‹ Traité de physique considérée dans ses rapports avec la chimie et les sciences naturellesChapitre 119 sur 157 · SOLIDES INCOLORES · texte numérisé non relu

SOLIDES INCOLORES

riint-glass.

Verre à vitre.

Quartz.

Topaze.

Mica.

Nitre.

Plomb carbonate.

Bichroïte.

Diopside.

Baryte sulfatée.

Les liquides ont été renfermés dans un écran de flint-glass d'un centimètre d'épaisseur (pl.XII,iig. 8), et les solides taillésen lamespeu épaisses. On a pris d'abord pour substance impressionnable de l'iodure d'argent employé de deux manières : 1° en couches très-minces dé^ posées sur des plaques d'argent, à la manière de M, Daguerre, et dont la sensibilité était augmentée par l'addition de brome ou de chlore : 2° en couches formées par voie de double décomposition sur une feuille de papier, suivant la méthode deM.Talbot, indiquée précédemment. Décrivons maintenant l'appareil dont M. Edmond Becquerel s'est servi dans ses expériences.

Sur un plan en bois ou en métal MN (pi. XII, fig. 7), est fixé verticalement un écran métallique AB peint en blanc, dans lequel sont pratiquées deux ouvertures circulaires «, a! de 5 milimètres environ de diamètre et situées sur la même verticale. Derrière cet écran se trouve un prisme en flint CI) mobile autour de l'arête CD. Entre le prisme et l'écran AB, on place l'écran liquide, de manière que l'ouverture de ce dernier soit placée devant a', afin que les rayons réfractés, après avoir traversé le liquide, passent par a! . Cet appareil est disposé dans une chambre obscure, à une distance d'un à deux mètres d'une ouverture verticale très-étr()ite,|à travers laquelle on introduit un faisceau de rayons solaires réfléchis sur la glace métallique d'un héliostat, tombant horizontalement sur AB,dans le plan S««'; on a de cette manière, derrière AB, deux faisceaux de rayons, l'un a r, l'autre a'r\ qui ne différeront l'un de l'autre qu'en ce que l'un n'aura traversé que l'air, et l'autre l'air et le liquide d'essai. Les deux spectres , qui sont horizontaux , sont reçus à quelque distance sur un écran; par conséquent, les parties de même réfrangibilité sont situées sur une même verticale. Si donc on fait agir ces deux spectres simultanément sur une même surface impressionnable, on pourra voir si dans celui formé par les rayons qui ont traversé l'écran liquide ou solide, il se trouve ou non tous les rayons contemis dans l'autre.

Tour bien préciser la position des diverses parties du spectre, on place derrière le prisme une lentille achromatique EF, d'un mètre environ de foyer, et on met CD dans la posilion nécessaire pour qu'on ait le minimum do déviation. Les rayons convergent alors en 0; et au delà de ce point on a deux spectres 6c, b'c' avec toutes leurs raies, de sorte que l'on peut noter la position des rayons de eluique réfrangibilité. En substituant au prisme de llint-glass , des prismes d'une autre nature, les effets sont les mêmes, comme nous le verrons plus

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loin ; mais alors il faut faire usage d'une lentille de même matière, ou la retrancher tout à fait.

Pour assurer le succès de l'expérience , il faut autant que possible que les deux spectres aient la même intensité d'action ; on remplit cette condition en plaçant sur la route de S a un écran en llint, qui fait perdre , par réflexion , des rayons à celui des faisceaux qui en a le plus , de manière à arriver à une intensité sensiblement égale dans les deux spectres. La durée de l'observation dépend de la portion du spectre sur laquelle on opère. Les plaques les plus sensibles doivent rester en action au moins 5 minutes dans les rayons violets, de lo à 15 au delà, et au moins une heure dans les rayons les moins réfrangibles, après, toutefois, avoir impressionné l'iodure. Dans tous les cas, les spectres doivent être fixes et avoir le plus d'intensité possible.

En opérant comme il a été dit précédemment, et plaçant successivement dans l'écran les liquides ci-après :

Eau, chlorure d'étain liquide, essences d'anis, de copahii , alcool , acides sulfurique, valérianique, acétate d'oxyde d'amyle, on ne trouve aucune différence bien sensible entre les deux spectres. Si l'action , sur la surface sensible, dure de 10 à 15 minutes, on verra une impression entre F et P (pi. XIl , lig. 4); si elle dure près de deux heures, elle se manifestera entre F et A, provenant des rayons les moins réfrangibles ou continuateurs.

