‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 245 sur 310 · Denis, Journal des savants, août · texte numérisé non relu

Denis, Journal des savants, août

§f;2 DES SÉCRÉTIONS.

CAPSULES SURRENALES.

Les corps surrénaux, que les anciens appelaient capsules atrabilaires, existent dans la généralité des animaux vertébrés avec un développement plus ou moins considérable, mais toujours inférieur à celui des reins pendant la vie extrautérine.

Ils semblent composés de deux substances : une extérieure corticale plus brune, l'autre intérieure jaunâtre et assez molle. Les vaisseaux sanguins très nombreux, y affectent une disposition très remarquable, et les veines y présentent des dilatations ou des sinus assez marqués dans quelques animaux.

La substance corticale des capsules est formée de cellules qui contiennent des granulations graisseuses et une matière azotée. La médullaire est granuleuse et parsemée de cellules pâles qui ont beaucoup d'analogie avec les cellules nerveuses ; elle est pénétrée d'une prodigieuse quantité de lilets nervewx ganglionnaires. D'après la structure de ces deux substances, Kôlliker est porté à regarder l'externe comme glandulaire et l'interne comme un appareil dépendant du système nerveux.

Les capsules surrénales paraissent être des glandes qui produisent ou sécrètent une matière colorante. Dès 1855, j'ai indiqué ' que le persulfate de fer colore en bleu la substance médullaire de la capsule surrénale et le suc qui l'imprègne, comme s'il s'y trouvait un cyanure. Ce fait significatif a été reproduit l'année suivante, et plus tard sans mention de son origine. Les observations d'Addison sur la maladie bronzée ont rendu ce rôle très probable. Addison a constaté que les individus affectés d'anémie avec coloration brune de la peau avaient le tissu des capsules surrénales dégénéré, imprégné de graisse, de matière tuberculeuse ou cancéreuse. A compter de ce moment furent entreprises d'assez nombreuses expériences, desquelles on crut pouvoir conclure que ces capsules surrénales sont indispensables à l'entretien de la vie. Malheureusement, ces expériences ont été interprétées d'une façon singulière. Elles n'ont pas l'importance et la signification qu'on leur a attribuées.

M. Brown-Séquard, qui a expérimenté sur les lapins, les cochons d'Inde, a vu les animaux mourir en moyenne au bout de neuf heures, même après l'extirpation d'une seule capsule. Gratiolet ne les a vus mourir qu'en partie, et seulement après quarante-huit heures, notamment à la suite de l'ablation de la capsule droite; et les adultes sont morts plus vite que les jeunes. Dans les vivisections de M. Philipeaux, les rats opérés ainsi ont vécu plus longtemps, mais ils sont morts aussi pour la plupart après quelques semaines. Dans toutes ces expériences, la mort des petits animaux n'a dû être qu'un simple résultat des délabrements que nécessite l'opération : de la péritonite, de l'hépatite, de la néphrite, de la dégénérescence du rein, et enfin des lésions éprouvées par le plexus solaire oii se fait un épanchément sanguin plus ou moins considérable. Ces complications sontpfesque inévitables, même sur des animaux de grande taille, et elles

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