LIL. La troisième condition est l'accès de l'air
9° La moisissure que Mayer a observée (voy. ci-dessus 2°) ne se voyait que dans les endroits où la substance dégénérée du poumon était en contact avec l'air. Monti à reconnu qu'il ne se développait point de moisissures sur les substances en putréfaction, soit dans le vide, soit dans de petits vaisseaux contenant peu d'air, soit dans des vases bouchés après avoir été fortement échauflés, c'est-à-dire après que l'air y avait subi une grande raréfaction (1).
10° La moisissure croît moins dans une atmosphère pure, que dans des lieux étoulffés , où l'air se renouveile peu , etoù probablement il se dégage du gaz hydrogène ; elle est plus complète et plus durable dans des vaisseaux clos qu’à l'air libre.
14° Treviranus plongea dans du £az hydrogène une flanelle sur laquelle il avait semé des graines de cresson; ces graines se gonflèrent , devinrent flasques et mucilagineuses , et enfin se couvrirent de petites moisissures capillacées.
12° La nature:de l'air détermine celle des Champignons {2). Gleditsch remplit de melon frais, coupé par tranches, des pots bien nettoyés et préalablement chauflés au four, qu'il couvrit ensuite d'une mousseline : ilse développa surtout des Byssus et des Tremelles dans ceux qui occupaient un lieu sec et
(4) Treviranus, Biologie, t. IL, p. 315.
(2) Jbid., p. 330.
DE L'HÉTÉROGENIE LIMITÉE. 3% élevé , et des Mucor dans ceux qui avaient été mis à la cave ou dans d’autres endroits bas et humides (1).
| $ 46. Quant aux autres plantes cryptogames ,
1° Il n'y a pas le moindre doute que les Conferves ne puissent naître par hétérogénie, et même, d’après une observation de Retzius (2), qu'elles ne soient susceptibles de provenir d'une substance inorganique. En effet, une dissolution de chlorure de barium dans de l’eau distillée, qui était restée six mois dans un flacon bouché à l’émeri , donna naissance à une conferve qu'Agardh reconnut être une espèce tout-à-fait nouvelle.
2° Schrank, Roth, Mertens et Gruithuisen n'ont trouvé certaines espèces de Conferves, de Batrachospermes et de Rivulaires que sur des espèces déterminées de poissons et de coquilles univalves , lorsque l'animal était malade ou mort.
3° La neige rouge, qu'on à quelquefois trouvée dans tes régions arctiques et sur de hautes montagnes , est, suivant Agardh, le Protococcus kermesinus, Algue du plus bas degré, qui se compose de vésicules"pleines d’une substance mucilagineuse et grenue , et contenant de la résine , avec d’autres matières végétales, Cette Alsue adhère aux pierres ou à la neige , de sorte que le vent ne peut point l’entraîner. Agardh pense que le Protococcus est engendré par l’action de la lumière solaire sur la neige fondante (3). Mais les observations de Neessur la grêle rouge etsur une espèce de pluie rouge (4) rendent plus probable que , comme l’admettait aussi Wrangel (5), cette Algue se forme dans l'atmosphère , que c’est par conséquent un aérophyte, et qu'elle se produit dans les temps d’orages et de météores ignés. D’après Nees (6), le Nostoch n’est à proprement parler qu'un gros Protococcus, une masse gélatineuse , mucilagineuse , parsemée de filamens o0scillatoires , qui paraît libre de toute adhérence sur les terrains
(1) Ibid. , p. 355.
(2) Froriep, Notizen, it. V, p. 56.
(3) Nov, Act, nat. cur., t. XII, p. 746.
(4) Loc. cit. ,t.T, p. 573,
(b) Ibid. , p. 354.
(6) Jbid, , p. 656.
58 DE L'HÉTÉROGÉNIE PROBLÉMATIQUE.
dénudés , à la suite de météores ignés ou d’orages. On a quelquefois pris pour du Nostoch le frai de poisson avalé et revomi par des oiseaux, mais ce n'est point là une objection contre le résultat d'observations plus exactes.
f° Des Lichens croissent sur des rochers nus, dans la mer, loin de toute terre, et il est fort peu probable que leurs germes aient été apportés là par le vent ou par les oiseaux.
59 Des Rhizomorphes se développent dans des mines et dans des fissures ; on en a trouvé à des profondeurs de plus de trois cents pieds, entre des couches de houille où il ne pouvait arriver que fort peu d'air et d’eau (1).