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LXXVII

On sait que les membranes les plus extérieures, qui enveloppent le fœtus dans la matrice et en dehors du chotion, ne lui appartiennent pas originairement, ni ne proviennent pas de l'œuf, mais qu'elles sont un produit de l'activité de l'utérus. Des opinions très-différentes régnent , parmi les auteurs, sur la manière dont se produisent ces membranes j on a formé à ce sujet des théories , qui expliquent de différentes manières les faits analomiques. Nous allons d'abord chercher à connaître les rapports fournis par une analyse soigneuse de ces derniers et plus tard seulement (§ LXXXII) nous ferons en sorte de résoudre, d'une manière tout à fait indépendante, la question : comment se sont formées les enveloppes utérines de l'œuf (l). Les observations, sur la manière dont se comporte la surface muqueuse de l'utérus, après la conception (2), nous apprennent qu'avant l'arrivée de l'œuf, il s'y produit une exsudation d'une masse albumineuse , qui gagne bientôt de la consistance, prend l'apparence d'un coagulum fibrineux et se forme en une membrane délicate, qui devient de plus en plus épaisse et prend tout à fait la forme de l'utérus. Cette membrane se produit aussi, dans les cas où l'œuf n'arrive pas dans l'utérus et se développe, par anomalie, dans la trompe ou dan& l'abdomen {gra-

viditas extra-uterina — tubaria — dbdominalîs (3). Dans les huit premiers jours cette exsudation remplit tous les creux de la muqueuse de l'utérus ; d'un autre côté les vaisseaux sanguins de cet organe s'accroissent et se développent dans cet enduit, qui est ainsi organisé ; des réseaux capillaires environnent les flocons de cette nouvelle membrane : ils s'enfoncent dans les creux de la muqueuse (lab. VIII. fig. IX.). Plus cette enveloppe se forme et plus son organisation est avancée; sa surface intérieure est unie; l'extérieure, qui repose sur les parois de l'utérus , est villeuse et rude ; son épaisseur est d'environ une ligne, dans le troisième ou quatrième mois de la grossesse , époque à laquelle elle est le mieux développée : on peut aussi alors l'obtenir en entier en la détachant de l'utérus (Tab. XI. fig. I. ïab. XII. fig. IV.); elle a une couleur d'un gris rougeâlre et quelquefois d'un gris blanchâtre et une consistance semblable à celle de la fibrine coagulée. Examinée au microsco|)e, cette membrane présente des cellules plates, qui contiennent des nuclei de 1^00 à 1^300 de ligne et à côté de ceux-ci, unequanlitéplus ou moins grande de petites molécules (Tab. XI. fig. V.); les cellules sont superposées et placées les unes à côté iXes autres comme les pierres d'un pavé, et se distinguent ainsi tout à fait de l'épithelium cylindrique de la muqueuse propre de l'utérus , qui semble se détacher et fait place à une nouvelle production. La vraie membrane nidulante, ou membrane caduque, decidua vera (c'est ainsi qu'on l'appelle) forme ou un sac fermé de toute part et recouvrant les orifices des trompes» dans lesquelles elle envoie même des prolongements , et l'ouverture interne du col de l'utérus ; ou bien elle représente un sac ouvert dans un de ces points. Cette ouverture existe le plus souvent à l'orifice interne du col utérin, où parfois on trouve aussi des appendices en forme de lambeaux , qui sont des excroissances de la membrane nidulante (Tab. X. fig. I. Tab. XÎI. fig. III.) ; souvent aussi elle existe à l'entrée d'une trompe ou de toutes les deux (Tab. IX. fig. I. Tab. XII. fig. II.) (4). Parfois, mais rarement, cette membrane s'introduit un peu dans le col de l'utérus; toutefois dans ce dernier on rencontre plutôt un bouchon gélatineux, qui, placé dans l'esprit de vin,

