‹ Traité de physiologieChapitre 269 sur 374 · I .Azll · texte numérisé non relu

I .Azll

IIC = CII

ce qui explique la genèse du pyrrol et de 1 hémopyrrol.

L’action prolongée des oxydants tels que le persulfate d ammoniaque en présence d’excès d’ammoniaque détruit les radicaux organiques et isole le ter à l étal de pigment ocre d’oxyde de fer contenant une assez forte proportion de carbone (Küster, Hugoünenq).

Les dissolutions d’hématine traitées par les réducteurs alcalins (sulfure d'ammonium, hydrosulfite de sodium) deviennent d’un rouge vif et présentent un spectre d’absorption caractéristique. Le pigment nouveau qui apparaît dans ces conditions est Y hémochromogène (Stokes, Hoppe-Seyi.er) (l).

(1) D’après Bertin-Sans et Moitessier, Thémochromogène n’est pas le produit direct

de la réduction de l’héinatine pure. En traitant de Thématine pure en dissolution

dans de la soude à 1 p. 100 et 1 p. 1000 par des réducteurs tels que le sulfure arnmo-

nique Thydrosulfite de sodium, le sulfure neutre de potassium, le sulfure acide de

sodium, ces auteurs ont obtenu une substance qu’ils désignent sous le nom d’bema-

tine réduite et qui est caractérisée au spectroscope par une bande, dont le milieu est

sur 1). L’hématine réduite est transformée secondairement en hémochromogène par

addition soit d’un léger excès d’ammoniaque, soit de divers composés a fonction

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

L'hématine traitée en solution alcoolique par l’étain et l’acide chlorhydrique ou par le fer et l’acide chlorhydrique perd son fer et fournit de l'hématoporphyrine, puis, si l’on continue l’ébullition, un pigment jaune analogue à l’urobiline (Nencki et Sieber, Le Nobel).

VIII. Combinaisons de l hématine avec les acides. — Les premiers faits sont dus à Teichmann qui décrivit en 1 853 les combinaisons cristallisées formées soif avec l’acide chlorhydrique, soit avec l'acide iodhvdrique. Teichmann donna à ces combinaisons le nom d 'hémines pour ne rien préjuger de leur nature. Depuis, un grand nombre de savants ont confirmé et étendu les découvertes de Teichmann.

La découverte de Teichmann a des applications importantes en médecine légale, car il suffit de très petites quantités de sang pour obtenir avec certains acides des cristaux absolument caractéristiques. La première application de la méthode à la médecine légale est due à Brücke.

Hémines. — On donne le nom d’hémines aux combinaisons de l'hématine avec les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique. Ces combinaisons sont considérées non pas comme des sels vrais mais comme des éthers; on admet qu’elles se forment avec élimination d’une molécule d’eau (Nencki, Bia-

LOBRZESKI, KÜSTEr).

Préparation. — L'hémine chlorhydrique peut se préparer en grand d’après le procédé suivant indiqué par Schalfejeff. 200 centimètres cubes de sang défibriné sont mis dans un litre d'acide acétique glacial saturé de chlorure de sodium et porté au préalable à 90°-9b°. On chauffe pendant dix minutes au bain-marie, puis on filtre à travers une mousseline. Après vingt-quatre heures, le précipité formé est lavé avec de l’eau et de l’alcool à 60-70 p. 100, puis séché sur de l’acide sulfurique dans le vide.

L’hémine peut être obtenue avec des traces de sang (Teichmann, Hoppe-Seyler). A cet effet on dépose sur une lame de verre porte-objet une goutte d’eau contenant une trace de sang. On ajoute quelques cristaux très petits de NaCl ou une goutte d’une solution au 1/1000 de ce sel. On dessèche en ayant soin de ne pas dépasser 40° pour ne pas coaguler les albumines. Le résidu sec est humecté avec de l’acide acétique glacial. On recouvre la préparation avec une lamelle, puis on chauffe avec une lampe à alcool sans pousser jusqu’à l’ébullition de l’acide acétique. 11 se forme de l’acétate de soude et de l’acide chlorhydrique, lequel se combine à l’hématine. Au besoin on renouvelle une ou deux fois l’acide acétique que l’on dépose sur les bords de la préparation et on chauffe de nouveau légèrement. Florence recommande, pour réussir à coup sûr une préparation, d éviter un excès de NaCl (une trace suffit), de ne pas chauffer au-dessus de 45°, d’évaporer complètement l’eau avant l’addition de l’acide acétique et de couvrir la préparation d’une lamelle. Muller soumet les vieilles taches à l’action de l’acide acétique glacial pendant vingt-quatre heures, puis il place une goutte du liquide sur un porte-objet préalablement chauffé, ajoute une trace de NaCl et évapore ; l’auteur considère que la lamelle est inutile.

En remplaçant le chlorure de sodium (ou l'acide chlorhydrique) par le bro-

arninc : éthylamine, aniline, glycocolle, taurine... soit d’une trace d'albumine de 1 oeuf. — Dans le même ordre d'idées, Hoppe-Seyler avait remarqué qu’en solution très faiblement alcaline, l’hématine n'est pas attaquée par les réducteurs tels que le sullure d ammonium, mais que l’hémochromogène se produit, si on se trouve en présence d albuminoïdes, d’acide aspartique, de substances analogues ou encore d’un excès d'alcali.

HÉMATINE.

mure de sodium, l’iodure de sodium (ou les deux acides haloïdes correspondants) on obtient des cristaux d'hémine bromhydrique, d'hémine iodhydrique.

Le sang contient en général assez de chlorure de sodium pour que des cristaux apparaissent sans addition de ce sel ; pour la même raison, on constate souvent également la formation d’hémine chlorhydrique, lorsqu’on cherche à provoquer la formation d’hémine hrom- ou iodhydrique. Pour obtenir des cristaux d’un seul haloïde, il faudrait partir d'une préparation de sang privé de chlore ou d’une oxyhémoglobine cristallisée (de cheval, par exemple) bien pure (Robert).

