‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 3)Chapitre 20 sur 95 · VII. DE LA VISION · texte numérisé non relu

VII. DE LA VISION

Newton avança le premier que les rayons lumineux se rendent jusqu'au fond de lœil en traversant toutes les parties dont celui-ci est composé, et communiquent un ébranlement au nerf optique, par l'intermédiaire de la rétine, d'où résulte la sensation de la lumière.

Descartes admit, comme dans la théorie des ondulations, que le corps lumineux transmet les mouvements vibratoires au nerf opti-

que, à l'aide du principe subtil qui pénètre tous les corps. L'explication du phénomène de la vision repose donc sur la connaissance parfaite de la structure de l'œil; mais cette structure est tellement complexe qu'il nous est impossible d'en donner une analyse dans cette notice historique, ni d'exposer même succinctement le phénomène physique de la vision; nous dirons seulement qu'il paraît être une conséquence des lois de la réfraction , du pouvoir des lentilles et de la structure de l'œil. En effet, quand des rayons émanés des corps tombent sur la cornée transparente, ils la traversent en convergeant; les rayons qui ont trop d'obliquité sont rejetés par l'iris, membrane opaque, variable de couleur, située derrière la cornée transparente, et qui est percée d'une petite ouverture circulaire nommée pupille, susceptible de se contracter et de se dilater. Les rayons qui ont traversé la pupille, convergent de nouveau en traversant le cristallin, corps lenticulaire solide, transparent et achromatique, situé derrière la pupille, et viennent former une image renversée sur la rétine, membrane mince, tapissant le fond de l'œil, et formée de l'épanouissement du nerf optique sur la choroïde, membrane qui recouvre intérieurement la cornée opaque. Ces diverses parties, ou les espaces qui les séparent, sont remplis de liquides jouant un grand rôle dans le phénomène de la vision, en raison de leur pouvoir réfringent; entre la cornée transparente et le cristallin se trouve l'humeur aqueuse ; l'espace compris entre le cristallin et le fond de l'œil est rempli de l'humeur vitrée.

La lumière éprouve une telle action en traversant l'œil, qu'elle vient peindre les objets extérieurs sur la rétine, sans qu'ils soient environnés d'auréoles de diverses couleurs, ni que la netteté des images soit dépendante de la distance des objets. Mais nous ne pouvons expliquer encore tous ces merveilleux effets, car il faudrait pour cela que nous connussions parfaitement les indices de réfraction, les puissances dispersives et les courbures de toutes les matières que la lumière traverse depuis son entrée dans l'œil jusqu'à la rétine qui en transmet la sensation au cerveau, par l'intermédiaire du nerf optique.

Une foule de questions sur la vision, dont quelques-unes n'ont pu être résolues que par des hypothèses, ont beaucoup occupé les physiciens ; nous mentionnerons seulement ici les principales.

Comment l'œil s'accommode-t-il aux distances ?

Comment juge-t-on de la couleur, de la forme, de la situation et de la grandeur des objets?

Avec les deux yeux, pourquoi ne voit-on qu'un objet?

Enfin, le mécanisme de l'œil a permis d'expliquer certains accidents de la vue, tels que le presbytisme, ou vue trop longue, et le myopisme, ou vue trop courte; ainsi que cet autre phénomène qui ne permet plus que de voir la moitié des objets.

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