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placer par d’autres plus jeunes , et que celui qui se distinguai par sa beauté ou sa vaillance püt disputer à chaque époux sa femme. Il parvint à effacer tellement le caractère naturel du sexe, que les épouses et les mères des Spartiates tués à Leuctres se montrèérent partout en habits de fête et l'air triomphant, tandis que celles dont les époux et les fils avaient échappé à la mort, s'enveloppèrent dans le deuil et la tristesse. Personne n'attribuera ces égaremens , Comme l’a fait Memers (1), à ce que les premiers habitans de la Grèce étaient des Slaves, auxquels plus tard seulement se mélèrent des nations celtes. Nous reconnaissons plutôt dans le caractère du peuple grec l'expression d'une masculinité juvénile, à laquelle les avantages qu'elle tient de la nature permettent de se déployer en produits magnifiques, mais qui, emportée par la sensualité, renverse toutes les bornes et ne connaît plus de frein. Le earactère de l'antiquité était l'aptitude à saisir puissamment la pleine et entière réalité, avec absence de toute sentimentalité. L’égoiste sensuel, quin 'estirite point l'humanité, n'honore pas non plus les femmes : or ce qui proue que le Grec méconnaissait les droits de l'humanité , c'est Ia manière dont il traïtait les esclaves , les ilotes surtout. Il n'avait même pas de patriotisme ; car il n’aimait que sa ville natale, et faisait les guerres les plus sanglantes, les plus cruelles, à ses compatriotes. Et comme, au nombre de ses dieux, il en comptait un supérieur aux autres, qui était voluptueux et débauché, de même, il se faisait remarquer aussi par son goût pour l’hermaphrodisme, par son système de libertinage, et par sa pédérastie. |
Les peuples germains forment la plus pure opposition à ce tableau. Malgré leur peu de civilisation , ils avaient cependant déjà plus de tact pour saisir le caractère de l’ensemble et de la primordialité, puisqu'on voit percer, même à travers leur idolôtrie , la connaissance d’un dieu unique et infini. Simple, loyal et chaste , le Germain honorait les femmes, malgré sa srossièrelé et ses goûts belliqueux : il combattait pour ‘elles,
et les considérait comme ses compagnes dans la vie domesti-
(4) Geschichte des wéiblichen Geschlechts,t. I, p, 844. -
que ; il écoutait leurs conseils, en guerre comme en paix ; il voyait même en elles quelque chose de supérieur, reconnaissait la surprenante force naturelle qui s'y révèle!, et leur attribuait le don de l'inspiration. Pendant que le principe masculin pur régnait durement, rigoureusement et sans la moindre nuance de sentiment, chez le Grec, il ne pénétrait dans l'âme du Germain qu noi par le principe féminin. Le christianisme éompléta cette alliance, et amena une tendance à l'idéalité , qui s'exprime sous la forme de romantisme , tant dans la poésie que dans toutes les passes e'les-mêmes de la vie. Chez les peuples les plus différens, les Juifs et les Grecs, les Perses et les Hottentots, ete., la répudiation et l'outrage ont été le lot assigné par la loi à une femme stérile ; la religion chrétienne seule a pris cette femme sous son épide; enapprenant aux hommes à connaître la dignité de leur espèce, elle les fit renoncer à l'usage de ne considérer les femmes que comme des organes de procréation. La femme ne fut plus méprisée que là où le principe masculinse manifestait dans des directionsextrêmes, comme domination de l'intuition sensorielle ou comme entraîinement par les plaisirs des sens, comme présomption de l'intelligence ou comme arrogance de la raison. Ce mépris a entrainé chez tous les peuples des désordres effrénés et de honteux égaremens. Effacer ce qu'il y a de végétal dans l’homme ne pouvait qu'accroitre sa brutalité, et non éveiller l'humanité. Lorsque l'âme fit valoir ses droits et tira l’idéalité de sa stupeur, la femme marcha de pair avec l'homme, et contribua beaucoup à rendre l'humanité plus morale et plus parfaite.
Au reste, la tyrannie des hommes nous rappelle ce quia lieu chez les aniffiaux polysgames, de même que le trop grand empire des femmes sur des hommes sensuels et dégénérés retrace ce qu'on. voit chez les animaux polyandres.
D. But de la sexualite.
$ 220. Toutes les recherches auxquelles nous nous sommes livrés jusqu'ici, nous persuadent qu’il y a une différence de qualité entre les deux sexes, qu'aucun des deux ne possède rien qui manque à à; l'autre, mais seulement que ce qui est
commun à tous deux diffère dans chacun. L'homme, dont l'essence consiste dans le développement de dedans en dehors,
peut tantôt monter plus haut, tantôt descendre plus bas; la
femme montre les deux forces réunies en elle et simultanées,
Il n'y à pas jusqu'à la forme extérieure, dans laquelle on
aperçoit une tendance à la conformité des deux sexes; là où,
en vertu de son essencé, un organe de l’un des sexes est situé à l'extérieur, on découvre, au même endroit, chez l’autre sexe, une partie analogue , mais qui n’a point la même fonction, qui n’a même pas, à ce quil paraît; de fonction essen- .tielle, qui végète comme image inutile de l'organe appartenant au sexe contraire, et dont le but consiste uniquement à exprimer, même à l'extérieur, l'unité des sexes, la résolution de leur différence dans l’idée de l'espèce; tels sont les mamelles et le raphé chez l’homme , le clitoris et les grandes lèvres chez la femme, organes dont, par cela même, le développement, quand il devient plus considérable qu'à l'ordinaire, donne lieu aux apparences de l'hermaphrodisme.