CARACTÈRES MICROSCOPIQUES DU CHYLE
apparent par l'action des réactifs. Les deux opinions inc paraissent acceptables. Il est un certain nombre de globulins où, ellectivement, les réactifs rendent distincte une paroi cellulaire, et d'autres qui ressemblent toujours à de simples noyaux, sans qu'il soit possible d'y provoquer l'apparence d'une enveloppe. Il en est même un assez grand nond)re qu'on peut regarder comme des granules semblables à ceux c{ui forment l'amas intérieur des leucocytes de première et de deuxième grandeur, granules qui ne seraient pas encore agglomérés ni enveloppés, ou bien qui proviendraient de la désagrégation des premiers. Dans tous les cas, ils sont visqueux comme les globules parfaits, susceptibles de s'agglutiner entre eux et de s'accoler aux parois vasculaires.
Les leucocytes sont donc des cellules à parois distinctes, dilatables, rétractiles, transparentes, à contenu granuleux, constituant une seule masse ou des fractions plus ou moins nombreuses et nécessairement agglutinées. Ils sont osmotiques, susceptibles de cbangements de forme, de volume. Nous aurons à revenir sur leur constitution, en étudiant la genèse des hématies.
tes globules blancs, quelles que soient leurs dimensions, ont des propriétés remarquables. Ils peuvent changer de forme sous l'influence de la pression, et, par conséquent, traverser des détroits vasculaires d'un diamètre inférieur à leur diamètre moyen. Ils ont une certaine viscosité de surface qui les retient aisément à la face interne des vaisseaux, et les y fait adhérer parfois assez pour résister momentanément à l'impulsion des courants.
Leur densité est plus grande que celle du sérum du chyle : aussi tendent-ils, quand ils n,e sont pas retenus par les filaments fibrineux, à tomber au fond des éprouvettes, et ils s'y rassemblent, en effet, si l'on ajoute au chyle, au moment où on le recueille, des réactifs capables de prévenir la coagulation de la fibrine. Dans le sang, ils se comportent aussi de la même manière, mais comme ils sont moins denses que les globules rouges, ils forment au-dessus d'eux une couche grisâtre.
Sous l'influence de divers réactifs, les globules du chyle éprouvent diverses modifications dans le sérum propre de ce liquide, de même que dans celui du sang ; ils changent peu et se conservent longtemps, mais ils s'y gonflent, y acquièrent de la transparence, et leurs granulations deviennent plus distinctes. L'eau les dilate plus vite encore, rend leurs granulations plus distinctes les unes des autres, les groupe en un ou deux amas irréguliers, comparables à des noyaux, et finit par faire crever leur enveloppe. L'acide acétique les resserre d'abord en les assombrissant, puis il les dilate, rend leur partie périphérique pâle, presque transparente, donne à leur contenu l'aspect d'un croissant, d'un anneau résultant du rapprochement de trois ou quatre amas nucléiformes, et finit par dissoudre la cellule. Ces modifications, d'ailleurs assez variables, dues à l'acide acétique, prouvent, suivant Ch. Robin\ contrairement à l'opinion générale, que les globules du chyle ont un contenu homogène, visqueux, parsemé seulement de fines granulations grisâtres, et que les noyaux s'y forment seulement par le fait des
1 . Ch. Robin, art. Lel'Cocytes, Did. encijcl. des sciences méd., Paris, 1869, 2= série, t. II, p. 235 et Dicf. de méd. de Littré, 16^ édit., 1886.
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réactifs ou des altérations cadavériques. L'alcool en augmente le volume et l'aspect granuleux ; le phospliale de soude, la glycérine les resserrent et en rendent la partie centrale plus brillante; l'ammoniaque y produit des lacunes et ne tarde pas à les dissoudre. La simple évaporation et les solutions concentrées les resserrent en leur donnant l'apparence plus ou moins dentelée.
La proportion des leucocytes dans le chyle est très faible, comme dans la lymphe. Ou peut aisément les compter dans une gouttelette de ce liquide pris à sa sortie des vaisseaux, et c'est seulement alors qu'il faut chercher à en déterminer le nombre, car dans le chyle du cadavre et dans celui dont l'extraction a eu lieu depuis quelques minutes, ces globules s'étant attachés aux caillots ou aux filaments fibrineux paraissent fort peu nombreux.
En établissant une fistule au canal thoracique d'un animal en digestion, listule avec tube d'argent, on peut recueillir le chyle par petites gouttelettes et en compter les globules par le procédé Nachet, dont il a été question plus haut, à propos de la lymphe. On peut encore le prendre, soit dans la citerne, soit dans la partie antérieure du canal thoracique, sur les petites espèces , où il est presque impossible d'introduire un tube dans ce canal; c'est ce que j'ai fait sur une vingtaine d'animaux, savoir : plusieurs vaches, chiens, chats et lapins.
Sur ces animaux, le chyle se trouvait nécessairement mêlé à la lymphe en proportion variable, suivant l'activité et les périodes du travail digestif. Il a présenté, en moyenne, par millimètre cube, de 3 à 12 000 globules sur le chien, de 4 à 8000 sur la vache, de 14 à 23 000 sur le chat et de 20 à 49000 sur le lapin, par conséquent beaucoup plus sur ces deux dernières espèces de petite taille que sur les grandes. Voici, du reste, un tableau qui indique les nombres obtenus
Noynhve de globules dans le chyle du canal thoracique (par mill. cube).