‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 66 sur 115 · TERMINAISON COMMUNE AUX OVIDUCTES ET À D'AUTRES ORGANES · texte numérisé non relu

TERMINAISON COMMUNE AUX OVIDUCTES ET À D'AUTRES ORGANES

$ 124. Il est d'autres animaux encore chez lesquels Les oviductes, à leur extrémité, contractent des connexions avec d’ autres systèmes.

4° On les voit s’unir avec les organes de la digestion. Chez la plupart des animaux monogènes, l’oviducte se termine dans la partie supérieure du canal alimentaire, ou dans l’estomac, comme chez les Lobularia, parmi les Polypes, chez les Actinies, et quelquefois, d’après Jæger, chez les Holothuries. Louis (3) a ouvert le corps d’une femme chez laquelle le vagin souvrait dans le rectum, en sorte que la menstruation , la fécondation etla parturition s’opéraient par cet intestin.» Fournier parle (4) d’une autre femme qu ‘il accoucha, et chez. laquelle le rectum s’ouvrait dans le vagin. |

2° Une connexion entre les oviductes et les organes respi- | ratoires à lieu , parmi les animaux monogènes, chez les Acéphales : les oviductes des Ascidies se rendent dans le sac branchial; Bojanus et Baër ont démontré que ceux des Moules

(4) Addition de Rathke.

(2) Addition de Rathke.

(3) De partium externarum generationi insergientium :in mulieribus dispositione. Paris 4754, in-4°.

(4) Dict. des se. médic,, t. IV, p, 109.

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aboutissent entre le pied et la branchie interne. Cette connexion à lieu aussi chez quelques animaux à sexes distincts ; ainsi, chez le Buccinum et le Murezx, les oviductes s'ouvrent en dedans du bord de la cavité pulmonaire , et, chez les Céphalopodes, ils aboutissent dans le sac respiratoire par deux orifices , dont chacun est placé au voismage d’une branchie. 3° La connexion avec les voies urinaires est telle d'abord que les oviductes s'ouvrent dans ces voies. Chez la Testudo europæa , ils s’'abouchent dans le col de la vessie urinaire par un bourrelet annulaire, et les œufs passent par l’urètre dans le cloaque, qui recoit aussi le rectum et les vésicules anales. Dans l'Esturgeon, un entonnoir formé en grande partie par le péritoine se rend à chaque uretère , où son orifice est garni d’une valvule disposée de manière à permettre le passage de la cavité abdominale dans l’urèêtre , mais à s’opposer au mouvement en sens inverse. ( Gette observation a été faite par moi pour la première fois (4); depuis je l'ai trouvée confirmée dans d'autres espèces d’Esturgeons ; les entonnoirs qui s'ouvrent dans le large uretère , à peu près vers la partie moyenne de la cavité abdominale , se tuméfient considérablement, vers l'époque du frai, ainsi que les moitiés des uretères situées derrière eux, etreçoivent alors Les œufs quisont tombés des ovaires dans la cavité abdominale. Baër a bien fait remarquer que, chez l’Esturgeon mâle, les deux uretères présentent deux entonnoirs (2); mais ce n’est point là une objection, puisque les mâles des Mammifères ont aussi des mamelles. J’ai trouvé ce renflement , au temps du frai, dans un Acipenser hamensis de la Russie méridionale, et je me suis convaincu que, ni dans cette espèce, ni dans l’Acipenser ruthenus, la cavité abdominale ne présente d'ouvertures au voisinage de l'anus } (3). L’oviducte recoit l'urètre chez plusieurs Gastéropodes, si toutefois l'organe appelé par Swammerdam sac de la chaux et par Cuvier sac de la glu , est réellement le rem, et si la vésicule qui a des connexions avec lui est la vessie uri-

(1) Beitræge zur Geschichte der Thierwelt, t. IL, p. 123. (2) Burdach, Anatomische Untersuchungen, t. Il, p. 40. (3) Addition de Rathke.

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naire (1); de cette dernière part effectivement un canal qui se rend soit dans l’oviducte seul, comme chez le Planorbe (2) et le Lymnée (3), soit dans le sac génital commun, comme dans la Limace (4) et le Limaçon.

