DE LA VIE EMBRYONNAIRE
donc la cessation de cette connexion, ou la naissance, qui marque le terme de la vie embryonnaire.
2° L'embryotrophe amorphe ne peut acquérir une organisation complète que par un développement graduel. Le fruit, qui est l'organisme en travail d’arriver à l'existence , change donc encore de formes , puisque ces métamorphoses sont autant de degrés par lesquels il est obligé de passer pour arriver à la forme permanente qui constitue le type de son espèce. Le caractère transitoire de l’ensemble de la forme consiste surtout dans l’enveloppement, c’est-à-dire dans la connexion organique plus ou moins intime qui existe entre le fœtus et son œuf, et sa sortie hors de cet œuf , ou l'éclosion, marque la fin de la vie embryonnaire.
3° Dans l'espèce humaine et chez les Mammifères, les deux périodes précédentes (1° et 2°) coïncident ensemble , et indiquent la délimitation précise de la vie fœtale ; mais le même phénomène n’a point lieu dans les êtres placés à un échelon moins élevé de l’organisation. Chez la plupart des autres êtres organisés, que nous désignons sous le nom d’ovipares (ovipara), embryon ne se développe que dans l'œuf né, et c’est le moment où 1l se dégage de ses enveloppes qui marque la fin de la vie embryonnaire. Cependant , même ici, les deux caractères se trouvent encore réunis, quant à leurs points essentiels ; car l'organisme acquiert son indépendance en même temps que sa forme permanente, puisqu’alors seulement il est en état de se procurer lui-même sa nourriture, qui ne lui est plus fournie par un produit de la mère, c'est-à-dire par l'œuf.
&o Il y a néanmoins beaucoup d'êtres organisés chez lesquels la vie embryonnaire ne se termine point encore au moment où ils se débarrassent des membranes de l'œuf. Au sortir de ces membranes, ils représentent des espèces d'êtres intermédiaires entre des embryons et des organismes développés, qui, bien qu'en état de subvenir par eux-mêmes à leur nutrition, ne sont cependant que des larves. Or on entend par larves des êtres dont la forme totale n’a point encore complétement le caractère de permanence exprimant le type de l'espèce , et qui ne l’acquièrent que peu à peu, par une