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POINTS DÉBULLITION DE DIVERS LIQUIDES

l'OlIfTS R01IS I>KS LIQUIDES. D'iBOLUTIOK.

Acide nitrique monohydraté. 86*

— nitrique ordinaire. . . lio

— sulfureux — 8

— sulfuriquè 326

Alcool absolu ^ . 78,5

— méthylique(esp.debois) 63

Benzine 80

Chloroforme 63,5

poniTs

NOMS DBS UQDIDES. D'ÉB0LLITI05.

Eau 100*

Essence de térébenthine. . . 161

Éther chlorhydrique 11

— nitreux il

— Milfurique 35,5

Mercure 360

Soufre 400

Sulfure de carbone * 48

^i. Chalear latente de Taporlttatlon. —La constance de la température, pendant toute la durée de rébullition d'un liquide, lorsque cette ébullition s'efTectue au voisinage du point d'ébullition normal, conduit à une conclusion semblable à celle qui a été énoncée relativement à la fusion (274).

En effet, la température restant invariable pendant tout le temps que met le liquide à se transformer en vapeur, toute la chaleur qui lui vient de la source est employée uniquement à produire son changement d'état, sàne élever sa température. Ici encore, on dit que celte chaleur devient latente ; on la désigne sous le nom de chaleur latente de vaporisation. — La même idée s'exprimerait d'une manière plus précise en disant que, à

«H CHALEDH.

égdilé de température, le liquide contient moins de chaleur que la vapeur

dans laquelle il se transforme.

Cette difrérence est rendue maniresle par la comparaison des r^ltats obtenus dans les expériences suivantes :

Lorsqu'on mêle i liilogramme d'eau à 0" et 1 kilo){ramme d'eau bmdtlanU à 100", le mélange prend la température de 50v — Si l'on dirige, dans 1 kilogramme d'eau à 0*, un jet de vapeur d'eau bouillante qui s'y condense, on reconnaît qu'il sulTil de 85 grammes environ de celte Tapeur pour élever la température de l'eau jusqu'à 50*. — Ainsi, 85 grammes de Topeur à 100* ont dégagé, en se condensant et se refroidissant ensuite jusqu'à la température de 50°, autant de chaleur que lOOO grammes d'eau en ont abandonné lorsqu'ils se sont refroidis depuis 100 jusqu'à 50'.

Ô3S. phénomAnea de ealéraetliMi. — On sait, par Une expérience Tulgaire. que lorsqu'on projette quelques gouttes d'eau ou de tout autre liquide volatil sur une plaque inélalliquc chauffée au rouge, ce liquide prend une forme globulaire; il est animé de mouvements giratoires très-rapides, et ne se vaporise .qu'asseï lentement. ^Cet ensemble de caractères, assez anormal au premier abord, a été désigné, avant qu'on s'en fût rendu un compte exact, sous le nom de calé faction.

Pour porter rapidement les plaques métalliques ji une haute température. Il est commode d'employer Véolipyle représenté par la ligure iJ9.

— ce est une petite chaudière

- annulaire, contenant de Tal-

FiB. ÎS9. - CalÉfaction. P*»'. quel'on chauffe avecune

lampe placée au-dessous ; la vapeur inflammable qui s'y forme s'échappe en un jet trés-vif, par l'orifice o du tube recourbé mno, prend feu au contact de la flamme de la lampe et vient échauffer la capsule métallique BB".

Siiivant M. Boutigny, la température minina que doit atteindre la plaque métallique, pour déterminer la caléfaction de l'eau, est de 171 degrés; pour l'alcool, 13* degrés: pourl'étber, 6* degrés. — Si la tempe-

GALÉFAGTION. )67

rature est un peu inférieure, il y a conversion brusque du liquide en vapeur : si, par exemple, après avoir placé quelques gouttes d*eau sur la capsule, celle-ci étant assez chaude pour quMl y ait caléfaction, on vient ensuite à éteindre la lampe et à laisser refroidir l'appareil, on voit bientôt le globule s'étaler tout à coup et se réduire instantanément en vapeur.

333. Il n'j a pas eontact entre le ll4|alde ealéllé et la surface solide. — En employant une capsule percée de trous d'un diamètre assez grand pour laisser passer le liquide à froid, on observe que le liquide caléfîé ne traverse pas ces ouvertures, ce qui prouve qu'il n'en touche pas les parois. — On arrive à la même conclusion, en caléfiant de Tacide nitrique dans une capsule de cuivre ou d'argent ; ces métaux ne sont pas attaqués par l'adde, aussi longtemps qu'il est à l'état sphéroîdal. — On peut démontrer encore qu'il n'y a pas contact entre le liquide et la surface incandescente, en plongeant dans un vase de verre plein d'eau une sphère de platine chauffée à blanc et suspendue à un fil de même métal : on aperçoit alors, tout autour de la sphère, un intervalle vide dont l'épaisseur est encore exagérée pour Tœil par le grossissement que produit la convexité du vase.

