DIFFÉRENCE
de tempéialureen
plus ou en moins
moyenne.
DÉVIATION
de l'aiguille aima niée.
Déviations.
MÉTAUX fonctionnant
seuls.
( Verre poli
Plus Moins
Arjjent
Plus 1 „,o ,„o .,,0 ,~o j 50°
Moins i 32 , 33 . 35 , 33 ,5
1 Argent
Verre poli
Caoutchouc
1 Liège
i Verre dépoli
1 Liège
( Fer
I" instant, plus 1 .,0,0 n <> î 10
2» -^^ moins j ^J;,°;,V'"
Plus 1 „.o Moins ( ^"
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^Ioius 1 «*" i 53" Il
i Argent
1 Salin blanc
Plus ,-0 Moins ^'
Plus i ,„
Moins j
Plus j „„ Moins j ^
Moins 1 ni" Plus ) 2^
Pins 1 „ 0 Moins i
1 Satin noir.. . . . . .
j Satin noir
( Cire d'Espagne. . . .
j Or
1 Cire d'Espagne. • .
1 Verre dépoli
Plus Moins
Autre série iVexpériences.
Les corps étaient taillés en disques de huit millimètres de diamètre et trois millimètres d'épaisseur : le frottement a duré une minute.
Spath d'Islande. Plus / i^e expérience i3'
laége Moius la — i4
Siicciii poli.
Liège
Plus I i'^ expérience.
.Moius '2 —
■jt8° 3a 3o
De tous ces résultats, on tire les conséquences suivantes : 1" Avec le verre poli et le liège, le premier prend plus de chaleur que le second dans un rapport tel , que chacun d'eux agissant sépa-
rément, les déviations de l'aiguille aimantée sont comme 34: 5; et comme ces déviations correspondent à des intensités de courant égales a 39 et 5, il s'ensuit que les quantités de chaleur prises pendant le frottement et transmises à la pile sont entre elles dans le même rapport;
2" Avec le verre dépoli et le liège, le rapport des déviations est comme 40 : 7, et celui des intensités du courant comme 37 : 7 ;
3" Avec l'argent et le liège, le rapport des déviations est comme 50 : 12, et celui des intensités comme 78 : 12;
4° Avec le caoutchouc et le liège , le rapport des déviations est comme 39 : 1 1, et celui des intensités comme 31 : il.
Les expériences précédentes ont été faites, à la vérité, sans soumettre le frottement à des moyens exacts de mesure ; mais en opérant, comme je l'ai déjà indiqué, on acquiert bientôt assez d'habitude pour que les résultats présentent peu de différence quand on répète les expérences. Ainsi, avec l'argent et le liège, on a eu successivement des déviations égales à 32°, 33% 36", 35", et avec l'argent et le verre poli 10°, 9", 13°, 8°, 11°. Des résultats consignés dans les tableaux précédents, on ne peut tirer encore aucune loi simple touchant le dégagement de la chaleur dans le frottement, vu les causes diverses qui concourent à la produiion de ce phénomène; mais on voit que la nature des corps, abstraction de leur conductibilité, exerce une influence que l'état des surfaces ne détruit pas toujours.
Jusqu'ici, il est impossible d'apercevoir la véritable cause de cette influence qui dépend de la nature des corps, et probablement de l'arrangement de leurs molécules; mais c'est déjà quelque chose d'avoir signalé ce fait, puisqu'il donne un élément de plus qui pourra être pris désormais en considération dans les recherches relatives à la production de la chaleur. Si le frottement produit des effets de chaleur dont les lois soient très-compliquées, on doit avoir des effets trèsremarquabies quand on ébranle les molécules des corps jusqu'à détruire la force d'agrégation. On n'a encore fait aucune expérience à cet égard, et certes elles ne pourraient manquer d'avoir le plus grand intérêt; mais les moyens d'expérimentation présentent de grandes difficultés.
Les expériences dont nous venons de rendre compte montrent de combien de difficultés sont environnées les recherches relatives aux lois qui président au dégagement de la chaleur dans le frottement.
Mais avant de terminer, nous croyons devoir indiquer un mode d'expérimentation qui aplanira quelques-unes de ces difficultés. Supposons que l'on veuille avoir la chaleur dégaji,ée dans le frottement de deux petits disques l'un contre l'autre; après avoir fixé chacun de ces disques à un manche mauvais conducteur, de la manière indiquée précédemment, et adapté au manche un écran en carton, fig. 1 4, pour se garantir du rayonnement calorifique de la main, on prend deux aiguilles composées chacune d'une aigufile d'acier et d'une aiguille de cuivre soudées par un de leurs bouts. On introduit ces aiguilles dans les disques, de manière que les soudures soient placées le plus près possible des surfaces soumises au frottement, puis on fait communiquer ces aiguilles, d'une part, entre elles avec un fil de cuive, de l'autre, avec un multiplicateur thermo-électrique; dès l'instant que les surfaces s'échauffent par l'action du frottement, les soudures s'échauffent également, et l'aiguille aimantée est déviée; or, suivant les bouts des deux aiguilles qui communiqueront ensemble par l'intermédiaire du fil de cuivre, on aura la sonmie ou la différence des effets caloriques; d'après cela, en faisant deux expéiiences d'abord pour avoir la somme, puis la différence, et attendant chaque fois que les disques aient pris une température constante, afin que l'aiguille soit stationnaire, la demi-somme et la demi-diiference des nombres représenteront les intensités électriques des courants , et par suite les températures de chaque disque. Si l'on connaît, en outre, le poids, la chaleur spécifique des disques et celle des aiguilles ainsi que le poids et les chaleurs spécifiques de la portion des aiguilles engagées, il sera facile de trouver la quantité absolue de chaleur dégagée. Cette addition au mode d'expérience a été indiquée par mon fils Edmond.
470 TBAITE DE PHYSIQUE.