‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 24 sur 115 · SCISSION EN TRAVERS · texte numérisé non relu

SCISSION EN TRAVERS

$ 25. La Fissiparité transversale ( generatio fissipara transversa) est celle dans laquelle un organisme se partage en deux individus situés sur une même ligne longitudinale où PC D l’un au devant de l’autre. ù

I. C’est à la fois la forme la plus répandue et la plus relevée.

4° On la rencontre dans des cas où le corps entier consiste

en une masse homogène, comme chez les Trichomycètes et les Conferves , les animalcules infusoires et les Polypes. Elle se voit aussi dans d’autres cas où il y à des organes particuliers, mais uniformément étendus le long du corps, de manière que chaque seoment longitudinal en renferme une part égale ; par exemple, chez les plantes phanérogames, où les vaisseaux qui charrient le suc nourricier s'étendent par tout le corps, parallèlement les uns aux autres, et sont partout entourés de tissu cellulaire, qui organise et désorganise le liquide; de . même aussi chez les Vers cestoïdes et les Annélides, où le canal alimentaire parcourt la longueur entière du corps, sous la forme d’un sac simple , tandis que le liquide en exsude pour passer en partie dans le tissu cellulaire, en partie dans les veines intestinales, et que les vaisseaux et nerfs marchent parallèlement au canal alimentaire, en s’anastomosant entre eux (1).

20 Il n'y a que quelques Infusoires , notamment les Paramécies, chez lesquels la scission s'effectue de telle manière que les individus qui en proviennent aient une direction opposée, soient tournés en sens inverse, et tiennent l’un à l’autre par leurs extrémités postérieures. Partout ailleurs ils sont placés dans la même direction, les uns derrière les autres, de sorte qu'ils se tiennent d’abord non par leurs extrémités homogènes, mais par leurs extrémités hétérogènes, c’est-à-dire que le bout anal d’un individu fait suite au bout oral de l’autre.

3° Ja scission transversale est le point de la série des formes de la génération où, pour la première fois, commence à se prononcer l'antagonisme d’un organisme maternel et d’un organisme enfantin. En effet, le corps organique n'ayant pas la même organisation ni la même vitalité dans sa longueur, mais le développement en long étant un caractère essentiel de la : scission transversale, il suit de là que, dans cette forme de la génération , les deux individus, immédiatement après la division, ne sont point égaux l’un à l’autre; l'un, plus gros, et complétement développé, paraît comme souche ou mère, tandis que l’autre , moins gros, ne se développe complétement

(1) Schweigger, Loc. cit,, p. 53.

qu’à une époque plus éloignée, et se montre comme petit ou produit.

4° La portion qui conserve l'extrémité par laquelle s’introduisait primitivement la nourriture (la racine chez les plantes, la bouche ou l'ouverture alimentaire chez les animaux), possède plus de vitalité que l’autre portion , à laquelle il doit se former une nouvelle extrémité nourricière. La pérennité de l’individualité se prononce donc dans le bout nourricier primordial , tandis que la tendance à se diviser réside dans le bout opposé ( les branches des plantes, l'extrémité anale des animaux). Ce phénomène devient surtout bien sensible lorsque les deux individus sont situés dans la même direction, ou bout à bout. Ainsi, quand il s’est formé une autre Naide sur une Naide encore adhérente à la mère , on voit l'animal postérieur se détacher d'abord; la séparation n’a lieu que quand la jeune Naide s’est développée, celle-ci se détachant ensuite de la mère en vertu de sa tendance à l'individualité ; l'animal postérieur est obligé de suivre l’antérieur dans ses mouvemens (1). Mais, après la séparation, l'animal antérieur, ou la mère, va de suite à la recherche desa nourriture , tandis que le postérieur, ou le petit, reste encore quelque temps plongé dans une espèce de stupeur (2). Dans les circonstances même où la scission, d’un animalcule infusoire a lieu de manière que les animaux qui en résultent ont une direction op— posée, c’est-à-dire tiennent l’un à l’autre par leurs parties postérieures, ce qui constituait d'abord la partie antérieure de l'animal entier se meut beaucoup plus tôt et bien plus vivement, après la séparation, que la partie postérieure, qui ne fait preuve de la même vitalité qu'après le développement complet de son extrémité antérieure (3). De même aussi, dans les Vers, la partie antérieure se complète plus facilement et plus vite, après une séparation violente, que la postérieure, qui meurt souvent avant qu'il se soit formé une nouvelle … tête et développé avec elle une nouvelle individualité. Il. Mais nous avons encore à signaler une différence de

(2) Der Naturforscher, t. XNI, p. 71.

(2) Roesel , Znsektenbelustigungen, t. XIX, p. 571. (3) Gruithuisen, Beitræge sur Physiognosie, p. 313-348. :

forme dans la scission transversale, suivant qu'elle est déjà ou non indiquée d'avance dans la structure de l'organisme.

5° Le second cas a lieu chez les [nfasoires et les Polypes où il ne paraît d'échancrure, à la surface d’ailleurs uniforme du corps, que quand la propagation en exige une. Dans les Paramécies, comme je lai dit, cette échancrure se manifeste entre les futures extrémités postérieures ou anales des deux individus. Dans le Cyclidium , le Trichoda, etc., on l'observe entre la future extrémité postérieure de l’un des individus et la future extrémité antérieure ou orale de l’autre , à laquelle se développent aussi les cils dès avant la complète séparation. » L'Hydre se divise souvent en travers, de manière que, dans l'espace de quelques jours , ilse forme une extrémité inférieure au bout supérieur et une extrémité supérieure au bout inférieur (41). Dans les Polypes à entonnoir la division a lieu plus obliquement.

6° La scission transversale est préparée d'avance dans le cas où le corps organisé consiste en une série de segmens longitudinaux distincts , et Ià nous trouvons le passage à la forme suivante de génération ($ 27 ); car ceux des segmens longitudinaux qui se détachent pour représenter un nouvel individu, peuvent jusqu'à un certain point être comparés à des semmes. Ainsi les Conferves se propagent par la séparation d'articles, qui deviennent de nouveaux individus. La Conferva limosa , par exemple, lorsqu'elle à atteint sa plus grande taille , qui est de trois lignes , se partage en deux moitiés inégales ; [a plus longue reproduit ce qu'elle a perdu; mais la plus petite croit à ses deux extrémités, et dès qu’elle est parvenue aussi à trois lisnes, elle se partage également (2). Schranck décrit une division analogue dans les Oscillaria stercoraria et rivularis (3), On l’observe aussi dans les Trichomycètes , notamment les Monilia, résultant d'articles ou de globules disposés en séries , qui se séparent les uns des autres. Dans les plantes plus parfaites, ce mode de propagation n’a

(4) Ræsel, oc. cit. ,t. III, p. 504.

(2) Treviranus, Biologie , t. IIL , p. 283.

(3) Denhschriften der Akhademie der Wissenschaften zu Muenchen , 4813, p.1. | ‘

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