acquiert une grande consistance ; il a une apparence villeuse et s'e'lève des creux de la muqueuse du col de l'ulérus; au deuxième mois il apparaît comme une faible exsudation ; pendant le troisième il augmente de volume et gagne en consistance (Tab. X. fig. I. Tab. XII. lig. III.); enfin au quatrième mois, il atteint son développement le plus parfait (Tab. XI. fig. I. Tab. XII. fig. V.). Il semble que ce soit une formation essentielle , qui arrive à son summum de développement en même temps que la decidua vera. Si on examine des utérus pendant la première moitié de la grossesse, mais surtout pendant le deuxième et le troisième mois , on trouve que l'œuf n'est pas immédiatement enveloppé par la decidua vera, mais recouvert d'une enveloppe en forme de vessie ou de bourse , analogue à la membrane nidiilanle et qui passe immédiatement dans celte dernière au moyen d'un pli plus ou moins circulaire (Tab. X. fig. L Tab. XI. fig. I. Tab. XII. fig. Il et III.) ; de sorte que celte nouvelle membrane se présente comme une partie renversée de la membrane nidulante et suspendue dans l'espace interne de cette dernière. Cette membrane , qui enveloppe immédiatement l'œuf , est appelée la membrane nidulante réfléchie , ou la membrane caduque réfléchie decidua reflexa; sa structure est tout à fait semblable à celle de la vraie membrane nidulante, seulement elle est communément plus mince; sa surface externe, qui regarde la surface interne de la decidua vera, est lisse et pourvue , comme celte dernière , de petits enfoncements ; sa surface interne , qui est en rapport avec l'œuf, est rude et est attachée intimement aux flocons ramifiés du chorion , dont on peut facilement la séparer dans les premiers moments : cela devient difficile plus lard, et tout à fait impossible dans le troisième mois. Un point de l'œuf n'est recouvert ni par l'une ni par l'autre de ces deux membranes adventives : ce point est celui où se forme le placenta ; il répond ordinairement au point de renversement de la decidua reflexa; on y trouve une couche épaisse d'une matière analogue à celle de la decidua, qui attache l'œuf à la paroi de l'utérus et se soude complètement aux bords externes du plis de renversement de la decidua vera; cette cou-

che a reçu le nom de decidua serotina, parce qu'elle semble «e former plus tard que les autres membranes de ce nom. Lorsqu'il n'y a pas d'œuf dans l'utérus et qu'il existe une grossesse extra-utérine , on ne trouve que la decidua vera ; la reflexa et la serotina manquent ; la cavité contient un liquide albumineux , qui parfois remplit aussi l'espace compris entre les deux membranes caduques , avant qu'elles ne se touchent {Hydroperione de Breschet) . Il n'est pas rare de pouvoir démontrer, sur des œufs avortés dans les trois premiers mois, les membranes caduques vraie et réfléchie , de même que la couche sérotine • parfois on trouve alors l'œuf enfermé dans ces deux sacs • mais plus souvent on ne trouve que la vraie caduque divisée en lambeaux plus ou moins grands, pendant au point de renversement (Tab. VIII. fig. V.Tab. XII. fig?. I. a.) : la caduque réfléchie est le plus souvent dégénérée, plus épaisse au lieu d'être plus mince, par suite des infiltrations sanguines, qui accompagnent l'avortement (5). Parfois la caduque réfléchie paraît réellement manquer, comme semble l'indiquer des observations faites sur des utérus dans l'état de grossesse et sur des œufs avortés et à l'état normal dans leurs autres parlies (6). A une époque plus avancée de la grossesse on ne peut que difficilement séparer les deux membranes nidulantes et en dernier lieu on ne le peut plus j elles se soudent ensemble, par suite du contact intime et de la pression de l'œuf trèsgrossi : on peut encore les démontrer sur des œufs à terme et au délivre, sous forme d'une membrane simple, épaisse et continue (7). Plus tard , plusieurs semaines après l'accouchement, la muqueuse utérine est encore très-gonflée et quelques parties en sont rejelées , qui sont expulsées en même temps que les lochies (8). Chez les mammifères on ne trouve qu'une simple enveloppe nidulante ; jamais il n'y a une caduque réfléchie (9).

(1) Il n'y a peut-être pas de sujet en anatomie et en physiologie qui ait été l'objet d'autant de controverses que la membrane nidulante ; abstraction faite des observations évidemment erronées et superficielles et des fausses interprétations théoriques , on peut rapporter à des cas particuliers une masse d'opinions qui semblent se contredire. J'ai esquissé l'exposition ci-dessus

d'après des observations propres assez nombreuses ; j'y ai consacré une suite de figures toutes dessinées d'après nature , dans mes Icônes physîologwœ. On peut comparer en outre, pour connaître les différentes observations et opinions, ainsi que ceux qui les ont émises, les expositions données par Burdach, Valentin , Velpeau, Iîreschet, Seileu, etc. , et mon mémoire sur la membrane caduque, inséré dans les Archives de Meckel , 1830 , p. 73. Parmi les anciens observateurs, Hunter avait déjà donné une description et des figures contenant ce qui est le plus essentiel. Il a aussi décrit et figuré le bouchon gélatineux du coi de l'utérus. Ut. grav. Tab. XXV et XXVII. — Dans ma description je n'ai donné que des observations , voyez plus loin § LXXXII, pour l'explication.

