ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
s'est produite au sein de l'atmosphère, elle a dû agir ainsi par influence ^ur le sol, et y développer encore de Félectricité négative. Donc, dans le> «leux hypothèses, le sol doit être chargé d'une électricité contraire à cellt 4)e l'atmosphère.
888. État électrii|«e des ■aa^es. — La constatation directe de Télectricilé des nuages fut le premier rapprochement établi entre les phé tioménes électriques de l'atmosphère et ceux que nous produisons artificiellement avec nos appareils. — C'est à Franklin que revient celt( «léoouverte ; c'est à lui que l'on doit les indications précises de la méthodi à suivre pour la confirmer.
Le 10 mai 1752, Dalibard, en se conformant aux indications donnée par Franklin dans ses Lettres à Collinson, fit élever, dan^ un jardin di Marly-la-Ville, une barre de fer de 40 pieds de haut, terminée à sa parti supérieure par une pointe d'acier trempé, et fixée sur un support isolant Il attendit que des nuages orageux vinssent à passer au-dessus de la tig<! 4>t put alors constater que la barre acquérait une charge électrique c:i pable de donner des étincelles et des commotions semblables à cell^! d'une machine électrique puissante. Pour obtenir ces étincelles, on a]i prêchait de la barre da fer Textrémité d'un fil de cuivre, tenu par ii; mandie isolant et communiquant avec le sol par son autre extrémité.
Un mois plus tard, Franklin eut recours à un autre procédé, qui pei
mettait d'aller chercher le fluide électrique jusque dans la région méni
des nuages. Un cert-volant fut garni, à sa partie supérieure, d'une point
métallique communiquant avec la corde qui servait à le maintenir: il f
lancé dans les airs, au milieu d'une plaine voisine de Philadelphie, i
Franklin le maintint quelque temps en présence des nuages orageux, apri
avoir pris soin d'isoler la corde par un cordon de soie. La corde étant po
conductrice, on n'obtint d'abord que des traces douteuses d'électricit :
mais, une pluie fine étant venue à mouiller le chanvre et le rendi
conducteur, on put obtenir des étincelles de plusieurs pouces. — Enfi
4»n 1755, de Romas, assesseur au présidial de Nérac, sans avoir connaii
sance de ces résultats, lit une tentative semblable, dont les effets dêpî i
sérent en puissance tout ce qu'on avait observé jusqu'alors. Une premiî i
<îxpérience faite avec un cerf-volant maintenu par une corde ordina i
ne lui avant donné aucun résultat, il eut l'idée d'enrouler autour de
corde un fil de cuivre. Le cerf-volant fut lancé, et la corde, qui n'a\
pas moins de 260 mètres, fut retenue par un cordonnet de soie, fixé 1 1
même à uiie pierre très-lourde : un orage violent ayant éclaté, on obt
<les lames de feu, qui partaient à plus d'un pied de distance et dont i
ohargi'îs d'éleclr-ciU* positive, cl le vase devient nôi,'atir. De nouvelles expériences Malteiicci ont donm'; des r<^sulUits tout â fait semblables. —Toutefois, les conclusi i déduites de ces recherches et leur extension aux phénomènes naturels n'ont pas admises <^ans contestation : il peut se faire, par exemple, que le frottement joue, d i les expériences que nous venons de ciler, un rôle considérable, et qu'on doive mi Ini attribuer la plus grande pari dans le dégagement de rélectricité.
entendait le bruit à plus de deux cents pas : une lueur brî liante envirt*»uait la corde, dans toute sa longueur. — Ces expériences furent répétée^ de toutes part, et de Romas, en les poursuivant et les perfectionnant, parvint à tirer de la corde des lames de feu de dix pieds de long, dont 1*^ explosions produisaient le bruit d'un coup de pistolet.
De semblables décharges sont foudroyantes, et il est indispensable & s'entourer de précautions, pour empêcher qu'elles ne viennent frapp*< directement Texpérimentateur. Le professeur Richmann, membre dr l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, avait fait éleTer sur Ir haut de sa maison une tige semblable à celle de Dalibard; des conducteurs métalliques isolés traversaient le toit et venaient aboutir jusque dans sc[ cabinet de physique: le 6 août 1753, pendant un violent orage, au moment où il se préparait à mesurer l'intensité de la charge acquise par ^(^ conducteurs, il s'approcha par mégarde de lun d'eux : la décharge Talteignit au front, et la mort fut instantanée. — Lorsqu'on veut aujourd'hai expérimenter sur réJectricilé des nuages orageux, on a soin d'environner les conducteurs d'une enceinte formée par des piquets métalliques, plantés dans le sol, et de se tenir toujours en dehors de cette enceinte. Si b décharge éclate spontanément, elle vient frapper J'un des piquets, et l'expérimentateur est à l'abri du danger.
