‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 3)Chapitre 39 sur 95 · SUBSTANCES · texte numérisé non relu

SUBSTANCES

DENSITÉ OBSERVÉE

Antimoine.

Sb

6,70 Karsten; 6,6 Breilhaupt; 6,.S5 Muschenbroek. 1

Argent

Ag

10,4 10,4 Karsten.

Arsenic. ■ •

As

5,87 5,70, 5,96 Guibourt; 5,62 Karsten; 5,67 Herapath

Bismulli...

Bi

9,85 9,88 Thenard ; 9,83 Herapath ; 9,65 Karsten.

Brome

Br

3,06 2,90 Loewig ; 2,97 Balard.

Cadmium..

Cd

8,60 8,66 Herapath ; 8, 63 Karsten, Kopp; 8,60 Slromeyer.

Chlore...

1,38 1,33 Faraday.

Chrome

Cr

5,10 5,10 Thomson.

Cobalt

Co

8,49 Brunner; 8,51 Berzelius; 8,71 Lampadius.

Cuivre

Cu

8,96 Berzelius; 9,00 Muschenbroek ; 8,72 Karsten.

Cyanogène.

Cy

Environ 0,9 Faraday.

Étain

Sn

7,28 7,28 Herapath; 7,29 Kupffer, Karsten.

Fer

Fe

7,701 ")6 7,8BroIing; 7,79 Karsten.

Iode

4,95 Gay-Lussac.

Iridium —

Ir

19,5 Mohs; 23,5 Breithaupt.

Manganèse.

Mn

s, 03 Bacliinaun ; 8,01 John.

Mercure. ..

Hg

13,6 Kuplfer , Karsten , Cavallo.

Molybdène.

Mo

8,(j2 8,64 Bucholz.

Nickel

Ni

8,4!J Tourte ; 8,38 Tupputi ; 8,60 Brunner.

Or

Au

19,26 Bris.son.

Osmium . .

Os

Natif : 19,5 (?) Thenard.

Palladium .

Pd

11,3 ^^oiiaslon ; 12,1 Lowry.

Phosphore.

III j 1,77

1,77 Berzelius.

Platine

Pt

21,0 Borda: 21,5 Berzelius; 23.5 Cloud.

Plomb

Pb

114[ll,35

11,33 Kuptïer; 11,39 Karsten; 11,35 Herapath.

Potassium .

0,86 Gay-Lussac et Thenard ; 0,n7 Sementini.

Rhodium ..

11,0 Wollaston; 11,2 Cloud.

Sélénium. .

Se

4,30, 4,32 Berzelius; 4,31 Boullay.

Sodium —

Na

0,97 Gay-I.ussac et Thenard.

Soufre

lOI

1,99, 2,05 Karsten; 1,99 Breithaupt.

Titane

5,3 Wollaston ; 5,28 Karsten.

Tungstène .

17,2 Allan et Aiken ; 17,4 Bucholz.

Zinc

Zn

6,92 Karsten ; 0,86 , 7,21 Berzelius. '

Nous retrouvons dans ce tableau plusieurs des résultats obtenus par M. Dumas, puisque les métaux peuvent être divisés eu différents groupes, ayant chacun le même volume spécifique. Voici ces groupes :

i" Le brome, le chlore, le cyanogène et l'iode;

2° Le chrome, le molybdène et le tungstène;

3° Le cobalt, le cuivre , le fer, le manganèse et le nickel ;

4° L'iridium, l'osmium, le palladium, le platine et le rhodium;

5° Le volume spécifique de l'argent est double de celui c^'^ l'or;

6° Le volume spécifique du potassium est double également de celui du sodium. En partant de l'égalité des volumes dans chaque groupe et du rapport du volume d'un groupe à l'autre, on peut calculer les densités.

On voit dans le tableau précédent, que les densités calculées et les densités observées sont les mêmes; les différences sont si faibles qu'elles peuvent élre attribuées à des erreurs d'expérience. Indiquons les principes sur lesquels M. Kopp s'appuie pour calculer les densités des combinaisons.

Soient A et B les poids atomiques de deux substances qui entrent

dans une combinaison , aet b les densités observées , on aura a =: r , 6 z=zj pour les volumes spécifiques primitifs des parties constituantes.

