AGES
De 8 & 15 ans 15 â 20....
30 à AO....
SEXE MASCfJLIN.
SEXK rtMiNiir.
Rr.
L*examen de ce tableau démontre donc que, conformément aux conclu* siens de Gavarret et Andral, la respiration est en effet plus active dans le sexe masculin. Mais, pour arriver à une série de résultats dont la précision n'aurait plus guère laissé à désirer, il eût fallu, nous l'avons dit, tenir compte du poids des sujets mis en expérience.
Le fiût le plus curieux^ découvert par Andral et Gavarret» est rinfluetice de la période de la vie où s'opère la menstruation sur Tintensité des phénomènes chimiques de la respiration chex la femme; il en sera parlé plus loin.
Les données précédentes font plutôt pressentir Tinflucncc des sexes sur la respiration qu'elles ne permettent de la formuler avec précision ; el^ si Ton ajoute qu'on ne peut^ dans l'état actuel des recherches physiologiques, citer aucune observation de ce genre sur les animaux, il devient manifeste que c'est là encore une question incomplètement résolue où existe une de ces nombreuses lacunes qu'il est aisé de signaler à ratlcntion^ mais qu'il est fort diflicile de combler.
L'étude, telle qu'elle vient d'être faite^ des modifications de la fonction respiratoire sous l'influence du sexe et de Tâge, est loin en effet de remplir
{*) Voyei plnt loin le ciMpiira intitulé : firrtrt M Là suiPUMOli DB Là inruiATtoii. (1) SouBLiM, loc eit.
le programme que comporterait une pareille question. Nous avons en quelque sorte été contraint de prendre pour mesure de Tintensité des pbénomènes respiratoires la quantité de carbone consommé; mais, en définitive, que nous apprend une observation aussi limitée? Sans doute il est permis d'en conclure quelque chose en ce qui concerne la consommation d'oxjgène, attendu que le rapport de la quantité d'oxygène contenu dans Tacide carbonique exhalé à la quantité d'oxygène absorbé est assez fixe dans l'espèce humaine ; mais nous restons dans une ignorance complète touchant les modifications de la transpiration pulmonaire et de l'exhalation d'azote. Il convient même de faire observer que le rapport entre la quantité d'oxjgène qui s'unit au carbone et la quantité d'oxygène inspiré doit varier suivant les âges et les sexes : les expériences précédentes ne peuvent pas nous renseigner sur toutes ces questions» et l'étude de ces influences attend une nouvelle série de recherches concernant l'homme et quelques espèces animales.
Nous aurions encore à faire des remarques analogues pour plusieurs des probl^"^*»* ''•'î nous restent à aborder dans ce chapitre. Si donc le lecteur regreue de ne pas trouver dans cette partie de notre ouvrage la solution de toutes les questions qui y sont traitées^ c'est qu'elle n'existe pas dans Tétat actuel de la science.
D. — Il est un certain nombre de circonstances toutes physiologiques dont l'action sur les phénomènes chimiques de la respiration ne saurait être contestée^ et qu'il n'est pas sans intérêt de passer en revue.
|o — x)ës ses premiers travaux, Lavoisier avait recherché quelle était comparativement la quantité d'oxygène absorbé par un homme à jeun, oa par ce même homme pendant la digestion. Nous mentionnerons rapidement les résultats de ses expériences à ce sujet :
Un homme à jeun et au repos, par une température moyenne de 32*,5 consomme, par heure^ 2/i*'S002 d'oxygène.
Le même individu, pendant la digestion et au repos, consomme, par heure, 37"S689 d'oxygène.
Le même homme, àjeun^ accomplissant le travail nécessaire pour élever^ en quinze minutes, un poids de T'^'^SiS à une hauteur de 199",776, consomme, par heure, 63**^^77 d'oxygène.
Enfin, la même personne, pendant la digestion et Taccomplissement do môme travail, consomme, par heure, 9i"',2/l8 d'oxygène.
Spallanzani (1) a démontré que, chez des colimaçons à jeun depuis longtemps, la production d'acide carbonique représente seulement les deui tiers de celle qu'on observe chez d'autres colimaçons qui, d'abord soumis au même jeûne, viennent de faire un copieux repas. Storg (2) sur divers insectes. Boussingault(3} sur des tourterelles, ont aussi constaté une nota-
(1) Sbnebier, Rapports de Pair avec les êtres organisés ^ t. II, p. 434.
