OR
Ce métal se trouve dans presque toutes les parties du globe; mais il est plus abondant dans les régions chaudes que partout ailleurs.
Gahn prétend qu'il n'existe pas de pyrites qui n'en contiennent. La présence de ce métal dans ces composés est souvent la cause de leur décomposition, parce qu'ils constituent un couple voltaïque. Au fur et à mesure que les pyrites se décomposent, l'or est enlevé par les eaux, et se mêle avec les sables qui constituent alors les sables aurifères, d'où on le retire par le lavage.
La présence de l'or dans certaines pyrites, comme à Bérésoff, en Sibérie, aide tellement à la décomposition, qu'en parcourant les Challanches (montagnes d'AUemont, en Dauphiné) , nous vîmes répandues sur le sol des pyrites en décomposition , ayant l'aspect de celles de Bérésoff. Nous supposâmes que l'or n'était pas étranger à cette décomposition. Eu effet,, les ayant broyées et soumises au lavage, nous obtînmes au fond du mortier d'agate des paillettes d'or. Nous recommandons ce procédé toutes les fois que l'on voudra s'assurer de la présence de l'or ou même de parcelles métalliques dans des minerais.
L'or a été trouvé jusqu'ici à l'état métallique, en poudre, en paillettes, eudendrites, en filaments, en grains et en masses plus ou moins considérables.
Densité, suivant qu'il a été pins ou moins i ,
' . , de 19,4 a 19,G5
comprime. )
Chaleur spécifique (Dulong et Petit) 0,0298
Poids atomique .
L'or ne s'oxyde à aucune température. Jadis, on prétendait que la poussière pourpre que l'on obtenait en faisant passer la décharge d'une batterie \oltaïque dans un fil fin d'or était un oxyde; mais il ne peut en être ainsi, attendu que la poussière purpurine se produit encore quand l'expérience se fait dans le gaz hydrogène. D'un autre côté , il y a peu de probabilité que l'or puisse s'oxyder par l'effet de la décharge, à une température comme celle qui existe dans ce caslà, et à laquelle il se réduit ordinairement. La poudre purpurine n'est donc que de l'or dans un état de division extrême.
Si l'or est allié à un métal oxydable, la poussière purpurine renferme l'oxyde de ce métal; c'est même ce moyen qui fait reconnaître, sans opérer des dissolutions, si l'or est allié à tel ou tel métal.
Les solutions d'or sont très-facilement décomposées dans les appareils électro-chimiques simples.
Essais électro-chimiques des dissohitions d'or dans Veau régale.
Prenons une dissolution d'or, et voyons comment l'action d'un appareil simple peut déceler la présence de ce métal. Ce dernier peut être seul dans la dissolution , ou bien mélangé avec d'autres métaux. Prenons le premier cas. Si l'on verse dans 2 ou 3 centilitres d'eau une seule goutte de dissolution d'or, et qu'on y plonge un couple zinc et platine, le zinc se recouvre d'un précipité brun d'or métallique, et le platine conserve son éclat. Il en est de même eu substituant au platine un fd de cuivre amalgamé, malgré l'affinité du mercure pour l'or. Il n'en est plus ainsi quand le métal oxydable se trouve sépnré de l'autre par un diaphragme d'argile rempli d'un liquide non actif : en effet, on prend un bocal muni d'une tubulure, et l'on verse dedans une solution de sel marin concentrée; on passe dans la tubulure le bec d'un entonnoir de verre dont lextremité est fermée par de l'argile humide et coiffée avec du linge. On place dans l'entonnoir la solution d'or soumise à l'essai. On prend ensuite un tube de verre dans lequel on introduit un fil lin de platine qui dépasse
408 TBAITÉ DE PHYSIQUE.
l'extrémité de quelques millimètres, laquelle est ensuite souciée à la lampe. La partie soudée est plongée dans la solution d'essai , tandis que le bout libre du fil passant à l'autre extrémité est mis en communication avec une lame de zinc plongeant dans l'eau salée. Au même instant l'action électro-chimique commence , et l'or se précipite sur le bout du fd de platine qui pionge dans la dissolution d'or. Quand la portion de cette dissolution, en contact avec le bout de fil, a cédé tout son or, elle est remplacée parla portion contiguë, et ainsi de suite jusqu'à ce que la décomposition soit achevée ; de sorte que toute la quantité d'or tenue en dissolution se trouve déposée sur une très-petite étendue de surface. On peut ainsi, non-seulement reconnaître la présence d'une très-petite quantité d'or dans une dissolution, mais encore la recueillir. Dés l'instant que l'opération est terminée, ce qui est facile à reconnaître au moyen d'un second fd de platine qu'on introduit dans le circuit comme fd d'épreuve, et qui ne se recouvre pas d'or quand l'opération est achevée, ou coupe le fil à ras du tube, puis on le pèse ; on dissout l'or par l'eau régale étendue ; on pèse de nouveau le fil, et la différence donne le poids de l'or. Il faut avoir soin, pendant l'expérience, que le fil ne touche pas la paroi du bec de l'entonnoir, dans la crainte qu'il n'adhère au verre quelque parcelle d'or. S'il tombe de ces parcelles dans le tube , on les recueille, et, à cet effet, on place une petite bande de papier sur l'argile, afin qu'elles puissent s'y déposer. Le tube qui renferme le fil de platine est fixé à une tige horizontale, glissant avec frottement le long d'un pied vertical, afin de pouvoir l'élever ou l'abaisser a volonté. On évite toute perte d'or en fixant à l'extrémité du til une capsule de platine d'un très-petit diamètre, dont la surface extérieure est recouverte de vernis, afin que l'or, se précipitant dans l'intérieur, puisse être recueilli en entier.