Applications médico-légales. — Les cristaux d’hémine peuvent être obtenus avec des taches minimes de sang, avec les excréments des punaises, avec les puces et des insectes piquants (Schauenstein). La mouche domestique, d’après Mac Münn, aurait du sang contenant de l’hémoglobine ; Janecek prétend que ces excréments peuvent donner des cristaux d’hémine ; Robert n’a jamais obtenu aucun résultat positif. Les fèces normales de l’homme soumis à un régime mixte donnent des cristaux d’hémine. Pour les constater, il suflit de dessécher les matières, d’épuiser par l’alcool acidifié (acide sulfurique), puis de diluer avec une grande quantité d’eau, ce qui provoque la précipitation de 1 hématine ; le précipité est dégraissé par l éther, additionné d iodure de sodium et chauffé avec de l’acide acétique (Robert). Le cas échéant, le sang peut être recherché dans l’urine avec cette méthode.

Des différentes hémines, l’hémine iodhydrique donne le maximum de sensibilité. La plus petite quantité de sang [0,025mgr représentant 0,002 à 0,003m6r d’hémoglobine] donne des cristaux caractéristiques. La méthode est au moins aussi sensible que n’importe quelle méthode chimique pour déceler des traces de sang (Strzyzowski).

Forme et couleur des cristaux. — La forme est très variable et dépend du mode de manipulation (Florence). On peut voir des tablettes rhombiques biréfringentes, des colonnes, des étoiles, des rosettes, des faisceaux, des formes arrondies ou en fuseaux, des paragrafes ; ce dernier cas se présente surtout lorsque le sang a été en contact avec les alcalis forts ou le sulfure d ammonium (Robert).

Les cristaux d’hémine peuvent être vus au microscope, même avec un grossissement assez faible. Entre l’echec absolu et la réussite de beaux cristaux, il \ a un état intermédiaire où l’on n’obtient que des granulations informes, un sable d’hémine avec lequel on ne peut se prononcer en médecine légale ; le sang putréfié donne souvent ce résultat (Florence).

Les caractères cristallographiques de l’hémine (chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique) sont les mêmes chez tous les animaux, même chez les Invertébrés (Szigetti, Robert, Muller).

La couleur des cristaux varie suivant l’éther. Les cristaux d hémine chlorhydrique sont gris brun clair, ceux d’hémine bromhydrique biun lougeàtie, ceux d’hémine iodhydrique noirâtres (Strzyzowski).

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

On peut obtenir des cristaux de 1, 10, 20 et même 30 [i.

Conditions favorables et défavorables. — On n'est pas exactement fixé sur les

délais pendant lesquels il est encore possible de préparer avec le sang desséché des cristaux d’hémine. Un grand nombre de facteurs peuvent intervenir, à savoir la nature du substratum, la température, l'exposition au soleil, la putréfaction.

Au bout de cinq ou six mois les résultats sont inconstants (Lewin et Rosenstein). Cependant Montalti a préparé des cristaux après quatre ans ; Scriba avec du sang datant de quarante ans; Robert avec du sang datant de douze ans. On ne sait pas combien de temps le sang se conserve dans un cadavre placé dans les conditions ordinaires. Avec des momies Robert n'a eu (dans 4 cas) que des résultats négatifs. La putréfaction

n’est pas un obstacle, au moins au début. Montalti a obtenu dans ces conditions de très beaux cristaux. Au bout d’un certain temps la putréfaction constitue un obstacle (Florexce). Tamassia a recherché l'influence de la température sur le sang (probablement desséché). La cristallisation peut être obtenue après quatre ou cinq heures à 172° ; après dix minutes (même trente, Strzyzowski) à 190°; si on chauffe pendant vingt minutes à 200° centigrades, on n’obtient plus que des cristaux en petit nombre et atypiques. D'après Ratayama, Hammerl, la limite est 140°, 160°; d’après Wachiiolz, 200°. Le lait de repasser un mouchoir taché de sang, soumet la tache à 150° environ et n’empèclie pas l'obtention des cristaux (Tamassia). — La lumière solaire altère l’hémoglobine au point que la formation des cristaux d’hémine devient impossible (Ferrari, Morache). Hammerl a constaté que l'exposition au soleil d’un linge taché de sang pendant trois semaines, sept ou huit heures par jour, rend la préparation des cristaux impossible.

Un certain nombre de substances empêchent la formation des cristaux d’hémine lorsqu’elles sont ajouLées au sang; ce sont, d’après L. Lewin et W. Rosensteix : l’acide chlorhydrique concentré, l’acide azotique, l’acide iodique, l’acide bromique, le chlorate de potasse en excès, l'acide sulfurique, le fer métallique, ta rouille, l’acétate basique de fer, le chlorure de fer, plumbum aceticum, les sels d’argent, la chaux vive, le charbon, l'hydrogène sulfuré

Fig. 157. — Variétés de forme de cristaux d'hémine (d’après Florence).

HÉMATINE. G 71

(conduit plusieurs t'ois abondamment)... Robert, puis Strzyzowski ont constaté le même effet empêchant exercé par l’iode en nature, en solution alcoolique ou en solution iodurée, si le métal n’est pas en trop petite quantité. L’iode ne peutservir a donner des cristaux d’hémine que sous forme d’acide iodhydrique ou de iodhvdate. Résultats douteux : ferrum oxydatum fuscum, ferrum oxycliloratum. La présence des graisses n'est pas un obstacle; on peut du reste éliminer ces substances par le xylol, le benzol, un mélange d’alcool et d’éther (Lewin et Rosenstein, Muller, Richter). Le tannin, l’acide tannique n’exercent pas non plus d’action empêchante; toutes les taches reposant sur le bois donnent des cristaux, même lorsque le bois est riche en acide tannique (Richter, Nicoletti, Lewin et Rosenstein). Les couleurs d'aniline sont également sans influence (Richter,

Waciiholz). L’action défavorable du fer et de la rouille est réelle (Lewin et Rosenstein, Vitali ), mais a été, suivant quelques auteurs, exagérée; Dürnischen ko a obtenu des succès, même après dix ans de contact du sang avec le fer ; Richter,

Müllf.r conseillent de traiter la tache dans ces conditions pendant seize heures avec de l’acide acétique glacial.

Lewin et Rosenstein ont soutenu que l’on ne pouvait pas obtenir de cristaux d'hémine en partant de l’hémochroniogène ou de l’hématoporphyrine. —

Robert a réussi à provoquer de tels cristaux, très caractéristiques, après avoir transformé peu à peu des cristaux d’hémochromogène en hématine par le contact gradué de l'air. On obtient facilement des cristaux d’hémine en parlant de la méthémoglobine.