Avec l'eupione , l'aldéhyde, l'iodure d'amyle, on observe une légère différence entre les deux spectres. Celui qui est formé par le passage du rayon dans l'air et le llint, et qui est le spectre type, présente d'abord une action de F en P, tandis que l'action de l'autre va jusqu'à 0 ; d'où il suit que les liquides absorbent eu petite quantité les rayons extrêmes les plus réfrangibles. Quant à ceux qui le sont le moins, ils ne sont pas absorbés. En recommençant les expériences, et après une longue exposition au spectre, il se manifeste une action de F en A, comme dans le spectre type.

Avec l'essence de térébenthine, l'huile denaphte,les rayons extrêmes du côté P sont également absorbés , et l'action s'étend un peu plus vers N, de sorte que l'action chimique du spectre type s'étend de F en P pour les rayons les plus réfrangibles; celle de l'autre, de F en N ou entre N et 0. 11 est très difficile de saisir la limite extrême. Quant aux rayons les moins réfrangibles, leur action est la même dans les deux spectres, de F en A.

Avec l'essence de citron^ l'hydrocarbure de brome, l'acide nitrique, l'acide chlorhydrique, il y a une action dans le spectre type jusqu'en

P, tandis que dans l'autre elle s'arrête dans M ou entre M et N. Le pouvoir absorbant de ces liquides s'arrête donc sur les rayons extrêmes depuis M jusqu'en P (fig. 6). Les rayons les moins réfrangibles ne sont pas non plus absorbés.

Avec le chlorure de carbone liquide, le sulfure de carbone, l'essence d'elémi, il y a action également jusqu'à P dans le spectre type, tandis que dans l'autre elle s'arrête vers I, ou entre I et M.

Avec la créosote, l'essence d'amandes araères, et surtout une solution de sulfate acide de quinine, l'action s'arrête après H, dans le second spectre, de sorte que ces trois liquides absorbent tous les rayons chimiques situés entre I et P ; tous ceux compris entre H et A passent dans ces liquides comme dans l'air. (PI. XIT, fig. 5.)

Enfin , des expériences faites jusqu'ici par M. Ed. Becquerel , il faut tirer cette conséquence remarquable : que les rayons chimiques situés de A en H , dans la i^artie visible du spectre , ne sont pas absorbés par les liquides incolores^ tandis que ceux situés de H en P sont j)lus ou moins absorbés ^ suivant la nature des liquides , les rayons les plus réfrangibles étant toujours les plus absorbés.

Passons aux écrans solides incolores.

Le spath-fluor et le mica tiès-blaucs ne donnent lieu à aucune absorption de rayons chimiques.

Le nitre et la baryte sulfatée taillés en lames de 1 à 2 millimètres arrêtent les rayons extrêmes vers 0.

Avec le verre à vitre, le plomb carbonate, la diopside, les rayons situés au delà de M sont absorbés, de telle sorte que le spectre n'a qu'une étendue limitée d'un côté en A et de l'autre entre M et ?s.

Une lame de dichroïte d'un millimètre d'épaisseur absorbe complètement tous les rayons situés depuis I jusqu'à P; d'où il resuite que lespectre chimique n'a qu'une étendue AH i fig. .j); et même un peu au delà de H, la limite extrême la plus réfrangible étant entre H et L

Il en est donc des écrans solides comme des écrans liquides, c'està-dire que les rayons les moins réfrangibles n'éprouvent aucune modification appréciable.

Nous ne devons pas oublier de mentionner une observation importante due a M. Ed.lU'cquerel : c'est que, bien que l'itendue des spectres chimiques soit dilïercnte, puisque toute la partie IP peut être enlevée, néanmoins le maximum d'action reste sensiblement à la mêvie 2)1 ace , entre H et G pour Viodure d'aryenf.

Pour compléter la solution de la question , il fallait déterminer les intensités du courant électrique correspondant aux actions chimiques

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exci'pées par les diverses parties do clioque spectre sur les substances impressionnables : c'est ce qui a été fait par IM. Ed. Becquerel , de la manière suivante. Avant de former le spectre qu'il a projeté sur ractinomètre, il a fait traverser les rayons dans un écran d'essence d'amandes amères ou de créosote , substances qui arrêtent tous les rayons situés depuis I jusqu'en P 5 i) a obtenu alors pour les rayons les plus réfrangibles :

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