SB TRAITÉ DE PHYSIQUE
les corps solides ou liquides , ainsi que les vases , aient exactement la même température. On remplit cette condition en expérimentant dans des lieux où celle-ci varie peu, comme dans une cave à 7 ou 8 mètres au-dessous du sol , et en ayant l'attention d'y laisser les corps pendant un temps suffisant pour qu'ils puissent prendre la température du milieu ambiant; il faut aussi qu'ils soient très-secs, car, s'ils étaient déjà recouverts d'une légère couche d'eau hygrométrique, l'effet serait nul. On doit éviter, en outre, le frottement du thermomètre sur les poudres , d'où résulterait nécessairement de la chaleur. En opérant ainsi , on observe que le thermomètre monte pendant 2 à 4', puis redescend lentement pour revenir à la température ordinaire.
Quand on pense à la masse considérable du cylindre à mercure, qu'il s'agit d'échauffer pour observer des effets de chaleur auxquels donnent lieu les actions capillaires, on conçoit de suite les avantages que l'on retirerait en substituant au thermomètre une aiguille mixte, fer et cuivre, en rapport avec un multiplicateur, recouverte de gomme laque pour éviter l'action chimique des liquides sur chaque métal, et plaçant les points de jonction dans le vase ou l'on opère. Les corps soumis jusqu'ici à l'expérience sont le fer, le bismuth, l'antimoine , et les métaux qui peuvent être réduits facilement en limaille fine, les terres, les oxydes métalliques, le verre, la brique, la porcelaine et l'argile. Les liquides employés à mouiller ces corps sont l'eau distillée, l'huile, l'alcool, l'éther acétique et l'huile essentielle de térébenthine. On trouve d'abord que l'élévation de température est à peu près la même pour la plupart des solides avec le même liquide, et pour le même solide avec les difféi'ents liquides. Les plus faibles élévations de température sont de i à | de degré, et les plus fortes vont à peu près à un ^ degré centigrade ; avec l'huile, l'effet est un peu moindre qu'avec l'eau, l'alcool et l'éther.
Il y a également production de chaleur dans l'absorption. Si l'on prend un tissu organisé quelconque, sec et réduit en fragments, et qu'on le jette dans de l'eau, le thermomètre monte sensiblement; quand le tissu est très-sec , l'élévation de température est de plusieurs degrés. On a soumis ainsi successivement à l'expérience, parmi les substances végétales, le charbon , l'amidon, les écorces, etc. , et parmi les substances animales, la soie , la laine, l'éponge, les cheveux, les peaux, etc.; l'élévation de température n'a jamais été au-dessous de l"; avec l'amidon, la racine de réglisse et des membranes très-minces d'instestins de mouton, on n'a jamais eu moins de 1 0''. Sans parler
de la cause immédiate du phénomène, nous nous bornerons à constater son existence. Les tableaux suivants indiquent les résultats obtenus.
Tableau du dégagement de la dialeur produit par les substances inorganiques.
NOMS des substances.
Verre
Fer
Cuivre
Zinc
Bismuth
Antimoine
Étain
Porcelaine
Brique
Argile
Silii^e
Alumine.
Magnésie
oxyde de fer
Peroxyde de manganèse.
Oxyde de zinc
Deutoxyde de cuivre. . . .
Lithargc
Oxyde de cbrome
Soufre
Élévation de température en degrés du thermomètre centigrade quaud les substances sont mouillées par
L'eau.
0,195 0,284 o,23o 0,221 o,3io 0,549 0,572 0,940 o,35o 0,204 0,212 0,286 o,3o7 0,19s 0,221 0,241 o,i6o
L'huile.
L'alcool.
0,232 0,229 0,141 o,25o 0,246 o,3o8 0,329 o,53o 0,322 0,867 0,248 0,217 0,208 o,3oo 0,341 0,211 0,195 0,232 0,219 0,173
L'étber acétique.
Nous voyons par ces résultats que l'élévation de température est à peu près la même pour les différents solides avec le même liquide, et qu'il en est fréquemment de même pour le même solide avec différents liquides.
Tableau du dégagement de la chaleur produit par los sîibstances organiques.
NOMS des substances.
Charbon
Amidon
Sciure de bois
Racine de saxifrage
— pareira brava
— réglisse
— valériane . . •
— bistorfe
— iris
Farine de blé
— de blé de Turquie
— d'orge
— de seigle
— d'avolue
— de lin
Grains de blé
— de maïs
— » d'orge
— de seigle
— de gruau
' — d'avûiue
— d'alpiste
— de pavot , . . . ,
— de millet
— de navette
Coton
Fil
Papier ordinaire
— desséché
Cheveux
Laine
Ivoire ,
Baleine ,
Cuir neuf.
— — un peu charbonné
Eponge
Vessie de porc
Tendon de bœuf
Membranes très-minces d'intestins d mouton
Élévalion de température quand les substances al^sorbent.
L'eau.
i>9â i,io 1,12 1,62
0,97 2,11 1,45 4,52 2,oG
L'huile.
L'alcool.
4»77 3,ao 5,98 4,06
^,29 i,ir 1,26
L'éther acétique,
Oj94 1,67 3.18
Ces résultats nous montrent que les substances organiques dégagent plus de chaleur quand elles sont mouillées par des liquides que celles qui ne le sont pas, et qu'il n'existe pas de rapport entre les quantités de chaleur produites par la même substance et les différents liquides.