POTASSIUM
Le potassium est le radical de la potasse , qui n'en est que le protoxyde; il ressemble, quant à l'aspect, au mercure.
Densité à +15° 0,865
Poids atomique, j 2 jj^^ ^^^^^
Cassure cristalline à zéro.
malléable à + tO°.
demi-fluide à + 15°.
liquide à -h 55°.
Ce métal entre en ébullition près de la température rouge, et se convertit en un gaz d'un beau vert. Chauffé, il prend feu et brûle avec une grande vivacité; l'étincelle électrique l'enflamme également. Voici les procédés électro-chimiques à l'aide desquels on l'obtient.
Le premier est dû à Davy. On place un morceau de potasse légèrement humecté sur une lame de platineraise en communication avec lepôle positif d'une pile de deux cents couples, et on ferme le circuit avec un fil de platine qu'on pose sur la potasse. Il se manifeste aussitôt une action très-vive; la potasse se fond aux deux parties électrisées. Du côté négatif, il n'y a aucun dégagement de gaz, mais il s'y dépose des petits globules ayant un éclat métallique très-brillant et brûlant avec explosion et une llamme vive à l'instant de leur formation. Ces globules sont le potassium , qui se change en potasse au contact de l'air ou de l'eau. Quand on le projette dans cette dernière , il prend feu et brûle avec une flamme rouge.
Ce procédé ne donnant qu'une très-petite quantité de potassium , on a profité de la grande affinité de ce métal pour le mercure, pour le soustraire à l'action de l'air et en obtenir davantage. Ce principe a été mis en pratique par Seebeck de la manière suivante, en n'employant qu'un appareil composé d'un petit nombre de couples. On pratique une cavité dans un fragment de potasse légèrement humectée, et on la remplit de mercure ; ce fragment est ensuite posé sur la lame de platine, tandis que le fil de platine plonge dans le mercure. L'alcali et l'eau sont alors décomposés, leurs principes constituants sont transportés à leurs pôles respectifs , et le radical de l'alcali, en se combinant avec le mercure , forme un amalgame qui ne se décompose pas, ou du moins ne se décompose que faiblement tant qu'il fait partie du circuit ; on le met ensuite dans l'huile de napbte pour le préserver de
l'action de l'air. Pour obtenir le potassium pur , on place l'amalgame dans un tube recourbé fermé aux deux extrémités, dont on a chassé préalablement l'air. En chauffant Textrémité ou se trouve l'amalgame, on chasse le mercure, et le potassium reste. Le potassium obtenu ainsi renferme plus ou moins de mercure. M. Bird a formé l'amalgame de potassium au moyen de l'appareil (pi. XI, fig. il). Au lieu d"un tube contenant la dissolution métallique , il a fait usage d'un petit entonnoir de verre dont le bec était rempli de plâtre , et sur lequel il plaça un tube de verre fermé à l'un des bouts d'environ 1 0 à 1 2 millimètres de diamètre, et à moitié rempli de mercure pur. Ce tube était incliné d'environ 40°, et plongeait partiellement dans la dissolution de sel marin contenue dans le cylindre de l'appareil décomposant. Le cylindre communiquait avec une lame de cuivre de l'appareil à force constante , au moyen d'une lame de zinc amalgamé plongeant dans la dissolution de sel marin. L'entonnoir était alors presque rempli d'une solution de chlorure de potassium, et un bout de fil de platine mis en rapport avec la lame de zinc du couple était enroulé en spirale et plongeait dans le mercure du tube. Dès l'instant que le circuit fut complété, des bulles d'hydrogène se dégagèrent de la surface du mercure; en huit ou dix heures, le mercure avait doublé de volume; en plongeant un morceau de papier de curcuma , il rougit. Il s'était formé de l'amalgame de potassium.
Le potassium produit des mouvements singuliers dans des liquides conducteurs traversés par des courants électriques. {Traité de l'électricité et du magnétisme, X. III, p. 173.)