MAGNÉSIUM
Ce métal, radical de la magnésie, est d'un blanc argenté et a beaucoup d'éclat; il est susceptible d'être limé et étendu sous le marteau. A la température à laquelle se ramollit le verre vert, il s'enflamme et brûle avec un grand éclat , en produisant de la magnésie.
Poids atomique.
Davy, et les physiciens qui le suivirent, ont obtenu ce métal au moyen de l'électricité, et en employant l'action du mercure. A cet effet, il faut préparer un sel de magnésie avec de l'hydrate magnésique, qui est presque entièrement insoluble dans l'eau avec laquelle on le délaye. La séparation du mercure par la chaleur s'opère lentement, et plus difficilem.ent que lorsque l'on opère sur les amaigoraes des métaux alcalins, attendu que le magnésium décompose le verre avant que tout le mercure ne soit volatilisé. Le magnésium, qui renferme encore du mercure, est plus pesant que l'eau, et se décompose à ses dépens quand on l'y plonge pour former la magnésie ; celle-ci étant très-peu
soluble , la décomposition est très-lente , mais l'addition d'un acide l'accélère. Exposé à l'air, le magnésium ne tarde pas à se couvrir d'une couche blanche de magnésie. Davy, qui le premier eu a préparé l'amalgame, a reconnu qu'il fallait beaucoup plus de temps pour l'obtenir que pour produire ceux des métaux des terres alcalines.
On peut encore obtenir le magnésium en suivant la méthodeque nous avons indiquée en parlant du silicium, ou celle de M. GoldingBird,qui n'est que la nôtre avec addition d'un couple; et, pour bien faire comprendre notre procédé, quelques détails nous ont paru nécessaires pour l'intelligence des méthodes d'expérimentation électro-chimique. Quand on verse dans la branche négative d'un appareil électro-chimique simple, disposé comme nous l'avons dit, et qui n'est autre qu'un tube de verre recourbé en U , une dissolution de chlorure de magnésium saturée, et dans la branche positive une solution de chlorure de sodium , et lorsqu'on met ensuite ces deux branches en relation avec une pile voltaique, aumoven de lames de platine, on n'obtient aucune réduction du magnésium, mais bien dans la branche négative de la magnésie avec de la soude. Si l'on ajoute à la solution de chlorure de magnésium un dixième environ de son poids de protochlorure de fer, il y a réduction de fer à l'état métallique sans mélange ou combinaison de magnésium ; il n'y a donc aucune affinité entre ces deux métaux, comme entre le fer, le siUcium, le zirconiura, le glucium.
Il n'en est pas de même en opérant avec du chlorure de magnésium préparé dans une bassine d'argent; dans ce cas, le sel magnésique renferme une petite quantité de chlorure d'argent. Quand on se sert de l'action voltaique sur une solution de cette nature, il se dépose sur la lame négative un dépôt gris, puis des tubercules de même couleur, enfin des cristaux octaèdres d'un blanc argentin qui possèdent toutes les propriétés du magnésium. Le dépôt gris paraît être un alliage d'argent et de magnésium, tandis que les tubercules qui, sous le brunissoir, acquièrent un brillant métallique, sont du magnésium pur. On voit donc que la présence de l'argent a déterminé la réduction du magnésium , laquelle a continué même lorsque tout l'argent a été réduit. L'expérience, telle que nous venons de la décrire, ne réussit pas toujours; il est des circonstances, des causes qui, à l'observation, échappent. iMais quand l'expérience réussit, l'hydrogène se dégage en très-petite quantité, et pour ainsi dire d'une manière presque insensible. Dans ce cas, tout le gaz qui provient
de la décomposition de l'eau est employé à la réduction de la magnésie. INos expériences ont été faites avec des piles de 30 , GO éléments, chargées avec une dissolution légère de sel marin, et dont chaque élément présentait une surface de IG centimètres carrés. Pour diminuer la vitesse du courant, on s'est servi d'un entonnoir de verre dont le bec, qui avait un décimètre de long , renfermait de l'argile légèrement humectée. L'entonnoir renfermait la dissolution de chlorure de magnésium , et son bec plongeait dans une solution de sel marin. Néanmoins, en opérant comme l'a fait M. Golding Bird, on n'a besoin que d'un seul couple.