(2) Les observations qui se rapportent au temps qui précède l'arrivée de l'œuf dans l'utérus , sont dues à Baer et à E. Weber. Le premier a décrit l'enveloppe interne de l'utérus et la formation des vaisseaux, huit jours après la fécondation , dans Siebold journal f. Geburtshillfe Vol. XIV. 403 , il en a donné une figure, copiée dans mes Icon. phijsiol. Tab. VIII. fig. IX, et reproduite par Baer dans son Histoire du décelopp. II. Tab. VI. fig. 4. — Voyez la description de la première formation de la membrane caduque dans l'utérus par Ed. Weber , dans YAnatomie de H'Mebrandt, publiée par E. H. Weber. Tol. IV. p. 466.

(3) Dans la majorité des cas , on a trouvé la membrane caduque dans les grossesses extra-utérines ; dans d'autres cas elle est restée inaperçue ou elle a été considérée comme faisant partie de la membrane muqueuse gonflée de l'utérus.

(4) Je suis convaincu (et mon opinion repose sur des expériences qui me sont propres) que le point tant débattu de l'existence ou de la non-existence des trois ouvertures de la membrane caduque , ne présente rien d'essentiel ; tous les observateurs depuis Hcnter (voyez l'exposition donnée par Valentin. p- 58) peuvent avoir raison, soit qu'ils aient décrit une, deux ou trois ouvertures , soit qu'ils n'en aient pas vu du tout; en effet si l'exsudation est abondante, le produit peut se répandre sur les trois ouvertures de l'utérus et donner ainsi lieu à une membrane fermée de toutes parts; mais il peut arriver aussi que cela n'ait pas lieu et qu'une ou plusieurs des ouvertures restent sans être recouvertes ; dans ce cas la membrane caduque reste ouverte dans ce point, et ceci a le plus souvent lieu à l'orifice interne du col de l'utérus, comme l'ouverture la plus grande.

(5) D€S cas semblables , où l'on trouve , sur des œufs avortés, la caduque vraie plus ou moins conservée sur la caduque réfléchie , sont très-nombreux et en général j'en ai toujours vu au moins un lambeau au point de renversement. Comme on peut beaucoup plus facilement faire des observations sur ce sujet que sur les œufs placés dans l'utérus , je vais indiquer un certain nombre de figures qui y appartiennent, analogues à celles données dans les Icon. physiol. Tab. VIII. fig. V. et Tab. XII. fig. I : Hunter de utero gravido. Tab. XXXIII. fig. 1, 2, .3, 4, — copiées par Loder. Tab. XC. fig. 1, 2 , 3, 4 —Velpeau. Tab, VIll. fig. 3.ct 7. Tab. J.I. fig. 2.— Breschet. Tab. II. fig. 3. Tab. IV. fig. 5, (ce sont eti partie les figures originales qui ont été copiées par Velpeau). — Bock , Diss de memhrana decidua Hunteri. Bonn. 1831. 4. c. fig. — La figur-e or.igin»Ie donnée par Eilian, Geburtshillf. Atlas.

Tab. XXIV. figll. est telle et extrêmement fidèle.— Mater , Icônes selectte. Bonn. 1831. fol. Tab. V.fig. VII.

(6) Je n'ai jamais vu manquer la membrane caduque réfléchie , dans l'utérus ; cependant plusieurs observateurs prétendent ne pas l'avoir rencontrée. D'un autre côté , elle n'existait pas dans l'œuf de trois semaines et à l'état normal que nous avons figuré Icon. physiol. Tab. VIII. fig.I; la membrane caduque vraie recouvrait immédiatement l'œuf par sa surface lisse ; extérieurement elle était rude , fermée de toutes parts et présentait tout à fait la forme de l'utérus; elle put être détachée en entier et offrit alors l'aspect d'une vessie parfaite.Voyez§ LXXXil sur la possibilité d'une formation semblable.

(7) HcNTER {Anatomia uteri gravidi) parle de la persistance de la membrane caduque jusqu'à la naissance et décrit son aspect sur le délivre. — Bi- SCHOFF en donne une description plus exacte dans ses Beitràge zUrLehre von den EihUllen d. menschl. Fôîms. Bonn. 1834. p. 21. Il indique aussi deux feuillets au délivre, qui sont certainement les caduques vraie et réfléchie réunies. Il soupçonne que ces deux membranes contiennent primitivement des vaisseaux ; j'ai confirmé ce dernier fait, seulement ces vaisseaux sont moins nombreux dans la caduque réfléchie que dans la caduque vraie. Les cellules y sont encore très-visibles, souvent remplies de molécules et pourvues de nuclei très-clairs, comme des vésicules transparentes (Comparez Icon. physioi. Tab. XI. fig. 6.).

