CONDITIONS DE LA SÉCRÉTION
Quantité en gouttes par minute.
l'abstinence 1/2 g.
un repas de soupe 11g.
un repas de bouillon, pain et viande 11 g-
l'ingestion lente d'un verre de vin ordinaire 5
l'ingestion d'un verre de bordeaux. 7
l'ingestion d'un verre de vin après l'usure d'une
Pendant. . . .[ cigarette y
l'usure d'une cigarette 7
la fonte du sucre sur la langue 11
la fonte du sel sur la langue 2
les minutes après l'ingestion du vin 'à
les minutes après la fonte du sucre .S
les minutes après l'usure d'une cigarette : 3
On voit, d'après cela, que le fonctionnement des glandes parotides a des caractères variables d'une espèce à une autre et que les généralisations proposées par Bernard, comme une de ses grandes découvertes, sont très mal fondées. Les faits constatés sur deux sujets de l'espèce humaine viennent à l'appui des vues que j'avais exposées vingt ans auparavant. Leur connaissance indiquera aux chirurgiens les conditions dans lesquelles ils devront placer leurs malades pour obtenir l'oblitération des fistules parotidiennes.
tu. SÉCRÉTION DES MAXILLAIRES.
Les glandes maxillaires, destinées à produire la salive visqueuse versée à l'entrée de la bouche, ont une action dont les attributs diffèrent essentiellement de ceux qui appartiennent à la sécrétion parotidienne.
Ces glandes, placées en ar'rière des dents qui n'agissent point suivant le nlode uriilatériil propre aux molaires des herbivores, ne paraissent pas se trouver dans des conditions qui exigent utie sécrétion inégale; L'expérience démontre qu'elles fonctionnent l'une t^omme l'autre, et qu'elles donnent, dans un temps quel-
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conque, une quantité de salive à peu près la mrme pour les deux : le sens de la mastication et les changements qu'il est susceptible d'éprouver, restent sans inlluence sensible sur leur activité. Il est facile de constater ce premier caractère, soit par deux, soit même par une seule (islule maxillaire.
Lorsqu'on adajite à l'un des canaux de Wharton l'appareil précédemment indiqué, on voit que la mastication a lieu tantôt à droite, tantôt à gauche, et que la sécrétion n'est pas plus abondante pendant que la mastication s'opère du côté de la fistule que lorsqu'elle se fait du côté opposé. Si l'on a établi deux fistules, on voit, pourvu que les tubes soient semblables, que les quantités de salive fournies par une glande sont, pour un même temps, sensiblement égales à celles données par l'autre. C'est ce que J'ai constaté maintes fois sur le cheval, le taureau, la vache et le bélier; il ne saurait y avoir aucun doute à cet égard.
La sécrétion des maxillaires, très abondante pendant le repas, jouit d'une activité proportionnelle à la vitesse de la mastication, à la qualité et à la sapidité des aliments. Ainsi, son produit est beaucoup plus considérable au commencement ((u'à la ù\\ du repas; il est également augmenté lorsque l'animal mange de l'avoine, de la farine ou d'autres substances qui lui plaisent.
Elle est presque nulle pendant l'abstinence, et en cela, elle se distingue encore de la sécrétion parotidienne, qui est alors com|)lètement suspendue. Chez les solipèdes et les ruminants elle donne toujours, dans celte circonstance, une très petite quantité de liquide qui se mêle à la salive non visqueuse, pour être déglutie à des intervalles plus ou moins rapi)rochés.
Elle s'active considérablement sous l'influence des excitants mis en contact avec la muqueuse buccale, comme Claude Bernard l'a observé sur le chien. Cet effet se produit constamment, d'après mes expériences, sur nos divers animaux domestiques. Les quantités de liquide que chaque glande fournit alors sont généralement inférieures à celh^s qui sont sécrétées pendant le repas. Elles varient, du reste, suivant la nature des excitants, l'étendue des surfaces sur lesquelles ils agissent et les périodes de leur action; elles diminuent graduellement à mesure qu'on s'éloigne du moment où l'excitant a été mis en contact avec la muqueuse, lors même qu'il y demeurerait appliqué ou qu'il y serait renouvelé.
La sécrétion des maxillaires n'est jamais, à beaucoup près, aussi abondante (|ue celle des parotides, même lorsque les deux espèces de glandes ont un égal développement. Son produit est une salive épaisse, visqueuse, propre à enduire les matières alimentaires et à en faciliter la déglutition : ses propriétés physiques, sa composition et son rôle physiologique la dillérencient notablement de la salive parotidienne.
Enlin cette sécrétion, dont les caractères, exposés précédemment, sont communs aux divers animaux, possède (piehjues parlicularilés distiuctives : la plus remarquable est celle de sa suspension pendant la mastication mérycique des ruminants ; mais nous reviendrons plus loin sur cette intéressante particularité.
Ainsi, uniformité dans l'action des deux glandes, sans'variations correspondant au changement du rythme de la mastication ; sécrétion abondante pendant le repas, et lorsque des substances sapides sont mises en contact avec la muqueuse buccale, sécrétion excessivement faible, mais non suspendue pendant l'absti-
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nence, production d'une salive visqueuse très différente de celle des parotides, tels sont les caractères les plus saillants du rôle des maxillaires.
Voici un spécimen de l'activité de ces glandes pour trois de nos espèces domestiques :