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DE LA CIHCLLATiON.
pousse dans les veines un peu d'air avec le sang, on voit aussi, souvent, se produire des accidents. Pour les éviter, on peut, avec avantage, se servir d'un petit appareil (fig. 183) qui se compose d'un corps de pompe portant à son extrémité supérieure un tube latéral évasé, et à son extrémité inférieure un ajutage courbe à robinet. Lorsqu'on veut en faire usage, on retire le piston en haut et on reçoit le sang par le tube latéral. A. Dès que le niveau du liquide s'élève à une certaine hauteur dans Cf^ dernier, on n'a plus à craindre qu'il reste de l'air dans l'appareil, qui aussitôt est prêt à être adapté à la veine; on engage l'ajutage dans celle-ci api'ès avoir ouvert le robinet, et on exécute l'injection. A l'aide de ce petit instrument, il est facile de recevoir directement le sang de la veine de l'animal qui le fournil, et de le transfuser promptement bien avant sa coagulation ; enfin, on n'a pas à craindre l'introduction de l'air.
Le procédé consistant à recevoir le sang dans l'appareil même qui doit l'injecter est celui qui, dans ces derniers temps, a rallié le plus de partisans. Aussi on s'est attaché de divers côtés à varier et à perfectionner l'instrument que j'ai figuré et dont j'ai conseillé l'emploi dès 1835. Le principe de cet instrument est resté le même ; seulement l'entonnoir récepteur du sang a été mis en dessous au lieu
ppaiei jg l'être en dessus ou tantôt dans l'axe du tube, tantôt par a transfusion. ^ ' *
côté et on lui a donné, ainsi qu'au corps de pompe, des
formes très variées qui n'ont aucune importance.
Le docteur Roussel a imaginé un transfuseur pour l'homme avec lequel on
Fig. 183.
Fig. 184. — Appareil à transfusion du docteur Roussel.
peut emprunter le sang, soit à l'homme, soit aux animaux. Le modèle ci-dessus (fig. 184) est celui qui permet de prendre le sang animal. Il se compose d'une
ampoule aspiiatrico 2 qui, du coté de l'animal donnant le sang est prolongée par un tube bifuiqué, dont l'une des branches porte la canule 6 à adapter à la veine de ce sujet.
Cette ampoule à son autre extrémité s'abouche à un tube, dont l'une des branches conduit le sang, par une canule, dans la veine du sujet (|ui doitle recevoir. Des autres branches, l'une 1 sert de siphon pour remplir l'appareil de solution alcaline, la dernière 5 permet la sortie de cette solution que le sang en entrant chasse devant lui. L'ampoule aspire le sang, quand elle se dilate spontanément, et elle le chasse dès qu'on vient à la comprimer.
Dans les expériences physiologiques, il est rare qu'on se serve de ces appareils à peu près exclusivement employés parles chirurgiens. Le simple tube de caoutchouc avec une canule à chaque extrémité permet de transfuser aisément de veine à veine ou d'artère à veine. C'est celui que j'ai préféré.
Dans tous les cas, et quel que soit le procédé mis en usage pour la transfusion, il importe d'effectuer celle-ci lentement, de s'opposer à la pénétration de l'air dans les vaisseaux, enfin d'éviter la coagulation, même partielle, si faible qu'elle soit, du (luide injecté. C'est faute de prendre ces précautions que la transfusion donne lieu à des accidents très graves, souvent mortels.
Il convient, pour rendre la transfusion aussi efficace que possible, de donner au sujet le sang d'un individu de son espèce, celui de l'homme à l'homme, du cheval au cheval ou à un autre solipède; — de le faire passer des vaisseaux de l'un dans ceux de l'autre, alors qu'il possède toute sa fluidité: — de le faire passer lentement et en faible quantité quand il s'agit de réparer les pertes qui ont déterminé l'anémie et la prostration à un haut degré. Néanmoins, le sang d'un animal, tel que le mouton et le veau a produit souvent de bons résultats sur l'homme.
Le sang défibriné a paru dans beaucoup de cas à peu près équivalent au sang entier, quoique la fibrine ait été considérée comme un élément essentiel du liquide et un produit facilitant la circulation dans les capillaires et rendant les hémorrhagies plus difficiles. Il a suffi souvent de 100, 200, 300 grammes de sang transfusé pour sauver des femmes rendues exsangues par les pertes de l'accouchement ainsi que des opérés ou des blessés devenus anémiques par suite d'hémorrhagies abondantes.