(8) J'en ai trouvé dans l'utérus trois et quatre semaines après l'accouchement.

(9) Chez le chien , il se forme, comme chez l'homme, une exsudation dans l'utérus , avant que les œufs n'y soient attachés ; cette exsudation membraneuse reçoit un réseau vasculaire, elle est très-épaisse et forme de grandes cellules , semblables aux cellules des rayons d'abeilles. Comparez Baer Entwickelungsgeschichte II. p. 242 , et la figure deBojANUs Nov. act. Acad. LeopoJd. vol. X. P. I. Tab. VIII. fig. 1. b. 2, 3. c. — La raison de la non-formation de la caduque réfléchie chez les animaux , se trouve dans la structure ds l'utérus ; où l'oviducte se prolonge immédiatement en s'élargissant pour former l'utérus , tandis que chez l'homme , il ne s'abouche que par un orifice élroit et à angle droit avec cet organe.

DES EHVELOPPE3 FOSTALES PROVENANT DANS L'ORIGINE DE L'OEUF OU PRODUITES PLUS TARD PAR L'EMBRYON.

Les œufs humains observés jusqu'à présent dans Tutérus dans les premiers temps, alors qu'ils n'ont encore que la gfrosseur d'un pois (jusqu'à trois lignes) , ont présenté le chorion, SOUS forme d'une membrane simple, parfaitement fermée , lisse en dedans , couverte en dehors de villosités courtes cylindri-

ques et enveloppant librement l'embryon de toutes paris, comme une vésicule épidermiqne, {l).Surdes œufs plusavancés, on trouve les villosilés moins serrées les unes contre les autres, ayant une base un peu plus large et se terminant par des extrémités étroites et arrondies ,* dans les espaces entre les villosités , le chorion est aussi lisse extérieurement. Dès le commencement du deuxième mois, peut-être même pendant le premier, les villosités se ramifient et donnent ainsi lieu à des arborisations Irès-divisées, qui naissent d'un tronc mince, court et dont les extrémités sont étroites, filiformes ou se terminent en vésicules {Icon. phys. Tab. IX. fig?. lïL). Les espaces dépourvusde villosités deviennent de plusen plus grands j il en est un surtout , qui était déjà lisse plus tôt et qui s'agrandit considérablement (Tab. XII. fig. V.)," de sorte que le chorion d'œufs plus avancés, vers le milieu de la grossesse, est en grande partie lisse, tandis que dans un point les villosités arborescentes sont très-serrées les unes contl^e les autres et unies particulièrement dans ce point avec la membrane nidulante : elles s'enfoncent notamment dans la couche épaisse de la caduque serotine où elles concourrent à former le placenta au troisième mois. Le chorion est une membrane complètement dépourvue de vaisseaux ; elle consiste en cellules qui fbrmenl un tissu très-analogue , »ous plusieurs rapports, aux cellules des plantes ; chaque cellule contient un gros nucleus ; dans les villosités les cellules sont en outre remplies d'une masse granuleuse (Tab. XL fi^.YIL). On peut plus ou moins facilement détacher un feuillet de la paroi interne du chorion , surtout dans l'endroit correspondant au placenta ; ce feuillet contient des vaisseaux , s'enfonce dans les villosités et y conduit des faisceaux vasculaires contournés, qui pénètrent jusqu'à leur extrémité. Ce feuillet vascuiaire a été appelé endochorîon par opposition au chorion proprement dit, désigné sous le nom de exochorion (2). Si l'on examine des œufs bien conservés , même ceux qui se trouvent dans l'utérus, on observe , au troisième et au quatrième mois de la grossesse, à l'intérieur du chorion, entre lui et l'amnios, une membrane particulière, très-délicate , présentant assez souvent un tissu analogue à celui de la toile d'araigpée,