Si c est la densité de la combinaison, son poids atomique sera égal à A-l-B; on aura pour son volume spécifique

Y sera égal à a + ê toutes les fois qu'il ne se formera ni contraction ni dilatation pendant la formation de la combinaison; mais cette condition est rarement remplie. D'un autre côté, quand 11 y a variation dans le volume spécifique, on ignore à priori de quel côté a eu lieu cette variation ; c'est-à-dire qu'on ne sait pas quelle est celle des parties constituantes qui s'est contractée ou dilatée. On a donc à résoudre une équation indéterminée. Voici les vues théoriques qui ont guidé M. Kopp pour arriver à connaître ce qui se passe dans cette circonstance; nous les rapportons textuellement:

■> Une partie constituante peut entrer dans une combinaison sans qu'aucune variation de son volume spécifique soit nécessaire, toutes les fois que le volume spécifique de la combinaison est plus grand que celui de la partie constituante dans l'état isolé. Le plus simple consiste donc à chercher quels sont les résultats que l'on obtient, en supposant que Tune des parties constituantes soit entrée dans la combinaison avec son volume spécifique primitif. M. Schrœder a découvert que l'on obtient souvent le même reste, comme volume spécifique cherché de la partie constituante commune, en soustrayant du volume spécifique dos combinaisons le volume spécifique primitif des parties constituantes correspondantes. Par exemple, les volumes spécifiques observés de Cf/0, CwO, H.7O, P/>0, Z^iO, surpassent tous du même nombre les volumes spécifiques primitifs de Cf/, Cw, H^, P6, Zn, Ainsi, en admettant que, dans les combinaisons analogues, les

parties constituantes correspondantes sont contenues avec leur volume spécifique primitif, il suffit d'une seule supposition pour le volume spécifique de la partie constituante commune, pour expliquer la formation du volume spécifique de toutes les combinaisons. En soustrayant du volume spécifique de plusieurs combinaisons analogues le volume spécifique primitif du métal contenu , on arrive presque toujours au même reste (qui doit être considéré comme le volume spécifique de la partie constituante commune), si le métal contenu dans la combinaison est un des métaux antimoine, argent, bismuth, cadmium, cobalt, cuivre, étain, fer, manganèse, mercure, molybdène, nickel, or, platine, plomb, titane, tungstène, zinc. Ce qui me porte à supposer que ces métaux entrent toujours en combinaison sans altération du volume spécifc/ue primitif. Par là, en même temps, on apprend-quel nombre on doit supposer comme le volume spécifique pour la partie constituante commune contenue dans des combinaisons analogues de ces métaux. Au contraire, dans les combinaisons d'autres métaux (barium , calcium , magnésium , potassium , sodium , strontium, etc.), que l'on a aussi depuis longtemps distingués des précédents, on ne peut nullement admettre que le métal y soit contenu avec son volume spécifique primitif; car celui-ci est autant qu'on le sait toujours plus grand que le volume spécifique de la combinaison. Pour déterminer quel est le volume spécifique que l'on doit supposer pour ces métaux entrés en combinaison , le plus simple consiste à supposer le volume spécifique de la partie constituante commune le même dans les combinaisons des métaux antimoine, argent, etc., que dans les combinaisons des métaux barium, potassium , etc. ; de supposer, déplus, que le volume spécifique adopté hypothétic^uementpour un de ces derniers métaux est le même dans toutes les combinaisons analogues de ce métal. C'est ainsi que j'ai déterminé la constitution du volume spécifique pour les combinaisons les mieux étudiées. Je commencerai le développement de ces idées sur la constitution des corps solides ou fluides d'après les volumes, en démontrant la constitution des sels, parce qu'ainsi nous pourrons considérer plusieurs classes de combinaisons analogues. Dans cette démonstration, je prendrai pour base la théorie des hydracides, avancée d'abord parDavy, défendue par Dulong, et plus récemment par M. Liebig. Admettons les suppositions suivantes :

« Tout métal est contenu dans les sels qu'il peut former, avec le même volume atomique, savoir :

« Quelques-uns, antimoine, argent..., zinc, avec leurs volumes spécifiques primitifs, tels qu'ils ont été donnés plus haut.

CONSTITUTION MOLÉCUtÀIRE. i255

« Quelques-uns, barium, potassium, etc., avec un autre volume spécifique primitif; nous supposons pour ces métaux contenus dans des sels, les volumes spécifiques suivants :

Ammonium est contenu dans ses sels avec le volume spécifique Am = 2I8 Barium — — Ba=il43

Calcium — — Ca=:60

Magnésium — — Mg=40

Potassium — — K=:234

Sodium — — Na = 130

Strontium — — Sr=108

Passons maintenant à la constitution des sels. Pour expliquer la densité des carbonates, on suppose que le radical CO3 entre dans ses combinaisons avec le volume spécifique 1.51. En combinant cette supposition avec les volumes spécifiques des métaux contenus dans des sels, tels que Ton vient de les déterminer, on obtient la constitution du volume spécifique des carbonates, et l'on ari-ive aux densités calculées suivantes :

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