Toutes les préparations pharmaceutiques faites avec du sang ne sont pas favorables à la formation de cristaux d’hémine. Robert a obtenu des résultats positifs avec quelques-unes, lorsqu’il ne s’agit pas de simples mélanges des métaux ou de leurs sels métalliques avec le sang, mais de véritables combinaisons avec la matière colorante du sang. L’hémalogêne de Bunge, la ferratine de Schmiedeberg ne donnent pas de cristaux.

La formaldéhyde à 4 p. 100 employée pour la conservation des pièces n'empêche pas la formation de l’hémine (Robert, Waciiholz).

D’après Ascarelli, on ne peut obtenir de cristaux d’hémine chez le poulet qu’à partir du treizième jour de l’incubation.

Résistance des cristaux. Dissolvants. — Les cristaux d’hémine résistent à des températures très élevées. Us sont solubles dans le chloroforme additionné de quinine (Schalfejeff). Les lessives alcalines étendues dissolvent les cristaux en décomposant la substance ; l’hématine est mise en liberté et peut être précipitée par les acides. L’hématine est insoluble dans l’eau, l’alcool, l'éther, le chloroforme, les acides dilués (à la température ordinaire).

Produits d'addition de l'hémine. — L’hémine fournit très aisément avec les dissolvants employés des produits d’addition dont la forme varie suivant la substance considérée. L’hémine obtenue au moyen de l’acide acétique, suivant les pro-

Fig. 158. — Cristaux d'hémine (photographie d’une préparation).

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

cédés de Teichmann et de Sciialfejeff, est probablement, d’après Nencki et Zaleski, de l’acétylhémine dans lequel le chlore aussi bien que l’acétyl est combiné aufer. Cetacéthylhémine contient encore deux hydroxyles qui peuvent facilement se combiner avec des radicaux acides et alcalins et même avec des corps indifférents (Nencki et Zaleski). En dissolvant de l’acéthylhémine dans le chloroforme contenant de la quinine et en additionnant le liquide filtré de 5 vol. d’alcool méthylique saturé d’acide chlorhydrique, on obtient par refroidissement des cristaux d’hémine diméthylique, groupés en rosette et insolubles dans les alcalis et l’ammoniaque. En dissolvant l’acéthylhémine dans le chloroforme quinique et en le mêlant à de l’alcool éthylique à 90° bouillant contenant 3 p. 100 d'acide chlorhydrique, on obtient de l’acéthylhémine diéthylique et de l’acéthylhémine monoéthylique. L’acéthylhémine monoéthylique C36H3704Az4ClFe est soluble dans les alcalis; l’acéthylhémine diéthylique est formé par des cristaux groupés en étoiles insolubles dans l’ammoniaque, très solubles dans le chloroforme- L’acéthylhémine monoamylique C34ID2(CiiH11)Az4Fe04Cl est obtenu sous forme de cristaux rhombiques qui fondent au-dessus de 350°, très solubles dans le chloroforme, peu solubles dans l’alcool méthylique, éthylique, amvlique, très peu solubles dans l’ammoniaque. L’hémine de l’acétone est obtenue en coagulant des globules fraîchement déposés avec de l’acétone, puis en chauffant pendant cinq minutes le mélange avec de l’acétone et de l'acide chlorhydrique; le pigment se dissout et vire au rouge brun. On filtre sur mousseline. Par refroidissement le filtre laisse déposer des cristaux flexueux, allongés, comparables à des cheveux. La réaction est si facile à obtenir qu’elle peut servir à déceler le sang en médecine légale (Nencki et Zaleski).

D’après Wachholz on peut obtenir des cristaux d’hémine avec tous les acides forts organiques et tous les acides minéraux mêlés à de l’alcool à 90o-9o° (acide sulfurique et alcool, 1 : 10.000 ; acide lactique et alcool, parties égales).

D’après Axenfeldt, Strzyzoavski, Kobert, on obtient de véritables sels de l’hématine en chauffant quelques secondes du sang, de l’oxyhémoglobine, de l’hématine... avec une solution de certains acides dans la glycérine. Au bout de quelques secondes, on trouve au microscope de très petits cristaux ayant la forme de bâtonnets visibles seulementau microscope avec un objectif à immersion qui représentent probablement le sel des acides employés. Les auteurs ont employé des solutions de glycérine à 10 p. 100, des acides tartrique, oxalique, borique, salicylique, acétique, formique... ainsi qu’un mélange de deux gouttes d’acide sulfurique concentré avec 10 centimètres cubes de glycérine. La glycérine doit être aussi privée d’eau que possible; elle agit en favorisant par son point d’ébullition élevé la formation et la dissolution des sels.

Combinaison de l’hématine avec l’acide cyanhydrique. — L’existence d’une combinaison de l’acide prussique avec l’hématine présentant des caractères spectroscopiques particuliers niée par Lewin, est admise par Hoppe-Seyler, Strassmann, Szigeti, Richter. — E. Zieaike et Fr. Muller ont préparé de la cyanhématine en dissolvant de l’hématine amorphe dans du cyanure de potassium. Les caractères spectroscopiques diffèrent de ceux de l’hématine alcaline : on constate une bande mal délimitée occupant presque tout l’espace entre D et L ;

\ = 578 à 527 au lieu de X = 611 à 582

l’obscurcissement absolu commence à F.

Si on réduit la cyanhématine avec du sulfure d’ammonium, on obtient le

11ÉMATINE

G& 650 640 630 620 610 600 sfy 580 570 560 550 540 jjj| 52>| SK 500 4301 480

1, J..^:liiiJi;i:itnilnu ln.il, ln:i ! un : 1 1 ili , ■ il ■ . ,ili n , 1, :iili in Ji i i;i; i ; il

Qivhemoqlo ■ bine

Hémoglobine,

Méthémoglobine

neutre,

Méthémoglobiiu’

alcaline

Hématine acide k=644-634 >.'=583 -579 X'.àdO -553

XT=540 527

Hématine alcaline

flémoehromo gêne, >=565 -554 >'=536 -523

Cyanhématine

Cyanhémo chromogène

CyanniêtÀé mcylobine >=5 7 9-520

F ho tome thé moglobine >=583-522

Hématine

neutre

H ematoporphg rine acide' X. 808 -594 >'=584-572 >2=572-548

Hémedoporphy rine alcaline

Hémoglobine

ojcycarbonée >= 579-564 >=548-530

ès K. Ziemke et Fr.