889. IVaa^cs positifs et néf^atlfs. — L'électricité des nuages es: tantôt positive, tantôt négative. D'après ce que nous savons déjà de l'électricité dans l'atmosphère pendant les temps calmes (887), Tun et Paulnrésultat est facile à expliquer.
S'il arrive en efïet que, par un ciel serein, la vapeur d^cau répandue dans l'atmosphère se condense, de manière à former un nuage, elle emprunte à l'air auquel elle est mélangée son électricité positive.
Au contraire, si un nuage reste pendant quelque temps au contact de> flancs d'une montagne, ou s'il se forme à la surface d'une masse d'eau possédant la même électricité que le sol, ce nuage sVIectrise négatirement. — Enfin la charge négative de certains nuages peut encore tenir à une autre cause. Nous avons vu que la tension positive de l'atmosphère ra en croissant à mesure qu'on s'élève dans l'air ; si donc il arrive que deux couches de nuages soient superposées, les nuages supérieurs, plus fortement chargés d'électricité positive, peuvent agir par influence sur le^ nuages inférieurs; ces derniers abandonnent leur électricité positive à l'air qui les environne, et se chargent d'électricité négative.
89U. Ëelalm. — Tonnerre. — Conpo de fondre. — S'il arrive que deux nuages chargés d'électricités contraires s'approchent assez Tun de l'autre pour que la tension de leurs fluides puisse vaincre la résistance de l'air qui les sépare, il éclate entre eux une étincelle résultant de la combinaison de ces fluides. — De même, si un nuage électrisé arrive assez près de la terre, il décompose par influence les fluides du sol, et peut déterminer une étincelle qui éclate entre le nuage et le sol.
être attribué à deux causes principales. En premier lieu, les échos forursoit par les objets situés à la surface de la terre, soit par les nua^^es esiménies, peuvent nous renvoyer le même son plusieurs fois, et aTec érintensités différentes. En outre, une même décharge peut se propac*^ entre des nuages successifs : elle doit alors être considérée comme ^^rmée d'une série de décharges, qui partent au même moment comme yétincelles du tube étincelant (473), mais qui se produisent à desdist4no^ trés-difl'érentes de notre oreille. Les bruits de ces différentes déclurf*doivent donc mettre des temps trés-inégaux pour nous panrenir, et i doivent en outre nous arriver avec des intensités très-variables.
893. La foudre, lorsqu'elle frappe la terre, doit se produire de prêfrrence entre les nuages et les points du sol où le fluide attiré peut Acquérir la plus haute tension. Si donc on se reporte à ce que nous arocdit de rinfluence de la forme des corps sur la distribution de rélectricitr. on voit que la foudre doit frapper presque toujours les points de la surfacr du sol qui forment des saillies par rapport aux points environnants. — Les sommets des hautes montagnes, les édifices élevés, les clochers •> nos églises, les arbres isolés au milieu des plaines, sont les points que b foudre vient le plus souvent atteindre. Aussi n'est--ce jamais dans ]ew voisinage qu'on doit chercher un abri dans les temps orageux, ni aa Totsinage de corps conducteurs un peu volumineux, tels que des masses métalliques considérables, sur lesquelles les actions d'influence opèrent uof décomposition plus rapide des fluides électriques.
894. EffTete phyalqttes oa «bhoBl^mw prodalla por Ut Wamûre. — Les phénomènes produits par la foudre diffèrent surtout de ceux dtnos machines électriques par leur intensité, qui accuse une tenskw énorme et une quantité considérable de fluides intervenant dans la décharge.
On cite des exemples de coups de foudre, enlevant les toitures des bétiments, arrachant les pierres et les projetant à une grande dislance, traversant des plaques épaisses de verre, ou déchirant en filaments le tronc des arbres. — Ce sont là des effets mécaniques^ semblables à ceiR que produisent nos batteries (465), mais d'une intensité incomparablement plus grande.
La foudre produit aussi sur son passage des effets calorifiques considé- . râbles; elle rougit, fond ou volatilise les corps conducteurs, comme ]e> fils de sonnettes ou les dorures des appartements ; lorsqu'elle tombe soi des meules de paille ou sur des amas de matières combustibles, eUe > détermine des incendies. Quand elle vient frapper les couches de safahquartzeux qui constituent le sol de certaines contrées, elle peut fondre Ir sable lui-même et former, avec les grains agglutinés, des tubes auxquels on donne le nom de fulgurites.
Des masses de fer ou d'acier peuvent être aimantées par un coup de foudre : les pôles des aimants sont souvent déplacés ou intervertis. De>