C> TRVITÉ I>E PHYSIQUE
Quand on applique un courant d'une certaine intensité à trois bains d'une même solution méîalliquf, n'ayant pas la même densité, |e premier complètement saturé, le deuxième moins, le troisième encore moins : le premier donne un dépôt dur et cassant, formé de très-gros cristaux; le deuxième, un dépôt plus flexible; le troisième, une masse spongieuse, formée de cristaux non agrégés , ou seulement une poudre noire. Emploie-t-on un courant moins fort, le troisième devient ce qu'était le deuxième, et le premier peut posséder les propriétés du deuxième. Il résulte de là, 1" qu'en augmentant la conductibilité de la solution , on peut, avec la môme source d'électricité, modifier considérablement les propriétés physiques du dépôt; 2° que si, en conservant la même solution , on fait varier la source d'électricité de manière à fournir à la solution une plus grande quantité d'électricité dans un temps donné, on obtient les mêmes effets. Il est à regretter que l'on n'ait pas indiqué l'intensité du courant nécessaire pour obtenir avec une dissolution donnée un effet déterminé.
Pour avoir un dépôt constamment doué des mêmes propriétés physiques, il faut donc que le courant ait toujours la même intensité et que la dissolution soit au même degré de saturation. Pour être certain que le courant ne change pas, on place dans le circuit un multiplicateur, dont l'aiguille aimantée doit rester toujours dans la même position, ou un voltaïmètre qui sert à mesurer la (juantité d'action chimique produite. Mais le premier moyen est préférable. Quant à conserver à la dissolution le même degré de saturation, on y parvient au moyen d'un expédient très-simple, quand le métal tenu en dissolution est facilement attaqué par l'acide avec lequel il est combiné : au lieu de prendre une lame de platine pour l'électrode positif, dans l'appareil décomposant, on y substitue un morceau de ce même métal , de sorte que l'oxygène et l'acide qui proviennent de la décomposition du sel métallique , reproduisant la môme quantité de sels, la dissolution reste au même degré de saturation. D'un autre côté , la réaction chimique qui a lieu, augmentant l'intensité du courant , permet de n'employer qu'un seul couple voltaïque ou deux au plus , avantage précieux en industrie; tandis qu'avec la lame de platine il faut en employer un plus grand nombre.
Nous ferons observer cependant que pour qu'il y ait reproduction exacte au pôle positif de la quantité de sel décomposée au pôle négatif, il faut que l'acide n'éprouve pas lui-même une décomposition i)artielle; ce qui arrive quand le courant a trop d'énergie. Il est donc nécessaire d'en régler la force par différents essais.
KLECTKO-CIIIMIR. '127
La dccomposiUon des sels d'argent, de fer, de plomb , d'étain et de cuivre , permet de se servir d'électrodes positifs de chacun de ces métaux. Avec les doubles cyanures d'or et de potassium, on peut en agir de même à l'égard de l'or. Il est bien entendu que le degré de réaction des éléments transportés sur l'électrode positif varie avec chaque sel du même métal. Pour arriver ù une égalité d'action on y parvient soit en ajoutant à la dissolution métallique des acides plus ou moins oxydants , soit en élevant ou abaissant la température; une augmentation de température rendant le pouvoir conducteur de la dissolution plus grand et le métal étant plus attaqué.
Il faut donc avoir égard, selon l'état moléculaire que l'on veut obtenir, 1° à l'étendue de la surface de la pile ; 2" au degré de concentration de la dissolution; 3" à la disposition des électrodes dans l'appareil de décomposition ; 4° enfin à la température de la dissolution.