'e ses dérivés

Mor.it et Doyon. — Physiologie.

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG 1 HÉMOGLOBINE

cyanhémochromogène dont le spectre diffère de l’hémochromogène par quelques particularités.

IX. Combinaison de l'hématine avec le bioxyde d'azote. — Le bioxyde d’azote se fixe sur l’hématine. Une dissolution d’hématine (ou d’hémochromogène) dans l’alcool ammoniacal absorbe ce gaz et prend une couleur rouge vif sans dichroïsme. Le spectre d’absorption de cette combinaison ressemble au spectre de l’hémoglobine oxyazotique. 11 présente entre D et E deux bandes dont la seconde est peu visible quand la dissolution est étendue. L’hématine oxyazotique est moins soluble dans l’alcool ammoniacal que l'hématine ordinaire. Les réducteurs (sels ferreux, sulfure d’ammonium...) sont sans action sur cette dissolution (Linossier).

X. Hématine végétale. — Linossier a retiré des spores de l'aspergillus niger un pigment noir qui présente une grande analogie avec l’hématine.

M. — HÉMOCHROMOGÈNE.

L’hémochromogène a été décrit pour la première fois par Stokes, qui obtint ce pigment en traitant les dissolutions d’hématine par les réducteurs alcalins. Uoppe-Seyler établit les rapports de ce nouveau pigment avec la matière colorante du sang normal. Il le considéia comme le groupement auquel l’hémoglobine doit sa couleur et ses propriétés vis-à-vis de l’oxygène et de l’oxyde de carbone. Pour celte raison, il désigna cette nouvelle substance sous le nom d'hémochromogène.

L’hémochromogène est difficile à isoler et à obtenir sous une forme solide et fixe. 11 est très instable. Au contact de l’air il absorbe de l’oxygène et se transforme en hématine. En solution acide, il passe facilement à l’état d’hématoporphyrine avec perte de fer.

Les médecins légistes ont le plus grand intérêt à connaître l'hémochromogène, car ce pigment peut être obtenu avec de très faibles quantités de sang et présente des réactions caractéristiques et très sensibles. Le spectre d’absorption est le plus sensible de tous les dérivés de l’hémoglobine (Lixossier, Florence). Une goutte d’une solution d’hématine dont une épaisse tranche n’aura pas donné de bandes suffira après réduction pour donner un spectre remarquablement éclatant et démonstratif. 11 suffit d’une trace de sang pour obtenir des cristaux caractéristiques (Z. Donogany).

Préparation. — L’hémochromogène peut être préparé soit en partant de l’oxyhémoglobine, soit en partant de l’hématine. Stokes obtenait l'hémochromogène en traitant les dissolutions d’hématine par des réducteurs tels que le sulfure ammonique, l’hydrosulfite de sodium ; Uoppe-Seyler, en dédoublant à l’abri de l’air l’hémoglobine réduite par un alcali ou un acide (1L Zeynek tait agir un

(1) Les réactifs et une dissolution d’oxyhéinoglobine sont placés séparément dans un appareil à boules. On fait passer à travers cet appareil pendant plusieurs heures un courant d’hydrogène ; on ferme à la lampe les deux extrémités, puis on provoque le mélange des deux liquides. Les matières albuminoïdes réduisent l’hématine qui se forme par dédoublement.

Sous l’inlluence de l’action des réducteurs sur les solutions alcalines (non ammoniacales) d’hématinc il se formerait, d’après Bertin-Sans et Moitessier, un composé intermédiaire : l’hématine réduite, caractérisé par un spectre spécial. Ce composé fournirait secondairement l’hémochromogène par l’action de l’ammoniaque, des amines ou des matières albuminoïdes (Bertin-Sans et Moitessier).

HÉMOCHROMOGÈNE.

petit excès d'hydrate «lhydrazine en solution à 50 p. 1 00 sur une solution <1 o.xyhémoglohine ou sur de l’hématine en solution ammoniacale- on chauffe doucement. Le pigment est précipité de ses solutions par un mélange d'alcool et d’ether. L’hémochromogène précipité «le ses dissolutions dans l’eau ammoniacale par l'alcool éthéré est une combinaison «le ce pigment avec l’ammoniaque. Irai té par la soude il dégage aussitôt des vapeurs ammoniacales (Linossier, Zeynek). Z. Donocany prépare l’hémochromogène en additionnant le sang 110 centimètres cubes) de sulfure ammonique (1 centimètre cube) et de pyri- «line (1 centimètre cube). Le même auteur a montré que si on additionne une

1, 2, 4, cristaux d’après IJonogany).

Fig. 160. — Cristaux d'hémochromogène. provenant du chien ; 3, de la chèvre, obtenus avec la pyridine

goutte de sang d’une goutte de pyridine et d’un peu de sulfure d’ammonium, et si ou recouvre la préparation d'une lamelle, il se forme de l’hémochromogène reconnaissable à ses caractères spectroscopiques. Le résultat est meilleur si le sang a été au préalable mélangé avec une solution concentrée de soude. Au bout de quelques heures, l'hémochromogène forme des amas rouge brun, qui peu à peu donnent naissance à des cristaux. Ceux-ci sont généralement des aiguilles, droites, courbes, ou ramifiées, isolées ou disposées en réseaux ou en gerbes colorées en rouge orangé. Parfois on observe des plaques. Les cristaux d'hémochromogène peuvent être obtenus même en partant d’une tache desséchée à la condition de traiter cette tache au préalable avec une solution diluée de soude. Donocany a obtenu des résultats positifs même avec des taches datant de vingt ans placées sur de la rouille.

Dvornitsciienko a constaté qu’une trace de sang sur un porte-objet additionné d une solution de KHO (lKIIO : 2H20), recouvert d’un couvre-objet, chauffé une ou

676 LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

deux minutes avec une lampe à esprit de-vin vire au rouge clair ou au pourpre (suivant l’épaisseur) et donne au microspectroscope un spectre à deux bandes (IL Les cristaux d’hémochromogène se conservent longtemps dans une préparation entourée de baume de Canada et préservée par ce moyen du contact de l’air (Robert). — En partant d’une préparation microscopique d’hémochromogène, on peut obtenir des cristaux d’hémine après avoir transformé le pigment en héma-

tine par l'accès ménagé de l'air (Robert).

