‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 2)Chapitre 27 sur 76 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Composition atomique des corps inorganisés.

Il y a quatre moyens d'étudier ia structure des corps inorganisés: 1^ le clivage , pour les corps régulièrement cristallisés, opaques ou transparents ; 2*^ Faction de ia lumière polarisée pour tous les corps transparents, cristallisés régulièrement ou confusément ; 3° les vibrations pour les corps qui peuvent être taillés en plaques, suivant différentes directions ; 4** l'électricité pour les corps cristallisés qui dérogent à la loi de symétrie ; mais, pour l'instant, nous ne nous servirons que des résultats de l'analyse chimique et du clivage qui, en raison de son mode d'action simple , est à la portée de tout le monde, et suffit pour donner des notions assez étendues sur la structure des corps ; nous n'emploierons la lumière polarisée qu'en traitant de son action sur les corps.

Un corps est formé de parties matérielles qui peuvent être séparées plus ou moins facilement les unes des autres, à l'aide de la division mécanique. S'il était possible d'atteindre le dernier terme de cette division , on aurait la molécule intégrante ou constitutive , composée elle-même de particules élémentaires ou atomes, semblables ou hétérogènes, suivant que le corps est simple ou composé, et qui ne pourraient être séparés que par des moyens chimiques ou physiques. La forme et le volume réel de ces atomes échappent à nos sens, même en nous aidant du microscope du plus fort grossissement. Nous ignorons également quel est leur poids réel; mais nous avons les moyens de déterminer leur poids et leur volume relatifs ou spéciliques; c'est ce dont nous allons nous occuper. Quant à leur forme,

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on pense asses généralement qu'elle est sphériqne , attendu qne c'est eeUe qa'afifecte la matière quand elle n*est soumise à aucune force étrangère. On admet encore que les atomes simples ou composés, en se groupant, produisent, comme nous Tavons déjà dit, des molécules coDStitatives, dont la forme dépend de leur nombre, de leur mode d'arrangement et de certaines conditions dont nous parlerons ci-après.

On peut imaginer bien des théories pour déterminer les rapports existant entre la forme des atomes composés, le nombre et le groupement des atomes simples; mais on ne doit prendre eu considération qne celles qui rendent compte du plus grand nombre de faits connus, avec l'intention, toutefois, de les remplacer par d'autres dès l'instant que de nouvelles découvertes ne peuvent plus s'y rattacher. Mais avant d'exposer quelques-unes de ces théories, faisons connaître les lois suivant lesquelles les atomes hétérogènes se réunissent ou plutôt se oomlnnent, pour donner naissance à des atomes composés. Nous ne parlerons pas des tentatives faites successivement par Descartes, Sv^edenberg, etc., etc., pour arriver de suite aux équivalents chimiques, qui ont commencé à donner une idée des combinaisons en proportions définies.

Wenzel publia, en 1777, un ouvrage sur la théorie des affinités, dans lequel il s'appliqua à démontrer, en s'appuyant sur des analyses . très-exactes, que les combinaisons n'étaient pas variables et indéfinies comme on le croyait généralement, que deux sels neutres qui se décomposaient réciproquement donnaient naissance à deux sels parftitement neutres, etqu'il existait un rapport tel entre les poids des deux bases nécessaires pour saturer un même poids d'acide, que ce rapport ne changeait pas, quel que fût Tacide, et réciproquement. Cet ouvrage, quoique rempli d'idées neuves et justes, attira peu l'attention des chimistes de l'époque, tant les grandes découvertes de Lavoisier les préoccupaient tous.

Richter ayant repris peu de temps après les recherches de Wenzel , en confirma l'exactitude, et découvrit en outre ce fait important, que les oxydes exigeaient, pour être neutralisés, des quantités d'acide proportionnelles à la quantité d'oxygène qu'ils contenaient, et qu'il existait un rapport constant entre l'acide d'un sel et l'oxygène de sa base. M. Berzelius fit voir ensuite que dans les combinaisons des bases avec les acides nitrique et sulfurique , le rapport de l'oxygène des bases et celui des acides était comme 1:8,1:6.

La théorie des proportions chimiques en était là quand M. Balton .posa ee principe, dans un ouvrage publié en 1810, que les combinai-

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sons des corps s'opèrent entre des atomes élémentaires et non entre des fractions d'atome. Si deux corps, par exemple, forment plusieurs combinaisons, ces combinaisons s'effectuent ainsi : on atome du premier avec un atome du second, d'où résulte un atome composé du second ordre ou binaire^ ou bien un atome du premier avec deux atomes du second, etc. N'existe-t-ii qu'une seule combinaison ? elle a ordinairement lieu entre deux atomes simples; s'il y en a deux, l'une est formée d'atomes binaires, l'autre d'atomes ternaires, ainsi de suite.

Des expériences faites par MM. Gay-Lussac et deHumboldt, en 1806, sur les combinaisons des substances gazeuses ^ vinrent confirmer les vues tbéoriques de Dalton , en démontrant que les corps gazeux se combinent ensemble dans des proportions fixes et multiples par un nombre entier de leur volume. En effet, MM. Gay-Lussac et deHumboldt prouvèrent qu'un volume de gaz oxygène, combiné avec deux volumes de gaz hydrogène ^ produit de l'eau ; que toutes les substances gazeuses qui forment des composés se combinent ou à volumes égaux, ou dans des proportions telles que le volume de l'on est un multiple en nombre entier de l'autre, et que la contraction, quand elle a lieu, est toujours en rapport simple avec le volume primitif, comme on le voit dans le tableau suivant :

VOLUME DE L'CN DF.8 gaz.

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