° Les oviductes s’abouchent enfin, conjointement avec l'extrémité des organes digestifs et urinaires, dans une cavité qu'on appelle cloaque." Ge cas a lieu chez la plupart des Insectes, par exemple chez tous les Coléoptères. L'orifice de l’ovicanal, tenu béant par des plaques cornées , se trouve au devant et au dessous de l'anus, dans le cloaque, dont l'ouverture est pourvue de plaques cornées analogues. On voit paraître le commencement d’un cloaque chez les Poissons cartilagineux ; la cloison qui, dans les Poissons osseux, s ‘étend entre l'anus et l'ouverture génitale, jusqu’à la surface du corps, mais sans ressembler au reste de la surface cutanée et sans avoir d'écailles, ne va point aussi loin ici , de sorte qu'il reste, au dessous de la peau, un petit espace dans lequel le rectum et l’oviducte se réunissent ensemble. Chez les Uro dèles, l'orifice de l’oviducte est entouré d'un bourrelet, de manière qu'il peut se clore quand des matières fécales arrivent dans le cloaque (5). Chez les Oiseaux, l'orifice est garni d'un sphincter au côté gauche du rectum. Suivant Geoffroy Saint-Hilaire (6), le cloaque est partagé , par les orifices des trois systèmes , en autant de poches, qui se succèdent de telle sorte que la poche anale s'ouvre dans l’urinaire, et celle-ci dans la génitale; mais il ne parvient ni urine ni matière fécale dans cette dernière, parce qu’au moment de l'évacuation

l'anus sort en dehors, et la poche urinaire se renverse sur elle-même. Mais Barkow (7) a fait voir que, des trois espaces. du cloaque, l’antérieur reçoit le rectum, le moyen les ure-

tères et les oviductes ( ou les conduits déférens), et que le

(1) Zeitschrift fuer die Physiologie, 1.1, p.40.

(2) Lbid. , p. 45.

(3) Ibid, , p. 25.

(4) Ibid. ,-p. 10.

(5) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt , t. X, p. 67. (6) Bulletin de la Soc. philomat., 4822, p. 74.

(7) Meckel, Archiv fuer Anatomie , AS50, p. 41.

VAGIN. 321 postérieur, qui reçoit l’orifice de la bourse de Fabricius et s'ouvre au dehors, représente une vulve plus développée que chez les Mammifères, comme aussi elle contient la verge chez les Oiseaux mâles, de manière qu’elle sert d'organe de copulation. Chez les Monotrèmes, les oviductes s'ouvrent également dans le cloaque (”).

B. Vagin.

$ 135. La terminaison des organes génitaux femelles ne prend les dehors d’un appareil particulier que chez les Mammifères. Là, en effet, il existe un F’agin bien déterminé, l’ouverture qui sert d'issue à la matrice se dessinant sous la forme d’un bourrelet indicateur de la limite. La différence qui existe entre les deux parties séparées par ce bourrelet, eu égard à la nature de leur membrane muqueuse et du restant de leur tissu, correspond à celle qui se remarque dans le degré de développement de l'organisation en général. Ainsi la membrane muqueuse du vagin n'offre pas le moindre vestige de plis saillans à sa face interne, dans ie Daman (1) ; ces plis sont longitudinaux seulement et peu nombreux chez la plupart des Mammifères ; ils sont obliques dans le Tigre. On rencontre rarement des plis transversaux, et la plupart du temps, lorsqu'ils existent, ils occupent seulement le comcement du vagin, au voisinage de la matrice, comme chez les Ruminans , la Hyène, le Dauphin et le Cachalot (où ils sont assez prononcés pour diviser le vagin en deux parties ) (2); lorsqu'ils s'étendent plus loin , ils sont plus rares et plus grossiers que chez la femme, où ils sont minces, multipliés, et s’étendent latéralement à partir du milieu des lignes médiane antérieure et postérieure.

Chez les Mammifères , le vagin a, comme la matrice, des fibres musculaires longitudinales et transversales, qu'on ne peut plus apercevoir chez la femme.

() Voyez un Mémoire d'Owen sur les œufs de l’Ornithorhynque , dans Philos. Trans., 1834, P. II, p. 555.

(4) Cuvier, Anat, comp., t. V, p. 430.

(2) Addition de Baër.

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