Couleur et caractères spectroscopiques. — A l’état sec, l’hémochromogène est une poudre rouge. Les solutions alcalines ont une belle couleur rouge-cerise. Elles présentent un spectre d’absorption caractérisé par deux bandes, dont l’une, située à peu près au milieu de D et E, est de beaucoup la plus nette et persiste seule dans les solutions très diluées (2). A 50° les bandes disparaissent. En solution acide, l’hémochromogène présente quatre bandes ; toutefois il est possible que, sous l'influence de l’acide, il se forme un peu d’hématoporphyrine.

L’hémochromogène absorbe facilement l’oxyde de carbone. L’hémochromogène oxycarboné présente très sensiblement le même spectre que l’hémoglobine oxycarbonée (Hoppe-Seyler).

N. —HÉMATOPORPHYRINE.

L hématoporphyrine est un dérive de la matière coloiante du sang caiactcrisé par l’absence de fer. L’intérêt particulier de cette substance réside dans ce fait qu’elle constitue un terme de passage aux pigments biliaires , comme ces pigments, elle donne la réaction de Gmelin.

Préparation. — L’hématoporphyrine prend naissance lorsqu on tait agir à une douce chaleur de l’acide sulfurique concentré sur de l’hématine ou de 1 hémine. Le fer passe à l’état de sulfate, l’hématoporphyrine formée se dépose lorsqu’on étend d’eau la liqueur neutralisée par la potasse (Mulder, Hoppe- Seyler).

Nencki et Sieber ont substitué avec avantage une solution d’acide bromhydrique dans l’acide acétique à l’acide sulfurique, b grammes d’hémine ou d’acéthylhémine sont dissous peu à peu dans 7b centimètres cubes d acide acétique cristallisable saturé à 10° par du gaz bromhydrique. Le liquide est abandonné à lb° pendant trois ou quatre jours et agité fréquemment. La coloration passe du rouge brun au ton rouge de l’hématoporphyrine. On verse le mélange dans un grand excès d’eau, et sature par la soude ; l’hématoporphyrine se précipite ; on la purifie par redissolution dans la soude et neutralisation à 1 aide de 1 acide acétique.

C32 II31 Cl Az4 O3 Fe + 2Br II -+■ 3H1 2 O = hémine.

2C16 II18 Az2 O3 + Fe Br2 + HCl 4- H2.

hématoporphyrine

En l'absence d’Ü2 ou en présence de substances réductrices, l’hémochromo-

(1) Florence a montré qu’il suffit de monter une trace de sang sur une lame porteobjet dans une très petite goutte de potasse caustique à 30 p. 100 pour obtenir au bout d’une heure une substance identique ou voisine de l’hémochromogène et très stable.

(2) Lorsqu’on opère la réduction de l’hématine par le sulfure d’ammonium, on constate souvent une bande supplémentaire très pâle à cheval sur D, due à une action spécifique du réactif.

HEMATOPORPHYRINE.

gène fournit facilement au contact des acides faibles de l’hématoporphyrine ( IIoppe-SeylerE

Caractères. — La solubilité de l'hématoporphyrine diffère (et aussi sa constitution) suivant le mode de préparation de ce pigment. Les caractères spectroscopiques sont les mêmes.

L’hématoporphyrine obtenue par l’action de l’acide sulfurique concentré sur

BCotD E b, F G

Fig. 161.' — Caractères spectroscopiques de-la matière colorante du sanrj et de ses dérivés

(d’après Formanek).

l’hématine est en flocons presque insolubles dans l'alcool, l’éther, les acides étendus; facilement solubles dans les alcalis.

L'hématoporphyrine préparée par l'action de l'acide bromhydrique sur l’hémine est une poudre amorphe, brun rougeâtre, à peu près insoluble dans l'eau, l'acide acétique étendu, le benzène, le nitrobenzène, le bromure d’éthylène, un peu soluble dans l’éther, le chloroforme, l’alcool amylique, le phénol, facilement soluhle dans l’alcool, les alcalis caustiques ou carbonatés, les acides minéraux étendus; elle se dissout dans l'acide acétique cristallisable, mais cette dissolution abandonne peu à peu des cristaux h peu près insolubles dans

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

l’alcool el dans l'acide chlorhydrique étendu et facilement soluble dans les alcalis (Nexcki et Rûtsciiy) .

Les dissolutions acides présentent une belle teinte violette; rouge-cerise lorsqu’elles sont concentrées. Au spectroscope, on constate deux bandes, l’une faible entre C et 1), l’autre forte et plus large entre D et E, plus près de D que de E. Les solutions alcalines sont en partie violettes, en partie rouge ardent à brunes (le brun ne correspond pas aux solutions les plus pures). Au speclroscope : quatre bandes dont les principales sont à la droite de D.

Combinaisons. — L’hématoporphyrine peut se combiner avec les acides ou les bases, et former des éthers.

Le chlorhydrate C1RHl8Az203. HCl (Nexcki et Sieber) cristallise en aiguilles rhombiques rouges solubles dans l’acide chlorhydrique étendu. Les sels neutres (sel marin, chlorure de magnésium, sulfate d’ammonium...) précipitent le chlorhydrate de ses dissolutions.

La dissolution de l'hématoporphyrine dans la soude chaude abandonne par refroidissement la combinaison C1RH17NaAz203. H20 en cristaux bruns biréfringents associés en choux-fleurs. Ce sel est plus soluble dans l'eau que le chlorhydrate, peu soluble dans l’alcool froid.

L’hématoporphyrine se combine avec d’autres métaux ; elle donne aussi des dérivés méthylés et acétylés.

Produits d'altération. — L'hématoporphyrine et ses combinaisons sont facilement altérables. Desséchée à 100°, elle brunit, perd de son poids, et devient insoluble dans l’alcool et dans l’acide chlorhydrique faible. Chauffée à une température plus élevée, l’hématoporphyrine donne comme l’hématine des vapeurs à odeur de pyrrol.

