PARIS MASSON ET C*, ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE 420, BoULRTARD sAIKT-HRMAN
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Li AVANT-PROPOS.
qui enregistre le mouvement accompli. Dans le système nerveux, tout mouvement sollicite une sensation, toute sensation sollicite un mouvement. Nous disons sollicite, parce que ce système, parmi ses attributions les plus singulières, a un pouvoir d'ajournement sur les événements qui dépendent de lui. Ces événements qu'il construit en lui, sous une échelle réduite, à l'état de représentations ou d'images, avec les données fournies par les sens, il les conserve intérieurement jusqu'à ce que le moment propice vienne de les réaliser partiellement en mouvements extérieurs.
Du fait de l'introduction de la sensation dans le cycle qui se déroule en lui, les événements prennent en effet pour lui un sens particulier, qu'ils n’ont pas sans cela. Suivant la tonalité affective (agréable ou douloureuse) de cette sensation, ils sont bons ou mauvais. Manifestement, et malgréles erreurs qu’il peutcommettre, l'être vivant recherche les premiers et fuit les seconds. Si son activité est libre dans son choix ou si elle est enserréc dans un déterminisme inflexible, c’est un problème que le physiologue n'a pas à examiner : mais, rigide ou élastique, ce déterminisme compte un élément, un facteur nouveau. la sensibilité, qui en dehors de l'être vivant fait défaut ou bien n'apparaît pas.
Les relations de cause à effet, qui par ailleurs semblent si simples, s'en trouvent extrêmement compliquées ct modifiées. Le pouvoir qu'a l'être vivant ct le système nerveux en particulier de conserver en lui les événements extérieurs, en les réduisant à l’état de représentations, puis de les réaliser à nouveau en les regrossissant en mouvements visibles, nous donne l'illusion que la fin d'un acte est la cause de cet acte. La cause d'une action ne saurait être dans l'avenir, mais elle peut être dans le souvenir d’un acte antérieur du même genre, reconnu utile ou nuisible et qui, à ce titre, détermine la direction à donner au mouvement. I1y a bien une fin, une tendunce générale ou particulière, déterminée par la nature sensible de l'être vivant, mais cette fin est un effet ct non une cause. C’est toujours le passé qui est gros de l'avenir; mais dans ce passé l'être vivant sait faire un choix; et, quand il le ressuscile, c'est autant qu'il le peut à son avantage ; d’où sa perfectibilité en quelque sorte indéfinie.
L'étude de la fonclion d'innervation soulève, ainsi qu'on voil, ou côtoie des problèmes, qui ne ressorlissent pas uniquement à la physiologie, mais qu'elle ne peut éviter complètement d'aborder. En tant qu'ils sont expérimentaux, elle les réclame de plein droit; pour le reste, elle demande à la psychologie les solutions que celleci poursuit avec ses moyens propres. Une sorte de champ existe,
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commun aux deux sciences, que la première s'efforce de s approprier, en déplaçant de plus en plus les limites qui la séparent de la seconde. Le progrès est lent, parce que, outre que l'étude est hérissée de difficultés de toute nature, les méthodes, endépit des efforts d’une nuée de chercheurs, sont restées grossières et encore peu en rapport avec la délicatesse infinie des organes nerveux et de leurs éléments -
composants.
J.-P. Monar.