LXXXV
La première formaUon du sang-, des corpuscules sanguins et des vaisseaux est difficile à observer, et aucun des nombreux observateurs, qui se sont occupés de l'étude des premières périodes du développement, n'a été encore assez heureux pour observer clairement ce phénomène dans son entier. D'après les cxbservations recueillies sur des embryons de mammifères, d'oiseaux et de grenouilles, la formation du sang a lieu de trèsbonne heure. Les cellules, qui se trouvent entre les feuillets séreux et muqueux, se modifient d'une manière particulière, chez le poussin, vers la ving^tième heure : elles semblent unies trèslâchement ensemble et former entre les deux feuillets une couche libre, qui semble admettre une grande quantité de liquide; provenant particulièrement de la cavité centrale du vitellus et du canal qui de celle-ci se rend à la membrane germinative (§ XL VII. Tab. IL fig. XL i. k.). Une partie des globules ou cellules semble se transformer en corpuscules sanguins ; le noyau de la cellule est peut-être la base du noyau des corpuscules sanguins; car ce dernier est très-distinct dans les premiers temps ; chez les embryons de l'homme et des animaux, les corpuscules sanguins sont longtemps encore beaucoup plus gros que chez les adultes. Une autre partie des cellules ou globules forme les parois vasculaires, A la fin du deuxième jour ou au commencement du troisième on voit encore , chez le poussin, que les parois du cœur consistent en cellules polyédriques, confondues ensemble, dans le milieu desquelles on peut reconnaître un point plus obscur, qui est le noyau de la cellule qui existait précédemment (Tab. V. fig. VI.). Le sang et les vaisseaux offrent le même aspect à la périphérie qu'au centre. Le sang est d'abord incolore et on le voit déjà, au commencement du deuxième jour, former, sous l'influence des mouvements ondulatoires du cœur, des courants limités dans des gouttières vasculaires fermées ; la coloration du sang sem-
ble se montrer dès la fin du premier ou au commencement du deuxième jour.
Voyez , sur la formation du sang, le second livre de la physiologie {la nutrition) ; je n'ai donné ici que des généralités d'après mes observations : nous mentionnerons plus tard, dans le livre qui traite de la nutrition, les résultats obtenus parPANDER, Baer , Valentin, Baumgartner, Schultz, etc. — Voyez pour les différences que présentent les corpuscules sanguins des jeunes embryons et des individus adultes , chez l'homme et les mammifères, différences reconnues d'abord par E H. Weber et ensuite par moi, mes Feftrâge zur vergl. Physiol. 2^ heft p. 35. Elles méritent d'être signalées ici. parce qu'elles sont une raison de plus à l'appui de l'opinion de la non-coiiimunication des vaisseaux sanguins delà mère et de l'enfant.