‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 277 sur 310 · Les chiffres relatifs au premier fœtus · texte numérisé non relu

Les chiffres relatifs au premier fœtus

2. Flourens, Leçons orales de physiologie comparée au Muséum cVhistoire naturelle,

Parmi les oiseaux, l'incubation du cygne est de quarante-cinq jours, — celle de l'oie, de trente à trente-cinq jours, — du dindon, de vingt-liuit jours, — du faisan, de vingt-six, — de la pintade, de vingt-cinq, — delà poule, de vingt et un, — du moineau, du serin, de treize, — du colibri, de onze ou douze jours.

La durée de la gestation est quelquefois abrégée, même suivant une proportion considérable, chez les animaux qui naissent ébauchés, comme les petits des didelphes, et aussi ceux qui ont les yeux fermés et la peau nue. Lorsqu'elle est suffisamment longue, elle permet un développement plus complet et donne aux jeunes animaux la force de se tenir debout, de suivre leur mère, comme on le voit pour la plupart des herbivores, des solipèdes et des ruminants.

La durée de la gestation n'est pas absolument fixe pour chaque espèce; elle est augmentée ou diminuée dans des limites assez considérables. La jument, qui porte, terme moyen, trois cent quarante-cinq jours, met bas souvent à partir du trois cent trentième jusqu'au trois cent soixante-quinzième, quelquefois jusqu'au trois cent quatre-vingtième. La vache dont la gestation est en moyenne de deux cent quatre-vingts à deux cent quatre-vingt-cinq jours, met bas du deux cent cinquantième au trois centième jour, et même plus tard encore. La brebis, qui porte cent cinquante et un à cent cinquante deux jours, met bas du cent quarante cinquième au cent soixantième jour. Chez les autres femelles il y a aussi quelques variations, mais très peu considérables en raison de la brièveté même de la durée normale. Indépendamment de ces variations, qui ne sont pas rares, il en est d'autres propres aux femelles qui, d'habitude, devancent ou dépassent le terme ordinaire; mais ces dernières sont tout à fait exceptionnelles, et celles qui se rapportent à une gestation très abrégée ne sont que des avortements.

En terminant je donne d'après Gurlt^ dans le tableau suivant, les dimensions du fœtus aux sept périodes de son évolution.

Première période.

Dans les deux premières semaines, l'œuf a 2 mil!. 2

Deuxième période.

3e et 4e semaines, le fœtus de jument n 13 millimètres.

3« et 4e — vache 9

3e et 48 — brebis et chèvre 10

18 jours chienne , 4

Troisième période.

5e à 8e semaine, jument 54 millimètres.

5' à 8e — vache 48

5e à 7e — brebis et chèvre 34

4e à 6e — truie 48

4' — chienne 25

1. F. Leyh, Anatomie des animaux domestiques, Paris, 1870, p. 355.

DÉVELOPPEMENT DE l'eMBRYOX. 993

Quatrième période.

9e à 13e semaine, jument 162 millimètres.

9« à W — vache 149

7» à pc — brebis 94

6« à 8« — truie 81

ô« — chienne 68

Cinquième période.

13e à ^2^ semaine, jument 352 millimètres.

13» à 20e vache 325

10e à 138 brebis et chèvre, 162

8e à 10e truie 135

(3e — chienne 9i

Sixième période.

23e à 34e semaine, jument 650 millimètres,

21» à 32e vache 650

13e à 18e — brebis et chèvre 325

lie à 15e — truie 189

7e à 8e — chienne 135

Septième période, finissant à la naissance.

35e à 48e semaine, jument 1 137 millimètres.

33* à 40e vache 812

19e à 21e — brebis et chèvre 490

15e à 17e truie 270

98 — chienne..... 162

Il faut remarquer que, chez les femelles multipares, le développement des fœtus n'est pas toujours uniforme ou égal. Dans la même corne j'ai vu alterner des fœtus volumineux avec des fœtus plus petits. L'inégalité de volume tient souvent, dans l'espèce canine, à ce que la chienne fécondée par plusieurs mâles donne des petits de races différentes, les uns de grande, les autres de moindre taille. Lorsque l'inégalité ne tient pas à cette cause, j'ai constaté que les fœtus les plus rapprochés de l'ovaire étaient souvent les plus petits. Ce sont ceux qui paraissent provenir des derniers ovules pondus ; ou ceux qui se trouvent greffés sur la matrice dans des points où la muqueuse offre son minimum de vascularité. Si les ovules de ces fœtus ont été fécondés un ou plusieurs jours après le premier, ce retard explique le moindre développement des petits placés en haut des cornes et qui, pour cette raison, naissent les derniers.

Maintenant que nous avons suivi le développement de l'embryon, étudions sommairement les manifestations de son activité propre ou les premiers essais du jeu de ses organes. .

G. COLIN. — Physiol. comp., 3^ édit. II. — 63

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