Ifi4 TRAITE

et qui recouvre î'amnios en entier (lab. XI. fig;. I. Tab. XÎL û^. IV. xxx). On peut aussi démontrer d'une manière évidente la présence de cette membrane pendant la seconde moitié de la grossesse et même sur l'arrière-faix, après la naissance ; elle porte ordinairement le nom de membrane moyenne, tun{o2 média (3). Dans les premiers mois de la g^rossesse on trouve, à la place de cette membrane, une masse albumineuse d'une consistance très-différenle, souvent pourvue de beaucoup de flocons et de filaments, parfois salée, gélalineuse, présentant fréquemment de l'analog^ie avec une loile d'araignée j traitée par l'alcool , celle niasse devient analogue au tissu cellulaire que l'on rencontre entre les muscles : elle se présente sous le même aspect quand on sépare I'amnios du chorion, sur des œufs arrivés à maturité. Cette masse, dans les œufs peu avancés, remplit l'espace, assez considérable, situé enlre le chorion et I'amnios (Tab. YllI. fig. V. Tab. XIL fig. I. {.); on lui a donné différents noms et souvent on l'a comparée au blanc des œufs d'oiseaux ou d'autres animaux (4). Vient ensuite la membrane agnelette ou Vamnios, qui enveloppe immédiatement le fœtus, et de très-près dans les premiers temps j elle se continue immédiatement dans les enveloppes extérieures de l'embryon, par les parois ventrales ouvertes (Tab. VII. fig. XI. c. Tab. VIII. fig. II. III.). Dans des œufs plus avancés , celte membrane est appliquée contre le chorion ou plutôt contre la tunique moyenne; mais on peut facilement la détacher : el le recouvre en outre le cordon ombilical et se continue à l'ombilic dans la peau de l'embryon. Elle est remplie d'un liquide aqueux, légèrement albumineux, désigné sous le nom d'eaux de I'amnios, Uquor amnii, dans lequel nagent fréquemment deS flocons (feuillets épithéliques rejetés de la surface épidermique de l'embryon) : il est fortement alcalin, contient de l'albumine et quelques phosphate, sulfate et carbonate (Sj.

(1) Il ne peut pas être question ici d'indiquer la totalité des nombreux écrivains qui ont traité du chorion et des autres membranes de l'œuf et de rapporter les différentes opinions qu'ils ont émises à ce sujet ; sur ce point il faut consulter les expositions complètes données par Bcrdach , Valentin , Vel- REATJ ,.etc. BiscHOFF a publié , sur cet objet, un travail excellent, écrit arec

une critique parfaite et appuyé sur de nombreuses observations qui lui sont propres : Feitrûge zUr Lehre von den Eihullen des menschlichen fûtus. Bonn. 1834. — L'exposition que j'ai donnée ci-dessus est basée sur mes propres expériences. — Pour les recherches microscopiques sur les membranes de l'œuf, voyez le mémoire de Breschet et Gluge , Ann. des se. nat. vol. viii. p. 224 ; mes observations s'accordent en grande partie avec celles de ces auteurs. — Les meilleures figures du chorion , des détails dés villosités , etc., ont été données par Seiler , Vie Gebârmutter und das Ei des JfJenschen. Dresàm. 1832.

(2) La distinction entre l'exochorion et l'endochorion appartient à BdrssACH ; ce dernier est pour lui le résultat de l'adhérence de l'allantoïde; voyez § LXXX.

(3) Bischoff a décrit soigneusement, sur des œufs à terme, la tunique moyenne comme une lamelle propre ; je l'ai observée plusieurs fois sur des œufs, à toutes les époques de la grossesse ; je partage l'opinion de Bischoff, qui pense qu'elle se forme, par la compression, aux dépens du prétendu blanc (voyez la remarque suivante).

(4) La substance décrite par J. Muller , Valentin , etc. , comme de l'albumine a été considérée par d'autres (Velpeau) comme étant l'allantoïde et désignée sous différents noms (magma réticulé).

(5) Les observateurs sont plus d'accord entre eux au sujet de l'amnios qu« pour les autres membranes de l'œuf; néanmoins peu d'entre eux l'ont observée encore ouverte et enveloppant de près l'embryon. Voyez § LXXII. — Comparez pour la composition chimique de la liqueur amniotique , Berze- Lics, Chimie anfmaîe, et Valentin , Handbuch der EntwickelungsgeschicMe des menschens , p. 113. D'après différentes analyses , elle contient de 96 à 98 parties d'eau , de l à 3 parties d'albumine , de l'acide lactique , du phosphate de soude et un peu de potasse. Le fait avancé par Frommherz et de Guygert, duquel il résulterait que de l'urée serait aussi contenue dans les eaux de l'amnios, est considéré par Berzelius comme n'étant pas démontré et il est aussi physiologlquement très-invraisemblable.

oie: la VESICULE OMBILICALE.

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