Oxydée par les chromâtes ou les bichromates, elle fournit (50 p. 100) les deux acides hématiques C8Ii9AzO et C8fl805 identiques à ceux que donne l’hématine dans les mêmes conditions (Küster et Kôlee).

Sous l’influence de l’hydrogène naissant ou de l’acide chlorhydrique et de l’étain à chaud, l’hématoporphyrine est réduite et transformée en pigments voisins des pigments de l’urine. L’hématoporphyrine ingérée ou injectée au lapin se retrouve dans l’urine sous forme d’urobiline (Nexcki et Sieber).

Présence dans l'urine. — L’hématoporphyrine existe dans l’urine normale de l'homme d’une façon constante (1 milligramme p. 1000 d’après Garrod ; 2 milligrammes d’après Saillet). La quantité de pigment augmente au cours de certaines affections (maladies fébriles, maladie d’Artmsox, de Basedow, phtisie, saturnisme, syphilis héréditaire, après l’ingestion de sulfonal, trional, tétronal, de viandes noires saignantes, de légumes à chlorophylle.

Dans les cas où l'hématoporphyrine est intense (administration prolongée du sulfonal) l’urine prend la couleur du vieux vin de Bordeaux (Hammarstex) ou celle d’une solution alcoolique de sang-dragon (Salkowski). Dans la plupart des cas, la présence de l’hématoporphyrine n’est indiquée par aucun caractère apparent, et l’urine ne donne directement aucun spectre. H faut extraire la matière colorante de l'urine.

Garrod recommande le procédé suivant : 500 à 1000 centimètres cubes d’urine sont additionnés à froid de 20 centimètres cubes de soude à 10 p. 100. Le précipité est recueilli sur filtre, lavé, puis traité par de l’alcool additionné d’une quantité d’acide chlorhydrique suffisante pour que la dissolution soit complète. Le liquide, dont le volume ne doit pas dépasser 15 ou 20 centimètres cubes, est. examiné au spectroscope sous une épaisseur de 3 à 4 centimètres. Après examen

MÉTHÉMOGLOBINE.

<lu spectre acide on alcalinise avec de l’ammoniaque, on redissout par addition d acide acétique et on épuise par le chloroforme. La solution chloroformique présente alors le spectre à quatre bandes de l’hématoporphyrine alcaline et parfois aussi la bande d’urobiline.

Le procédé de Salkoayski est applicable surtout dans les cas où les urines sont riches en hémoporphyrine. On additionne 30 centimètres cubes d’urine d’une solution alcaline de chlorure de baryum (volumes égaux d’une solution de chlorure de baryum à 1/10 et d’eau de baryte saturée à froid) jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité. On filtre, on lave plusieurs fois à l’eau, puis à 1 alcool le précipité obtenu, puis après l’avoir laissé égoutter, on triture la masse dans un mortier avec six à huit gouttes d’acide chlorhydrique et autant d alcool absolu qu’il en faut pour obtenir une purée liquide. On attend quelque emps et on chauffe modérément, on jette sur un filtre sec. L’extrait ne doit pas mesurer plus de 6 à 8 centimètres cubes; puis on étudie au spectroscope.

L urine contient vraisemblablement souvent un chromogène de l’hématoporphyrine. Des urines qui ne fournissent aucun spectre laissent voirie spectre de 1 hématoporphyrine alcaline après addition d’un alcali et celui de l’hématoporphyrine acide après addition d’un acide. En épuisant à une lumière artifiielle de 1 urine normale par de I éther acétique après addition d’acide acétique, puis exposant l’extrait à la lumière solaire, Saillet a vu la quantité d’hématoorphyrine passer du simple au quadruple.

Applications médico-légales. — Struve (1881), Kratter, Hammerl, Ipsen, Dvornitschenko, etc., ont tiré parti de l hématoporphyrine, alors que d’autres méthodes de recherche du sang ne donnaient rien, surtout dans les cas de tissus ou de taches directement mais incomplètement brûlés, ou encore depuis longtemps desséchés et putréfiés. La teneur normale des tissus du cadavre en sang, suffit alors en général pour les poumons, les muscles; la peau donne des insuccès. On additionne le tissu ou la tache d'acide sulfurique concentré et on recherche les caractères spectroscopiques.

O. MÉTHÉMOGLOBINE.

I. Historique. — Le nom de méthémoglobine est dû à Hoppe-Seyler. Ce savant découvrit celle substance en 1865, mais ne la distingua pas bien de l’hématine. En 1867, Gamgee obtint de la méthémoglobine avec le nitrite d’amyle; en 1868. Preyer établit que la méthémoglobine est une substance bien distincte des autres dérivés connus de la matière colorante du sang; en 1879, Marchand constata l'action du chlorate de potasse; en 1883, Hüfner et Otto préparèrent la méthémoglobine à l’état cristallisé.

II. Agents qui provoquent la formation de la méthémoglobine. — La méthémoglobine se produit spontanément au contact de l’air, à la longue dans le sangexposé à l'air ou sous l'influence de certains microbes (Filipowsky).

Les agents chimiques qui provoquent sa formation sont nombreux et très divers, à savoir :

L’ozone, l’iode, le persulfate d’ammoniaque, l’hypochlorite de soude, le permanganate de potasse, le ferricvanure de potassium, les chlorates, les nitrites, par exemple, le nitrite d’amyle, les nitrates, les vapeurs nitreuses, l’acide osmique.

Lepyrogallol, l’hydroquinone, la pyrocatéc.hine.

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG ! HÉMOGLOBINE

L’hydrogène naissant, l'hydrogène palladié, l’hydrogène arsénié.

La nitroglycérine, le nitrobenzol, la térébenthine, l'aniline, la toluidine, la thalline, l'aniline, l’antifébrine, la phénacétine, l’acétanilide, la kairine, le phénokoll, la lactophénine, le bleu de méthylène, la pyrodine, la toluène-diamine, l'antipyrine, l’hydrazine, la phénylhydrazine, l’alloxanthine, l’hydroxylamine chlorhydrique...

Les acides, l’acide chromique, etc...

L’action des radiations du radium a pour effet de transformer peu à peu l’hémoglobine en méthémoglobine (V. Henri et A. Mayer).

