‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturelles (volume 3)Chapitre 62 sur 95 · EFFETS · texte numérisé non relu

EFFETS

État électrique

État électrique

obtenus en portant

obtenus en élevant

à la température

à la température

la température des lames

la température des limailles

ordinaire.

ordinaire.

jusqu'à 6u".

jusqu'à ()o".

■ Platine —

jOr

jci- groupe ziuc -f-

'. Argent —

Cuivre —

\ Plombagine —

fZInc 4-

> Le ziuc devient i négatif.

Le zinc devient j plus fortement négatif.

a*" groupe zinc —

iFer -f j Bismuth -\- \ Antimoine ~\-

[ Or —

> Les cl'iéts augl mentent.

Ils augmentent également.

3^ groupe

1 Platine —

peroxyde de

/ Cuivre —

/ Les effets sont

manganèse -J-

J Zinc -

1 fortement exaltés.

On voit dans le premier groupe qu'à mesure qu'on élève la température, soit de la limaille de zinc, soit des lames, les résultats sont inverses de ceux que l'on obtient a la température ordi-

ELECTHICITE. 31)9

naire; dans les deuxième et troisième groupes, que la chaleur exalte le pouvoir négatif du zinc et celui du peroxyde de manganèse. La tendance de la limaille de zinc, à devenir négative par l'action de la chaleur, est donc telle que. lorsqu'elle est positive, elle perd peu à peu cette faculté, devient nulle, puis négative. La chaleur agit par conséquent ici comme le fait ordinairement la division mécanique.

Ces faits tendent à montrer que les causes qui président au dégagement de l'électricité dans le frottement des limailles sur les lames de métal , se rattachent à l'état d'agrégation des molécules; et que, s'il était possible d'isoler une particule d'un métal quelconque , et qu'on la laissât tomber sur une lame de ce métal , cette molécule serait éminemment négative , eu même temps qu'elle s'échaufferait considérablement , puisque la force d'agrégation ne serait plus là pour enchaîner son action.

Si l'on veut savoir jusqu'à quel point la vitesse avec laquelle les limailles se séparent des lames influe sur le phénomène, il faut soumettre le frottement à un mode d'action l'égulier qui permette d'opérer toujours dans les mêmes circonstances. Voici le procédé qui remplit ce but : on prend une horloge qui imprime un mouvement de rotation rapide à une tige verticale, à l'extrémité supérieure de laquelle est fixée une lame de métal horizontale. Lorsqu'on projette sur cette lame des limailles quelconques , elles sont lancées aussitôt à une distance qui dépend de la vitesse de rotation ; de sorte que leur contact avec la lame n'est qu'instantané. Eu posant l'appareil sur un électroscope à feuilles d'or, ou reconnaît aussitôt l'électricité acquise par la lame; par exemple, le peroxyde de manganèse eu poussière tl'ès-fme, projeté sur une lame de zinc, d'étain ou d'or, soumise à un mouvement rapide de rotation, prend l'électricité négative : l'argent très-divisé et le sulfure de fer en poudre donnent les mêmes résultats. Le peroxyde de manganèse est une des substances qui doiment le plus grand effet ; l'action de l'air n'influe en rien sur le phénomène, puisqu'il est le même, que le métal soit oxydable ou non. La limaille de zinc ne donne aucune électricité quand elle tombe sur une lame de même métal dont le mouvement est rapide , tandis qu'elle est négative quand la lame est en repos.

Cette expérience indique que la vitesse de rotation imprimée à la lame de zinc augmente la tendance négative, et que, dans la môme circonstance, pour conserver à la limaille sa faculté négative, il faudrait pouvoir la projeter en poudre d'une graiide lênuilé.

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