Examinons maintenant les cas où l'or est mélangé avec d'autres métaux dans une dissolution , et voyons s'il ne serait pas possible de le retirer seul par le concours des forces électriques et des affinités. En cherchant à résoudre cette question , nous avons été conduit à quelques principes généraux qui pourront être invoqués dans le départ des métaux au moyen des forces électriques. Nous avons à considérer deux cas. Dans le premier, les métaux sont dissous dans l'eau régale; dans le deuxième, dans un persulfure alcalin. Supposons un métal oxydable en dissolution avec un autre qui l'est peu ou point dans un liquide quelconque; si l'on veut séparer ce dernier de l'autre en se servant de l'appareil formé d'un couple et d'un diaphragme
en terre peu cuite, on conçoit qu'en versant dans ce diaphragme la dissolution métallique , et dans le vase où il plonge une dissolution de même densité, et qui n'en diffère qu'en ce qu'elle ne renferme pas le métal que l'on veut retirer , il n'y aura pas d'endosmose, ou du moins elle sera excessivement faible. C'est en cela que consiste en grande partie le succès de l'opération. En effet, prenons pour couple voltaïque une lame de platine et une lame de métal oxydable : si l'on plonge la première dans la dissolution donnée, et la seconde dans la dissolution qui renferme le métal oxydable , et qu'on établisse la communication entre les deux lames, dès l'instant que le couple commence à fonctionner, le métal non oxydable se réduit seul par suite de l'oxydation de l'autre. Nous disons qu'il se réduit seul ; car, s'il en était autrement, il se trouverait sur chaque lame quelque portion du métal oxydable, puisque l'une en est formée entièrement et que l'autre en serait recouverte ; il en résulterait donc deux courants électriques égaux , en sens inverse , et par conséquent absence d'action décomposante. Il pourrait se faire néanmoins que le métal non oxydable, en se précipitant, entraînât avec lui une portion de l'autre métal , de manière à former une combinaison des deux métaux en proportion définie. Il serait encore possible que l'on ne pût précipiter tout le métal non oxydable, en raison de l'affinité des deux métaux l'un pour l'autre; l'expérience va prononcer.
Séparation de l'or cVune dis.tolution gui renferme du cuivre, du fer ou du plomb.
On prend une dissolution d'or et de cuivre dans l'eau régale, dont on remplit un vase dans lequel se trouve un diaphragme en terre cuite , contenant seulement une dissolution de cuivre dans le même liquide, à peu près au même degré de concentration. Dans celle-ci plonge une lame de cuivre; dans l'autre, une lame de platine. Le cuivre est immédiatement attaqué avec formation de protochlorure. Le courant électrique qui en résulte a une intensité suflisante pour décomposer le chlorure d'or ; l'or se précipite sur la lame de platine, et quoicfue sa couleur soit jaune un peu rougeâtre , l'acide nitrique bouillant ne la change pas et ne dissout pas de cuivre.
Dans une expérience que nous avons faite pour nous assurer s'il y avait réellement du cuivre , nous avons traité par l'eau régale, puis par l'ammoniaque, et la dissolution, de jaune qu'elle était, est devenue
parfaitement incolore et a persisté , de sorte que l'or ne renfermait pas de traces appréciables de cuivre.
L'expérience a dû être répétée pour déterminer avec exactitude la quantité d'or que l'on pouvait retirer d'une dissolution renfermant une quantité donnée d'or.
On a mis dans une solution concentrée de chlorure de cuivre une dissolution renfermant 0^,032 d'or, on a obtenu les résultats sui'vants :,
Lame de platine avant l'exp 0^,224
Id. après l'exp 0 ,255
Or retiré 0 ,031
Perte d'or 0 ,001
Cette perte d'or peut provenir ou des manipulations ou du passage d'une petite quantité de la dissolution à travers les parois du diaphragme.
L'or et le fer, l'or et le plomb, peuvent être séparés de la même manière ; mais si les dissolutions contenaient en même temps un certain nombre de métaux, les principes mis en usage pour opérer la séparation de l'or du cuivre, du plomb ou du fer, serviraient encore. A cet effet, on préparerait une dissolution des trois premiers métaux dans les mêmes proportions , de manière à avoir une dissolution à peu près de même densité que la première, et l'on disposerait l'expérience comme ci-dessus , en opérant avec un couple platine et cuivre , attendu que le courant qui résulterait de la réaction de la dissolution d'or sur le cuivre donnerait naissance à un courant qui n'aurait que la puissance nécessaire pour décomposer le chlorure d'or.
OSMIUM. I
Densité , environ 10.
Poids atomique ^ ^ H = 1 99 ?*>
L'osmium obtenu par la réduction électro-chimique avec le mercure est très-combustible ; car, allumé en un point, il continue à brûler en formant de l'acide osmique qui se volatilise sans laisser de résidu.