(2) Storg, Disquis. physiol, circa respirât, insect. et verm. Rudoiftadt, 1805. (3} BovssiHGAULT, Ann. de chim. etdephys,, 1844, 3* série, t. XI, p. 448.
aUSBS QUI FONT VARIER L*INTBM81T£ D£S PHÊN. CHIM. DE LÀ RESPIRATION. 677
ble accélération du travail chimique de la respiration, après Fingestion des aliments. — Vierordt(l), dans de nombreuses expériences faites sur lui* même, a positivement reconnu que Texhalation d*acide carbonique, qui diminue sous Tinfluence du jeûne, augmente rapidement après les repas : ainsi un jour, ayant observé qu'à midi il dégageait 270 centimètres cubes d'acide carbonique par minute^ il resta à jeun, ce môme jour, jusqu'à deux heures, et alors Texhalation de ce gaz n'était plus que de 258 centimètres cubes; mais, une autre fois, exhalant 258 centimètres cubes du même gaz à midi, il fit un repas à midi et demi, et, à deux heures, l'exhalation attei* gnait le chiffre de 295 centimètres cubes par minute. Le phénomène avaH donc diminué, sous l'influence du jeûne, environ dans la proportion de 22 à 21; après le repas, il avait au contraire augmenté dans la proportion de 21 à 24. — Valentin (2) rapporte de semblables expériences qui conduisent aux mêmes conclusions. — Scharling (3) admet également, comme résultat de ses propres recherches, que l'homme rassasié consomme plus de carbone que l'homme à jeun : les différences observées sur divere individus montrent ici l'exhalation de l'acide carbonique augmentant après les repas dans la proportion de 2b à 33, de 27 à 38 ; chez un enfant de neuf ans, cette augmentation eut môme lieu dans la proportion beaucoup plus considérable de 16 à2/K. Horn [k) est venu constater ces résultats par ses propres observations.
Plus récemment, Edw. Smith (5), prenant pour terme de comparaison la moyenne de l'acide carbonique expiré, en vingt-qualre heures de repos, par quatre individus âgés de vingt-six à quarante-huit ans, moyenne qu'il évalue à 26,193 onces (742»',268), ou en carbone 7,144 onces (202»%450), est arrivé aux résultats suivants :
oUn jeûne continu de vingt-sept heures causait une diminution de 25 pour 100 d'acide carbonique, 30 pour 100 d'air, 37 pour 100 de vapeur d'eau, de 7 respirations et de 6 pulsations par minute. La totalité de carbone, dégagé dans les vingt-quatre heures d'un jeûne absolu, était de 5,923 onces, avoir du poids (168*%850), quantité à peu près égale à celle contenue dans 20 onces de pain (566 grammes), ou 7 onces 1/2 de graisse (212''). Il y avait toujours une augmentation de l'acide carbonique et des autres éléments après un repas, et une diminution avant le repas suivant. »
Pettenkofer (6) a recueilli, sur un même individu, 600 grammes d'acide carbonique pendant vingt-quatre heures de jeûne et 860 grammes dans le môme espace de temps quand cet individu avait été soumis à une alimentalion abondante.
(1) VmoRDT, PhysioL des Àthmtns^ Karlinibe, 1845, et Handwôrterbuch der Physiol. de R. Wagheb, t. U, p. 828.
(2) VALEHTiif, Uhrbueh der Physiologie^ 1847, 1 Bd., p. 584.
(3) SCHABLIHC, loc, CtU
(4) Hoax, Gat. méd. de Paris, 1850^ p. 902.
(5) Eow. Snn, Jounu de la physioL de t homme et des animaux, 1890^ p. 518.
(6) PETnnorBB, loc. ciu
PK 14 ASPIRATION,
n parait dono bien bort de doute que Tingeition des alimenta augmente à la fois Tabsorption de l'oxygène et le dégagement de Tacide carbonique ; quant i Tapote ei^halé et aux rapports existant entre ces divera phénomènes, on n'a pas d'expériences suffisantes qui autorisent à formuler une opinion sur la manière dont ils peuvent être modifiés en pareil cas.
3"* ^ Après avoir établi rinfluence de l'état de plénitude ou de vacuité de l'estomac sur l'intensité du travail respiratoire, nous sommes naturellement amené à examiner comment se modifie ce même travail lorsque le jeûne est porté jusqu'à Vinmition, Les documents que Ton possède sur ce point sont plus ou moins complets, et d'ailleurs asses nombreux pour obliger à en faire un choix et à ne s'attacher qu'aux plus importants. On comprend sans peine que des expériences de ce genre aient dû être faites sor les espèces animales plutôt que sur l'homme.
Marchand (1) a étudié, chez des grenouilles, Vinfiyênce d0 tinanitim sur l'absorption de l'oxygène et l'exhalation de l'acide carbonique. Dans trois séries d'expériencesi ces deux phénomènes, évalués pour un jour et pour un kilogramme du poids des animaux, ont varié de la manière suivante :
Observations de MABC9iin> sur des grenouHUs» -^ Absorption (foapyifènê et e^h^letiw d'acide carbonique poitr un kilogramme du poids de ces reptiles , penda$U vingt^q^tf* heures.
DCRËE DU JEU!9E.
3i jourt (19 juniet.12 août). .
36 joun (4 juillet-9 août). . • .
AS Joure (2A juin-li août) . . .
ABSOBPTION D'OXTGÈNE
avant le jeAne.
après le jeAoe.
CXHAI«ATI0II D'AC. CARBOmQ
avant le jeftne. après le j<HkiM