La transfusion produit de bons résultats quand on fait passer dans les vaisseaux d'un animal du sang, soit veineux, soit artériel, d'un animal de même espèce; elle peut être supportée quand le sang transfusé provient d'une autre espèce de même classe. Ainsi le sang du mouton, celui de l'agneau, du veau, ont été transfusés à l'homme, au cheval, au chien ; celui de l'homme au chien ; mais ce sang d'une espèce étrangère ne peut être toléré qu'en petite quantité; il détermine plus ou moins rapidement la mort, si on le substitue en forte proportion au propre sang de l'animal. Blundella vu des chiens, préalablement affaiblis par des hémorrhagies abondantes, mourir quelques jours après qu'on leur eut transfusé du sang humain. D'autres ont vu les moutons périr à la suite de la transfusion du sang de veau, les chiens après celle du sang de cheval ou de brebis. J'ai moi-même vu mourir un cheval qui, après plusieurs saignées d'un total 23 livres, avait reçu, au moyen
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du procédé précédemment décrit, la plus grande partie du sang artériel d'une vache. Cependant M. Delafond a transfusé à l'âne, sans inconvénient, de 'i à 5 kilogrammes de sang de cheval. D'ailleurs, le sang des mammifères tue promptement les oiseaux. On s'explique sans difficulté ces résultats par les différences qui existent, d'espèce à espèce, dans la forme, les dimensions des glohules, les propriétés pliysiques et la composition intime du fluide nutritif.
Les effets salutaires de la transfusion pratiquée dans les circonstances où il y a affaiblissement extrême, à la suite des émissions sanguines, ne sont pas douteux. Un grand nombre d'exemples rassemblés par le professeur Bérard en donnent la preuve. Mais il ne faut pas attendre de ce moyen des effets merveilleux, tels que ceux qui ont été signalés par les anciens expérimentateurs. Il est fort douteux que la transfusion du sang à un chien devenu sourd lui ait rendu l'ouïe meilleure, que le sang de quelques agneaux ait donné beaucoup de force à un \ieux cheval, que celui d'un chien vigoureux ait guéri un autre chien malade. Enfin, il serait presque ridicule d'espérer que le sang d'un sujet sain rendrait la vigueur à un animal épuisé, que celui d'un animal jeune rendrait à un animal vieilli l'ardeur des premières années. Il ne serait pas moins absurde de penser que le sang de la brebis pût rendre le loup paisible, ou que celui d'un carnassier pût faire perdre à l'herbivore ses mœurs pacifiques. La transfusion faite dans de pareilles conditions ne peut que donner au physiologiste un sujet intéressant d'études. La seule qui soit susceptible de rendre des services est celle du sang d'un animal à un autre de la m^me espèce affaibli par des émissions accidentelles abondantes : encore faut-il qu'elle n'introduise que de médiocres quantités de sang chez les animaux affaiblis. En 1862, nous avons transfusé 3600 grammes de sang dans la jugulaire d'un cheval anémique, par un tube de caoutchouc qui en prenait .530 grammes à la minute dans la jugulaire d'un autre très vigoureux; il ne se produisit aucun changement dans l'état du malade pendant les deux jours qui suivirent l'opération ; le surlendemain, environ douze heures après une nouvelle transfusion à peu près égale à la première, l'anémique succomba à une congestion pulmonaire et à une congestion intestinale très violentes.
Il serait curieux devoir si l'on ne pourrait pas conjurer le développement des maladies contagieuses dont les virus se trouvent dans le sang pendant la période d'incubation, en remplaçant ce fluide par du sang d'animal sain de même espèce.
Les expériences sur la transfusion ont fourni à la physiologie quelques données intéressantes relativement à la vie des globules et aux actions chimiques qui s'accomplissent dans le plasma sanguin. On a vu les globules du sang des mammifères se dissoudre très vite dans le sang des oiseaux et des reptiles, et ceux des ovipares se détruire avec non moins de rapidité dans le sang des premiers. Panum a même constaté que les globules des petits ruminants et des carnassiers se dissolvaient aussi très vite dans le sang de l'homme. On a cru remarquer également que le plasma de provenance éloignée s'assimilait difficilement, et c'est ainsi qu'on a expliqué les transsudations, les hémorrhagies, les urines sanguinolentes, surtout après la transfusion de trop grandes quantités de sang.
Dans ces dernières années, Karst et Ponfick ont eu l'idée de remplacer la transfusion vasculaire par les injections de sang défibriné dans le tissu -cellulaire et les membranes séreuses. Le sang y a disparu au bout de quelques jours, probablement après dissolution préalable des globules. En quarante-huit heures, la quantité d'hémoglobine a augmenté, et s'est maintenue à son chiffre élevé pendant près d'un mois dans le sang des sujets sur lesquels cette transfusion séreuse ou cellulaire avait été effectuée. C'est par les lymphatiques que les produits dissous ont paru s'absorber.