare ceux du bipède opposé. Quant aux déplacements verticaux, ils doivent évidemment consister en deux courbes paraboliques dont l'étendue varie avec la vitesse et l'élévation de l'allure. On peut se les figurer en considérant le trot comme une suite de sauts d'un bipède diagonal sur l'autre, à peu près comme l'amble était un saut d'un bipède latéral sur l'autre, mais sans temps intermédiaire de suspension.

Le déplacement total du centre de gravité égale, terme moyen, deux fois celui du petit pas ou un peu plus de deux longueurs de base de sustentation. Il est égal à l'amplitude oscillatoire d'un membre quelconque, comme dans les autres allures, ni plus ni moins, car le pas que Ton mesure est raccourci par ce dont le pas précédent empiète sur lui, et 'par ce qu'il empiète sur le pas suivant, soit, d'une part, d'une demi-oscillation d'un membre droit, et, d'autre part, d'une demi-oscillation d'un membre gauche ou, en somme, d'une oscillation entière.

Le déplacement absolu de la masse du corps ou l'espace parcouru pendant un pas complet du trot est très considérable. L'expérience prouve qu'un membre, soit antérieur, soit postérieur, parcourt, de son lever à son appui, un espace qui, dans le trot, est au moins double de ce qu'il est dans le petit pas, ce dont il est facile de s'assurer en opérant, comme je l'ai dit précédemment, avec un cheval qui porte à chaque pied un fer d'une forme particulière. On voit, par ce moyen, qu'entre la piste qu'un pied vient de quitter et celle où il tombe ensuite, il y a une distance énorme dont les chiffres suivants donnent une idée suffisante.

La vitesse du trot peut donc s'expliquer autant par l'étendue de l'espace parcouru par chacune des extrémités que par la rapidité môme avec laquelle se fait la succession de leurs déplacements. Elle varie, du reste, beaucoup, suivant que l'animal projette plus ou moins les membres en avant et suivant le degré de leur élévation au-dessus du sol. Pour la concevoir, il faut bien se représenter le caractère des oscillations des membres levés en paire diagonale.

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