II
Les forces électriques réduisent avec une graude facilité les composés arsénifères. Le procédé est si simple que nous allons le faire connaître, non-seulement sous le rapport scientifique, mais encore sous celui d'utilité dans les cas d'empoisonnement. Les appareils électrochimiques simples procurent eu peu de temps uue certaine quantité d'arsenic. M. Edm. Davy dispose son appareil destiné à réduire l'arsenic à l'état métallique de la manière suivante : une lame de zinc et une lame de platine, la première en feuille mince, la seconde façonnée en creuset ou en cuiller. Quand on veut opérer la décomposition d'une solution qui renferme de l'arsenic ou même une autre solution métallique, on y ajoute quelques gouttes d'acide et on met le tout dans la cuiller de platine , et on plonge dedans la lame de zinc préalablement mise en contact avec le platine ; aussitôt après, l'arsenic se dépose sur les parois du platine, pôle négatif du couple voltaïque. La cuiller de platine est destinée à concentrer la dissolution. Si l'on veut opérer sur les arséniates de chaux , sur l'acide arsénique , les sulfures d'arsenic , il faut les traiter préalablement avec de l'acide nitrique. Voici comment on fait cette préparation avec le sulfure rouge d'arsenic : on prend une certaine quantité de ce composé , on le réduit en poudre , et on eu met une petite quantité avec quelques gouttes d'acide nitrique concentré dans la cuiller de platine dont on élève la température, afin d'opérer la décomposition du sulfure et chasser ensuite l'excès d'acide ; on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique , et la réduction de l'arsenic commence aussitôt qu'a lieu l'immersion du zinc. Les pyrites arsenicales doivent être traitées de la même manière.
Les arséniates de cuivre exigent un autre traitement. Le composé est dissous dans quelques gouttes d'acide hydrochlorique, et l'on chauffe ensuite dans la cuiller de platine. A l'instant où l'action voltaïque se manifeste, l'arsenic est réduit; mais si l'on traite par l'acide nitrique étendu , qu'on fasse bouillir et qu'on ajoute assez d'eau pour faire une dissolution , le cuivre seul est réduit. En détruisant le contact avec le zinc, le cuivre est redissous par l'excès d'acide ; eu maintenant le contact du zinc, l'arsenic forme un cercle sur le platine, tandis que le cuivre se montre au delà.
Quandon veut obtenir réuni l'arsenic précipité sur une feuille de platine, on introduit celle-ci dans un tube fermé d'un bout, et l'on chauffe à la lampe à alcool ; l'arsenic se sublime aussitôt. Par ce procédé, la quantité d'arsenic qui s'attache au platine est quelquefois moindre d'un demi-milligramme; et on peut , par ce procédé, en obtenir des
ÉLECTBO-CHIl^IE, 403
quantités dix fois moindres. On emploie avec avantage le creuset, quand il est revêtu intérieurement d'une couche d'or très-mince ; dans ce cas , la couleur de l'or est masquée par la couleur gris d'acier sombre de l'arsenic. Si l'on joint àces caractères l'odeur alliacée qu'on ressent quand on expose la cuiller à l'action de la chaleur , et l'insolubilité du dépôt dans l'acide rauriatique concentré, on a tous les caractères propres à l'arsenic.
Ce procédé, qui est électro-chimique, pourrait être employé dans des cas de médecine légale où l'on désirerait constater la présence de très-faibles quantités d'arsenic.