‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 4 sur 310 · Magendie, ouc. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Magendie, ouc. cit., t. II, p

4 DE L ABSORPTION

Fédéra ayant injecté sur l'animal \ivant de la noix voniique dans un segment de la carotide compris entre deux ligatures, a vu l'empoisonnement se produirez la suite d'une imbibilion de l'intérieur vers l'extérieur du vaisseau. Il a constaté que le cyanure de fer et de potassium déposé dans les plèvres venait colorer en bleu le sulfate de fer injecté dans le péritoine, et réciproquement. Le même résultat a été obtenu ù travers les parois de la vessie, lorsque l'un de ces sels avait été injecté dans ce réservoir et l'autre dans la cavité péritonéale. L'encre introduite dans la plèvre a bientôt teint en noir le tissu de cette séreuse, celui du péricarde, des lames fibreuses intercostales. Les substances employées en frictions se retrouvent en plus fortes proportions dans le tissu cellulaire sous-cutané que dans le sang. La flèche de Java, enfoncée dans les chairs, a bientôt communiqué à toutes les parties molles entourant la blessure, sur une épaisseur de plusieurs lignes, la teinte jaune brunâtre et la saveur araère du poison.

Les tissus vivants ou morts sont également susceptibles d'être traversés par les gaz. A la longue, l'oxygène rougit le sang enfermé dans une mince vessie et l'acide carbonique le noircit. C'est, comme nous le verrons, à travers les minces vaisseaux du poumon et les membranes des vésicules pulmonaires, que, dans la respiration, l'oxygène atmosphérique vient agir sur le sang noir.

Après leur dessiccation les tissus animaux jouissent également de la faculté de s'imprégner, de s'imbiber de liquides et de gaz. Les recherches de MM. Chevreul et Liebig le prouvent. Les cartilages, les tendons, le tissu jaune élastique desséchés absorbent 1,2, 3 fois leur poids d'eau, un peu moins de solution saline, d'alcool, etc., et cela avec une rapidité variable suivant la nature du tissu et celle du liquide.

La pénétration des liquides, des solutions salines, des gaz, dans les tissus, par simple imbibition, explique différents phénomènes qu'on a l'occasion d'observer tous les jours. Les émollients, appliqués sur les tumeurs extérieures, arrivent de proche en proche à travers l'épiderme et le tissu de la peau à une grande profondeur dans les tissus enflammés. Les fomentations sur les parois abdominales, les cataplasmes sur les lombes envoient certainement des particules médicamenteuses à travers les couches musculaires jusqu'au péritoine et aux organes qu'il enveloppe. Dans le cadavre, les courants qui s'établissent du centre à la périphérie, notamment ceux qui ont pour point de départ le tube intestinal entraînent les produits fétides de la putréfaction commençante, d'abord dans les parties voisines, puis insensiblement dans les masses musculaires les plus éloignées, et avec ces produits liquides ou gazeux, les vibrions septiques et autres organismes microscopiques. Ces courants d'imbibition et de difi'usion emportent par toute la masse du corps l'éther, les principes volatils de l'asafoetida. Us envoient le sel marin, le nitrate de potasse jusqu'au centre des masses soumises à la salaison.

La pénétration des liquides, des gaz à travers les tissus animaux est donc un fait incontestable. Mais en quoi consiste cette pénétration? Est-ce un phénomène de capillarité, d'endosmose, de difi'usion, ou une résultante de ces divers phénomènes associés? C'est ce qu'il importe d'examiner.

D'abord y a-t-il des actions capillaires dans l'absorption?

On sait que tous les corps poreux, ou ceux dont les particules sont séparées par des espaces étroits, laissent, comme le font les tubes trèsjins, l'eau s'élever dans

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