CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
et de la vitesse des convois qui charrient l’électricité, tout ce qui modifiera le nombre des ions libres et la vitesse des ions modifiera par là même la quantité d'électricité transportée et la conductibilité de la liqueur. Pour une substance donnée, le nombre d’ions dépend principalement delà dilution.
Presque les trois quarts des molécules électrolytiques du sérum
sont constituées parle chlorure de sodium dont les ions sont Na et Cl. Le reste est constitué par les autres sels inorganiques, principalement le carbonate de soude Co3Na2 (ou NaHCo3) et une quantité minime de sels organiques (sels de l'acide lactique, des acides gras et urates).
La conductibilité du sérum donne par suite la mesure approximative de la concentration des molécules inorganiques. Pour fixer les idées, rappelons que Oker-Blom a trouvé que la conductibilité moyenne du sérum de bœuf est à 2ô° égale à celle d une solution de chlorure de sodium à 7 p. 100 à la même température. A 25° cette solution a une conductibilité de 124,10.
Dans les conditions ordinaires les électrolytes des globules ne prennent pas part à la conduction à travers le sang total ou le sang défibriné. Pour qu elles y prennent part il faut que les électrolytes passent dans le plasma ou le sérum par suite d une altération ou de destruction de ces globules.
Y. Substances non conductrices de la partie liquide du sang. — Le plasma et le sérum constituent un mélange d’électrolytes divers et de substances non électrolytiques non conductrices.
Les corps non conducteurs sont constitués principalement pai les substances albuminoïdes. D’autres combinaisons organiques non dissociables interviennent également ; ce sont : le sucre, l’urée, la graisse, la cholestérine, les lécithinés, la créatine..., mais, l'ensemble de ces derniers corps peut être négligé par rapport à la masse des albumines.
La conductibilité des électrolytes est diminuée par l'addition des non conducteurs. La diminution dépend de la nature des électrolytes et des non conducteurs (Arrhénius). Chaque gramme d’albumine ajouté à 100 centimètres cubes de sérum diminue la conductibilité électrique de ce sérum de 2,5 p. 100 (St. Blgarsky et b . Iangl).
VL Rapport des électrolytes aux substances non conductrices. — Les électrolytes forment les trois quarts de toutes les molécules dissoutes dans le sérum.
Pour séparer les électrolytes, on soumet le sérum pendant un mois ou deux à la dialyse contre de l'eau distillée. On dessèche d’une part l’eau, d’autre part l'albumine et on reprend les résidus.
PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DU SANG
VII. Influence de la température. — La conductibilité s’accroît avec la température. Chaque élévation de température de 1° centigrade élève en moyenne la conductibilité du sérum de 2,21 p. 100 (Tangl et Bugarsky, Oker-Blom).
VIII. Modifications dans le sang conservé hors des vaisseaux. — La conductibilité du sang conservé hors des vaisseaux tend à augmenter d’une façon continue. Celle du sérum peut se maintenir à une valeur à peu près constante pendant un jour ou deux (125,0 à 25° pour le sérum de bœuf), parfois elle augmente. Oker-Blom attribue ce fait à la dissolution de quelques globules rouges demeurés dans le sérum ; peut-être pourrait-on faire intervenir la transformation en électrolytes de quelques molécules non électrolytes, comme cela a lieu pour l’urée qui par hydratation dans des conditions favorables donne du carbonate d’ammoniaque (Chanoz). La conductibilité du sérum provenant d’un caillot est plus grande que celle du sérum du sang défibriné. Exemple: La conductibilité du sérum d'un sang défibriné de bœuf était exprimée par le chiffre 109,8; celui du sérum provenant du sang coagulé, 114,40 (Oker-Blom).
IX. Influence de la destruction des globules. — Les électrolytes primitivement contenus dans les globules sont mis en liberté et tendent à augmenter la conductibilité du sang ; l’hémoglobine diffusée exerce l’effet inverse. L’addition de 1 gramme d’hémoglobine à 99 centimètres cubes de sérum abaisse la conductibilité de ce sérum de 0,8 p. 100 (Stewart). Suivant la prédominance de l’un ou de l'autre phénomène la résultante varie.
La dilution, le laquage parla chaleur augmentent la conductibilité du sang (Stewart, Oker-Blom, à. IIollett). Le laquage par la décharge d’un condensateur abaisse la conductibilité par suite de la diffusion de l’hémoglobine à l'exclusion des électrolytes qu’elle provoque (À. Rollett).
X. Influence delà dilution. — La conductibilité du sang ou du sérum rapporté au volume initial croît avec la dilution. Quelle que soit la dilution la conductibilité du sang est plus faible que celle du sérum. Cette différence existe entre les liquides non dilués pour deux raisons : dans le sang la dissociation est moins accusée et les globules s’opposent au déplacement des ions. Pour les grandes dilutions il y a encore une grande différence de même sens parce qu'après le laquage l’hémoglobine diffusée est un obstacle à la conduction de l’électricité. L’effet considérable de la dilution sur le sérum s’explique par l’augmentation du degré de dissociation de tous les électrolytes, le dédoublement hydrolytique