Lorsque le doigt est mouillé avec de l'alcool ou de l'éther, on peut le tremper dans une masse de plomb fondu, sans éprouver autre chose qu'une sensation de fraîcheur ; on peut même, avec la main humide, couper impunément un jet de fonte en fusion, à sa sortie d'un haut fourneau. — Ces expériences, indiquées par M. Boutigny, avaient été, antérieurement déjà, exploitées par les jongleurs. En 1811, un Espagnol parcourut toute l'Europe en montrant, aux spectateurs attirés par ses expériences, qu'il pouvait sans danger faire couler sur ses bras des jets de fonte ou de plomb fondu ; Wollaslon, témoin de ces phénomènes, les avait expliqués en admettant que les corps échauffés au delà d'une certaine limite ne touchent plus les liquides.

334. Le ll4|vlde ealéllé est * ane température Inférleare * son ' point Bonnal d^ébnliltlon. — Cette particularité essentielle peut être

constatée facilement en plaçant dans un globule liquide caléfîé, soit la boule d'un petit thermomètre, soit la soudure d'une aiguille thermo-électrique, comme l'a fait M. Boutan (*). — On constate que la température de Peau, celle de l'éther, celle de l'alcool, sont inférieures chacune au point d'ébuUition normal du liquide.

Il résulte de là que, si l'on caléfie l'un de ces liquide? qu'on obtient en condensant un gaz par un abaissement de température considérable, de l'acide sulfureux, par exemple, la température du globule liquide est inférieure à celle de la condensation.— Sur une capsule ou dans un creuset d'argent porté au rouge, on répand une certaine quantité d'acide

(*) Voir à la fin du chapitre relatif aux courants thermo-électriques.

208 CHfcLBtJft.

sulfureux liquide, qui se calérie ; on verse alors au-dessus quelques gnultes d'eau ; cette eau se transforme iuunédialement eu glace. C'est ce que l'on conçoit facilement si l'on remarque que l'acide sulfureux bouta — 8*. et que, par suite, il conserve en se caléQant une température un peu inférieure : l'eau qui est mise en contact avec ce liquide peut donc f tre refroidie sufllsamraent pour se congeler.

H. fioutign; a eu le premier l'idée de rendre celte expérience plus frappante, en l'exécutant sur une capsule placée dans le mouQe d'un four de coupellation, àcflté d'un creuset contenant de l'aident eu fusion.

Faraday, en remplaçant l'acide sulfureux par de l'acide carbonique liquide, est parvenu, par le même procédé, A c<»igeler le mercure dans un creuset rouge.

335. lalcpprétatloa iem diverses p«ti««l>riUa «■ ph*»»méati. — Le phénomène de la caléfaction, considéré d'abord comme presque paradoxal, et attribué alors par M. Boutign; à un état particulier du liquide qu'il avait nommé ilat sphir&ulal, peut s'expliquer aisémoit aujourd'hui jusque dans ses détails.

La surface solide étant à une température où la vapeur du liquide possède une tension trés-considérable, il se forme, enire le solide et le liquide, une couche de vapeur qui mainlient entre eux une dislance sensible. Dans ces conditions, le liquide doit prendre une forme plus ou moins sphéroldale, comme le fait le mercure sur un plan de verre qu'il ne peut pas mouiller. — Enfin, puisque le liquide ne touche pas la surface incandescente, la chaleur ne se transmet du solide au liquide que par rayonnement : dès lors, c'est la surface du globule qui reçoit et absorbe la plus grande partie de la chaleur; c'est la surface qui émet incessamment la vapeur, sans qu'il puisse y avoir ébullition dans l'intérieur du globule.

j On conçoit d'ailleurs que, si la tein*

pérature de la surface solide s'abaisse, de manière que la couche de vapeur .

interposée ne puisse plus maintenir le globule à distance, il y a contact entre la surface solide et le liquide, à un moment où la suriace solide est encore i une température très-supérieure au point d'ébullition normal du liquide :

de là une vive ébullition, et souvent même projection d'une partie du liquide.

Fig. Ut. 336. iBterveatlaa poaaible de

flirlsdaBa des *ABBdl«res * Tspe«r. — L'expérience suivante.

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