NYMPHES ET CLITORIS
son intérieur , comme chez le Maki et le Lori (1), et comme on le voit aussi dans certains cas d’hermaphrodisme ($ 155, 6).
Les nymphes, ou petites lèvres, qui sont en quelque sorte la corolle des animaux , n'existent que chez un petitnombre de Mammifères , tels que l'Eléphant , la Lionne et le Porc-épic (2); car on ne peut nullement leur comparer, comme l’a fait Home (3), les plis qui se voient sur les côtés de ‘l'anus du S'qualus acanthias. Ce sont des replis cutanés, renfermant un tissu spongieux , vasculeux et susceptible de turgescence, particularité en raison de laquelle Graaf les avait déjà comparées à des crêtes de coq (4). Leur partie supérieure naît en arrière des deux côtés de l'orifice de l’urètre , et s’étends en devant jusqu'au clitoris. Elles sont souvent très-développées chez les Africaines , au point de faire saillie entre les grandes ” lèvres, de prendre, sous l'influence de l'air , une apparence qui les rapproche davantage de la peau, dl d'obliger d'en” faire l’excision , comme on le pratique en Egypte par exe, ple. On observe aussi, Chez les femmes d'Afrique, notamment celles des Boschismans , un prolongement de la peau, qui pend du mont de Vénus, renferme le clitoris et couvre là vulve ; ce prolongement a trois pouces de long, suivant Péron: et Lesueur (5), et jusqu'à cinq d’après ‘Sommerville (6). On lui donne le nom de fablier. La peau qui le constitue est lâche, plissée , extensible , brunâtre, et forme un triangle, qui a. dix-huit lignes de large et six d'épaisseur en haut, et qui se | termine par le bas en deux jambages descendant le long du | bord interne des grandes lèvres (7). Virey (8) le éompati aux pétales surnuméraires des fleurs doubles (*). : | |
(1) Cuvier, Loc. cit.,t. V, p. 1430.
(2) Dict. des sc. méd.,t. XXXVI, p. 554.
(8) Loc. cit. , 1. III, p. 386.
(4) Loc. cit. , p. 187.
(5) Bulletin de la Soc. philomat., 92e cahier, p. 247.
(6) Meckel, loc. cût.,t V, p. 161.
(7) AOITEMN, p.453.
(S) Hist. “nat. du genre humain, Paris 4825, t. I, p.246.
(*) Comparez Muller, dans oe fuer Annie t. 1, p. 309; et | Otto, ibid, t. IT, p. 190.
GRANDES LÈVRES. 227 b. Demi-anneau externe.
$ 150. Le demi-anneau externe peut être regardé en quelque sorte comme le calice des organes génitaux femelles des animaux. Son centre forme le mont de V. énus, éminence particulière à l'espèce humaine, qüi est ombragée de poils et formée d'un tissu cellulaire lâche et rempli de graisse. De cette éminence descendent les grandes lèvres qui ferment la vulve.
Déjà dans les Insectes, les Arachnides et les Crustacés , on trouve des parties valvuliformes , qui ferment l’orifice extérieur des organes génitaux femelles , et peuvent être écartées les unes des autres par des muscles soumis à l'empire de la volonté. Ce sont, la plupart du temps , des plaques cornées , dont la forme varie beaucoup.
Les Oiseaux sont les premiers animaux chez lesquels on voie
apparaître des renflemens analogues à des lèvres, qui contiennent un muscle sphincter , et sont entourés d’un cercle de petites plumes plus raides que les autres. La lèvre supérieure (velabrum) est celle qui prédomine , et, suivant la remarque déjà faite par Harvey (1), on peut la comparer à la paupière Supérieure : en effet, elle contient une lame cartilagineuse analogue au cartilage tarse , la plus forte partie du sphincter, ‘qui s'attache à cette lame, et le point d'insertion de huit muscles différens qui ont pour principal effet de soulever la lèvre, de manière par conséquent à ouvrir et fermer le cloaque. La “lèvre inférieure est beaucoup plus petite et couverte par la précédente ; elle se termine chez les Gallinacés et les Passereaux en deux , et chez les Palmipèdes en un seul tubercule, rudiment du clitoris (2).
Dans beaucoup de Mammifères, les grandes lèvres sont des replis cutanés moins développés , étroits et minces au contraire, qui, dans la Loutre par exemple , s'opposent à l'entrée de l’eau.
La vulve n’est séparée de l'anus, chez les Phoques , que
(4) Exercitationes de yeneratione animalium , p. 42, (2) Spangenherg , Loc, cût,, p, 24,