‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 2)Chapitre 40 sur 76 · CHIMIQUES · texte numérisé non relu

CHIMIQUES

L'éther et les éthers chlorés appartiennent au même type. L'acide acétique et l'acide chloracétique sont dans ce même cas. En général, les corps qui possèdent le même nombre de molécules , et qui jouissent des mêmes propriétés chimiques fondamentales, appartiennent au même type chimique.

L'indigo et Tisatine n'appartiennent pas au même type, car le dernier corps renferme de l'oxygène déplus que l'autre.

L'alcool et l'aldéhyde appartiennent aussi à des types différents , puisque l'aldéhyde contient de l'hydrogène de moins.

Ainsi, la théorie des substitutions résume des faits qui sont expliqués par celle des types chimiques, dont les chimistes ont tous accepté maintenant rexistence et la nécessité.

L'alcool C^ H'* 0* sort de son type en perdant H-^ et produisant Taldehyde C'^fl^O*; mais il y rentre quand ce dernier corps secon- \ertit en acide acétique C^H^O^, qui appartient évidemment au même type que Talcool.

De son côté, l'éther C'^H'^O appartient au même type que l'aldéhyde.

De sorte que le type alcool peut passer au type éther de trois manières :

C4H»»0^— H»0 = C4H'°0 éther, C^H^O» — H^ = C4H8 0^ aldéhyde, C4H'»0* — 0^ = C4H'^ hydrogène carburé.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur la composition atomique des corps organisés , attendu , d'une part y que les idées ne sont pas défmitivement fixées sur la manière dont on doit concevoir la composition en deux éléments antagonistes en chaque combinaison ; et, de l'autre , que les considérations alléguées en faveur de telle ou telle opinion ne sont pas de notre ressort. Ce qu'ii nous importe de connaître, c'est la constitution moléculaire, abstraction faite des moyens employés pour la déterminer; car, en elfet , elle est indispensable pour étudier les propriétés physiques des corps.

d06 TBÀIXB DE PHYSIQUE.

M. Kopp a appliqué à la nature organique les vues que nous avons exposées, page 251, sur la constitution des combinaisons inorganiques par les volumes , c'est-à-dire , qu'il a déterminé le volume spécifique des combinaisons organiques. Comme on n'est pas certain de quelle manière les éléments sont groupés dans les molécules constitutives organiques , il a suivi une autre marche, et s'est attaché seulement à chercher, pour nous servir de ses expressions, quelques rapports entre les volumes spécifiques de combinaisons organiques analogues; et d'abord il fuit remarquer que, dans la chimie organique, on trouve proportionnellement plus de combinaisons fluides que dans la chimie inorganique , et que dès lors le dimorphisme doit y être moins fréquent. Les observations sur la densité des liquides étant en général plus faciles à obtenir, doivent être plus exactes que celles relatives aux solides. A la vérité, la dilatation est plus considérable sous l'influence de la chaleur que dans les solides ; mais il y a eu égard dans ses recherches. Voici les considérations théoriques sur lesquelles s'appuie M. Kopp pour atteindre son but :

« Disposons un grand nombre de combinaisons organiques analogues dans Tordre suivant :

Ah-P B + P C-f-p D + p .....

A4-Y B-hY C+Y D + Y

A4-8 B-l-S C-hô D + 5

« Dans ce tableau, ABC représentent certaines substances ou combinaisons d'éléments invariables. A peut représenter, par exemple, l'acide hypothétique acétique anhydre, B l'acide formique, C l'acide benzoïque, etc. ; a l'eau, p l'oxyde d'éthyle, y l'oxyde de méthyle, etc.; ou Ton peut se figurer que A est du chlore, B de l'iode , C du soufre, etc. ; a de l'hydrogène, p de l'éthyle, y du méthyle, etc.

« Pour connaître les volumes spécifiques de toutes les combinaisons rangées dans un tel tableau, il faut seulement connaître les volumes spécifiques d'une série verticale et d'une série horizontale. Si les volumes spécifiques d'une série horizontale (ou verticale) sont connus, il suffit de connaître le volume spécifique d'une seule combinaison contenue dans une autre série horizontale (ou verticale) pour que l'on puisse en déduire les volumes spécifiques de toutes les combinaisons contenues dans cette série.

CONSTITUTION MOLBGULAIBE. 307

«Cette loi est de la plus haute importance. Si l'on \fieût à eonnaitrf lés volumes spécifiques des combinaisons A-4- a, A+ p, A 4- y , . • • et le volume spécifique de B+a, on peut en déduire les volumes spécifiques des combinaisons B -+- p, B+y,

« Car la différence est toujours la même entre les volumes spécifiques

A+a et B-fa A-j-p et B+p A+Y et B-J-Y

B-|-a et D+a

- p et D-f-p

Y et D+Y

A4-01 et

Ba-f- et C+a et

« Cette loi se trouve suffisamment confirmée par l'expérience. Disposons, par exemple, les volumes spécifiques observés des combinaisons suivantes, conformément au tableau que nous venons de donner.

Acide acétique.

a=Eiin 709 Mollerat

p= Oxyde d'étliyle 1243 Liebig

Y=Oxyde de méthyle. .. loia Dumas

Acide formique. Acide benzolque.

467 Liebig ?

1020 Liebig 1795 Dumas

? i558 Dumas

« Désignons par (A + a) , (A -4- p) les volumes spécifiques observés des combinaisons A+a, A + p. Les observations citées confirment, en dedans des limites des fautes d'expérience , les équations suivantes , demandées par la loi que nous venons d'énoncer :

» Mais on peut démontrer encore plus évidemment la vérité de là loi générale que nous avons énoncée dans le précédent tableau , eu spécialisant cette loi. Voici ce que nous voulons faire pour les combinaisons les mieux connues :

<tLe volume spécifique d'un acide hydraté (A+HjO) est toujours moindre de 534 que celui de la combinaison d'éthyle correspondante (A+AeO). «Pour démontrer l'exactitude de cette loi,M. Kopp, en calculant d'après elle la combinaison d'éthyle en prenant pour base la densité de Tacide hydraté, a cherché d'abord le volume spécifique de la combinaison d'éthyle, en ajoutant 534 au volume spécifique de l'acide hydraté.

TKÀITB DE PHYSIQUE.

FOBMULE.

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