Exemple. — Un moyen rapide et sûr pour obtenir de la méthémoglobine, consiste à faire une solution à 1-4 p. 100 de sang dans de l’eau distillée, puis à ajouter quelques cristaux de ferricyanure de potassium. On agite au contact de l’air puis on sépare rapidement le liquide du ferricyanure non dissous et on renouvelle l’opération jusqu’à ce qu’on ne constate plus au spectroscope les raies de l’oxyhémoglobine (Robert).

La méthémoglobine peut être produite en partant de l’hémoglobine réduite, mais seulement en présence du ferricyanure ou du permanganate de potassium (Henninger, Zeynek).

La méthémoglobine peut apparaître dans l’urine, labile. On l’a trouvée dans certains liquides kystiques, dans des tumeurs de l'ovaire, dans des foyers anciens produits par l'extravasation du sang dans le tissu cellulaire.

Dans les taches de sang la matière colorante se transforme d’abord en méthémoglobine puis en hématine; toutefois la méthémoglobine persiste parfois pendant plus de dix ans (A. Klein). Sur le cadavre, la méthémoglobine, lorsqu'elle existe, est transformée par des processus réducteurs en hémoglobine, fait dont les médecins légistes doivent être avertis.

[H. Conditions. — Les agents qui transforment l’oxyhémoglobine en méthémoglobine n'agissent pas dans toutes les conditions.

Le chlorate de soude, l’aniline, l’acétanilide ne provoquent pas la formation de la méthémoglobine pendant la vie chez certains animaux tels que le lapin, le cobaye, la grenouille, mais agissent sur le sang de ces animaux post mortcm ou in vitro.

Certaines substances empêchent jusqu’à' un certain point la formation de méthémoglobine aux dépens de l’oxyhémoglobine in vitro comme au sein de l’organisme.

Exemple. — L’injection préalable de carbonate, bicarbonate, d’acétate de soude, permet d’élever la dose mortelle de nitrite de sodium, d'aniline ou d’acétanilide chez le lapin. Le nitrite de sodium est particulièrement actif dans les conditions normales. Injecté sous la peau à la dose de 170 milligrammes par kilogramme, il tue le lapin en cinquante minutes environ. Une injection de 50 centigrammes de carbonate de soude pratiquée une heure ou une demi-heure avant l’injection d’une forte dose de nitrite (ISO à 160 milligrammes par kilogramme) préserve l’animal. 11 ne se forme pas de méthémoglobine (Masoin).

D’après IIayem, Hénocque, certains toxiques agissent sur la matière colorante in situ sans détruire les globules rouges ; ce sont, parmi les plus importants: les vapeurs nitreuses, le nitrite d’amyle en inhalations. Le sangagité à l'air reproduit l’oxyhémoglobine. D'autres détruisent plus ou moins les globules, tels l’acide pyrogallique, le permanganate de potasse, l’acide chromique, les chlorates de potasse et de soude, le nitrite de soude. D'autres ne paraissent agir

METHEMOGLOBINE.

que sur la matière colorante dissoute: tels sont les ferricyanures de potassium et de sodium.

Si on ajoute à du sang du ferricyanure de potassium, on ne constate aucun effet; il suffit d’ajouter au mélange de l’eau distillée qui dissout les globules, pour obtenir la transformation de la matière colorante.

Le nitrite d’amyle ajouté au sang agit lentement et surtout à chaud.

IV. Caractères du sang. — La méthémoglobine donne au sang une coloration brune. Elle lui enlève le pouvoir de fixer de l’oxygène, d’éliminer de l'acide carbonique et expose à l’asphyxie.

Ad. Denmg a constaté chez le chien qu'après l'ingestion d’antifébrine ou de phénacétine, la survie est impossible lorsque les 2/3 de l’oxyhémoglobine sont remplacés par de la méthémoglobine.

V. Propriétés de la méthémoglobine. — La méthémoglobine cristallise sous la forme d’aiguilles, de prismes ou de tablettes à six pans (IIüfxeh et Otto, Zeynek). Elle est un peu soluble dans l’eau (celle du porc se dissout à raison de 5sr,851 pour 100 centimètres cubes d'eau), insoluble dans l’alcool, l'éther. Les dissolutions aqueuses de méthémoglobine ont une couleur jaune rougeâtre ou rouge brun suivant qu’elles sont peu ou très concentrées. Les solutions alcalines sont franchement rouges. L'agitation à l’air ne modifie pas les couleurs des solutions. Le sous-acétate de plomb précipite la méthémoglobine (il trouble aussi les solutions d’oxyhémoglobine), le précipité est soluble dans un excès de réactif (Hoppe-Seyler).

La méthémoglobine est une substance optiquement bien caractérisée. Les caractères spectroscopiques des solutions varient suivant la concentration et la réaction du milieu. Le spectre de la méthémoglobine (neutre ou légèrement acide au tournesol), celle qu’on obtient par l’action du ferricyanure de potassium sur des dissolutions de sang ou d’oxyhémoglobine, présente, pour une épaisseur ou un degré de dilution convenable, quatre bandes nettement délimitées. La bande la plus nette est dans le rouge ; une moins nette se trouve entre les lignes 6 et F ; les deux autres, situées entre D et E, sont moins accusées, surtout celle qui est située dans le voisinage de D (1).

Les solutions de méthémoglobine rendues alcalines par une goutte de potasse ou d’ammoniaque présentent un aspect différent. Les bandes situées dans le rouge et le bleu disparaissent. Le spectre est constitué par trois bandes : une pâle avant 1) et deux autres entre 1) et E qui pourraient être confondues

avec les bandes de l’oxyhémoglobine. — On observe en réalité deux bandes entre D et E; l’ombre dépasse I) et prend en intensité vers le rouge.

Fig. 1G2. — Cristaux de méthémoglobine (obtenus en traitant le sang du lapin par le nitrite de sodium; association de cristaux, prismatiques, très allongés, rhomboïdes; au spectroscope les troi s bandes caractéristiques étaient nettement visibles (d’après Hénocque).

(1) Les deux bandes situées entre I) et E occupent la position de deux bandes de l’oxyhémoglobine. Plusieurs auteurs (Henninger, Araki, Uittrich, Leavin) soutiennent qu'elles proviennent d'un reste d’oxyhémoglobine non transformée; d’autres (Bertin- Sans, E. Ziemke et Fr. Muller) qu’elles appartiennent bien en propre à la méthémoglobine. Henninger en partant de l’hémoglobine réduite, n’a pas vu apparaître les bandes 2 et 3 de la méthémoglobine.

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

Le spectre de la méthémoglobine acide peut être confondu avec celui de l’hématine acide. On les différencie en se rappelant que l'action des agents ré lucteurs tels que le sulfure d’ammonium ou la putréfaction transforme la méthémoglobine en hémoglobine réduite, tandisque les solutions acides d’hématine ne se transforment jamais en cette substance. De plus, quelques gouttes d’ammoniaque ou de solution concentrée de potasse donnent le spectre de la méthémoglobine alcaline très distinct de celui de l’bématine alcaline.

Si l’hématine est accompagnée d’oxyhémoglobine, la distinction d’avec la méthémoglobine est difficile.

VI. Dérivés. — La putréfaction, l’action des réducteurs tels que le sulfure d’ammonium, l’hydrosulfite de soude, l’indigo blanc transforment la méthémoglobine en hémoglobine qui régénère l’oxyhémoglobine au contact de l’air (Stores, Hoppe-Seyler, Bertix-Sans et Moitessier). Les acides et alcalis forts la dédoublent en hématine et en une substance albuminoïde. Les solutions très diluées de méthémoglobine prennent une belle coloration rouge clair, sous l’influence de l’eau oxygénée; lorsqu’on chauffe ces solutions, il se forme de l’oxyhémoglobine (Robert).

Le bioxyde d'azote déplace l’oxygène ; il se forme de l’hémoglobine oxyazotique. L’oxygène déplacé se porte sur le bioxyde d’azote qu’il transforme en acides azotique et azoteux (Hüfxer et Külz).

La méthémoglobine fixe l’ acide cyanhydrique (Robert). Il suffit de0Kr000 003 d’acide pour modifier d’une façon caractéristique 1 centimètre cube d’une solution de méthémoglobine à 1 p. 100. Le spectre de la cyanméthémoglobine présente une large bande entre D et b dans le vert et une très grande ressemblance avec celui de la cyanbématine. Réduite par le sulfure d’ammonium, la cyanméthémoglobine donne de l’hémoglobine réduite (Robert, Ziemke, Fr. Müller). La formation de la cyanméthémoglobine explique la coloration rouge clair de la muqueuse stomacale et des taches cadavériques dans 1 empoisonnement par l’acide cyanhydrique ou les cyanures (Robert). Masoin et Verbrugge ont montré que dans l’intoxication par les cyanures le sang veineux devient rouge vif en présence de l’oxygène.

Les solutions brunes de méthémoglobine préparées en faisant agir du ferricyanure de potassium sur des dissolutions d’oxyhémoglobine virent au rouge sous l’influence de la lumière; au spectroscope on constate une bande dans le vert. La lumière solaire est surtout active. Une solution à 1 p. 100 de méthémoglobine exposée pendant trente minutes sous une épaisseur de 3 millimètres au soleil de midi pendant l’été est complètement transformée (Bock, v. Zeyxek, Robert). La matière colorante qui prend naissance dans ces conditions a été désignée sous le nom de photométtv’moglobine. En réalité, ce pigment est la cyanméthémoglobine. La lumière décompose partiellement le ferricyanure entraîné par la méthémoglobine; l’acide prussique mis en liberté se combine avec la méthémoglobine (.1. Haldane, V. Zeyxek, Ziemke et Müller).

Les dissolutions de méthémoglobine absorbent Yacide carbonique. Le gaz est fixé en quantités d’autant plus considérables que la pression est plus élevée. La courbe d’absorption a la môme forme que celle de l’hémoglobine carbonique (Bohr).

D’après quelques auteurs, la méthémoglobine fixe Y oxyde de carbone. Si on fait passer un courant d’oxyde de carbone à travers du sang dont la matière colorante a été transformée en méthémoglobine au moyen du ferricyanure de potassium, le liquide passe du brun au rouge clair et présente un spectre carac-

BIBLIOGRAPHIE

térisé par une large bande entre D et E. Ce spectre n'est, pas modifié par l’agitation à I aii'; le sulfure d’ammonium fait apparaître deux bandes de celles de 1 hémoglobine oxycarbonée ou de l’hémochromogène oxycarbonée (Szigeti). D après Bertin-Sans et Moitessier, l’hémoglobine oxycarbonée est transformée par le ferricyanure de potassium en méthémoglobine, tandis que l’oxyde de carbone mis en liberté resterait dessous dans le liquide. Weil et Anrep ont soutenu qu il se produit dans ces conditions de la méthémoglobine oxycarbonée.

\ II. Constitution chimique. — La méthémoglobine a été rapprochée tantôt de 1 oxyhémoglobine, tantôt de 1 hémoglobine réduite. Le plus généralement on inclinait à admettre avec Hüfner que la méthémoglobine présente la même constitution que l’oxyhémoglobine, mais que dans le premier pigment l’oxygène déplaçable par les réducteurs est plus fortement lié que dans le second. Le vide est en etïet sans action sur la méthémoglobine. — L’opinion de Hüfner était basée sur les déterminations suivantes: a) L’oxyhémoglobine et la méthémoglobine (du sang de porc) présentent la même composition centésimale. 6) La quantité d’oxgène que perd une dissolution de méthémoglobine en se transformant en hémoglobine réduite est égale à celle que perd une solution d’oxyhémoglobine de même concentration (Hüfner et Külz. — Lambling). La constitution de la méthémoglobine est cependant loin d’être élucidée. Récemment Haldane, v. Zeynek ont constaté que lors de la formation de la méthémoglobine sous l'influence de l’action du ferricyanure ou du permanganate de potassium sur l’oxyhémoglobine la première phase de transformation est caractérisée par la mise en liberté complète de l’oxygène faiblement combiné. Le ferricyanure est réduit à l’état de ferrocyanure. La quantité d’oxygène déplacée peut atteindre deux volumes pour un volume d’oxyhémoglobine (Hüfner). La réaction peut être appliquée au dosage de l'oxygène dans le sang (Haldane). Avec le nitrite de sodium le dégagement de l’oxygène n’a pas été observé.

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LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES

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