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ÇO

On peut remarquer ici combien les variations de Tétat hygrométrique sont loin d'être proportionnelles aux mouvements de l'aiguille de l'instrument. Ainsi, l'instrument indiquant la division 60, l'état hygrométrique n'est pas 0,60, mais seulement 0,36. — Il est donc indispensable d'avoir une table de ce genre, pour traduire les indications de l'instrument.

Une table analogue a été constniite par Melloni pour la température de

23"; comme elle diffère très-peu de celle de Gay-Lussac, on admet en

général que l'instrument doit donner les mêmes indications, quelle que

' ioU la température de l'atmosphère. Celte hypothèse aurait besoin d'être

confirmée par de nouvelles expériences.

* 355. Expériences 4e M. Regnanlt. — 11 résulte des recherches de M. Begnault que deux hygromètres à cheveu sont rarement comparables entre eux ; les plus légères différences de construction, par exemple celles qui tiennent à la provenance des cheveux, à la manière dont ils ont été dégraissés, à la grandeur des poids tenseurs, entraînent de notables divergences dans leurs indications.

Delà la nécessité d'une table de graduation particulière à chaque instrument, au lieu d'une table unique. Afin d'éviter aux physiciens l'obligation de répéter pour chaque appareil toute la série des expériences de Gay- Lussac, M. Regnault a donné une table des tensions de la vapeur émise aux températiures ordinaires de l'atmosphère par des solutions d'acide suirurique dans Teau, en proportions définies. 11 sufiit donc d'introduire

UY6R0MÈTRIE. 287

sacoessÎTement ces solutions dans l'éprouvette {fig. 254) ; de noter, pour chacune d'elles, les indications de Thygrométre qu'on veut graduer, et de prendre comme fraction de saturation correspondante le quotient de la tension de la vapeur de la solution par la force élastique maximum de la vapeur d'eau pure à la même température.

Enfin, M. Regnault, frappé des altérations que le cheveu peut éprouver dans une atmosphère absolument dépourvue d'humidité, renonce à déterminer directement le point Ode l'hygromètre. A la graduation de de Saussure, il substitue une graduation tout à fait arbitraire, et détermine ensuite, comme nous venons de l'exposer, l'état hygrométrique correspondant à un certain nombre de divisions.

556. Frliielp« des hjgroaiétre» A eondensatloa. — Le principe sur lequel sont fondés les hygromètres à condensation a été indiqué et appliqué pour la première fois en 1752, par Leroy, médecin à Montpellier. — Quand un corps se refroidit dans l'atmosphère, il refroidit la couche d'air humide dont il est enveloppé, sans que la force élastique de la vapeur contenue dans cet air soit modifiée (*), Hais on sait que, à des températures de plus en plus basses, il suffit de quantités de vapeur de plus en plus petites pour saturer un espace déterminé ; il arrive donc un instant où la vapeur contenue dans la couche considérée est suffisante pour la saturer. Si, à partir de cet instant, la température continue à décroître, une portion de la vapeur se précipite sur la surface refroidie et la couvre d'un dépôt de rosée. — Supposons qu'on soit parvenu à trouver exactement la température t à laquelle ce dépôt a pris naissance, ou ce qu'on nomme le point de rosée. Gomme la tension de la vapeur n'a pas changé, et qu'à t degrés cette vapeur est devenue saturante, si l'on cherche dans la table 111 (page 241) la force élastique maximum /" pour la température observée, on aura la tension actuelle de la vapeur : celle-ci, divisée par la tension maxima F pour la température T de l'atmosphère , donnera pour quotient Tétat hygrométrique cherché.

557. Hygromètre de DaDiell. — L'hygromètre de Daniell (fig. 256) est un hygromètre à condensation, disposé de manière à fournir très-aisément le point de rosée. — Il se compose d'un tube de verre recourbé abcd, dont les deux branches sont inégales et terminées chacune par une boule. La boule Â^ qui termine la grande branche, est en verre bleu ou noir : sa surface doit être aussi brillante que possible, car c'est sur elle qu'on observe le dépôt de rosée; elle contient une certaine quantité

(*) On peut s'en rendre compte par le raisonnement suivant : la force élastique totale H de Ja couche d'air humide que nous considérons est égale, d'après la loi du mélange des gaz et^ des vapeurs, à la force élastique h de Tair sec, plus la tension f de la Tapeur. Mais, pendant le refroidissement, H demeure toujours égal ^ la pression barométrique du moment ; quant à h, il décroît, par l'abaissement de température, d'une quantité précisément égale à celle dont il augmente par suite de la diminution de volume; donc/", qui est la différence entre H et h, reste lui-môme constant pendant toute la durée de l'expérience.

Pig. 236. — Hygromèire de Daniell.

d'éther dans lequel plonge le réservoir d'un thermomètre f . La boule B est entourée d*une toile fine. — Ayant de fermer Tappareil, on en a

chassé Tair par Tébullition de Téther.

Sur le pied pq, de Tinstrument est fixé un second thermomètre T, destiné à donner la température de Tair ambiant pendant les expériences.

Pour trouver Fétat hygrométrique à un moment déterminé, au moyen de lliygromètre de Daniell, on verse goutte à goutte de réther sur la boule B, qui se refroidit par Tévaporation de ce liquide. Dés qu'il existe une différence de température entre les deux boules, le liquide contenu dans la plus chaude se vaporise et va se condenser dans la plus froide. Cette vaporisation du liquide ntérieur a pour effet de refroidir à son tour la boule A ; au bout de quelque temps, la vapeur doit donc se précipiter sur sa surface, autour de la surface mn du liquide qu'elle contient ; le thermomètre intérieur fait connaître la température t du point de rosée.

On doit remarquer cependant que, le refroidissement se propageant de rintérieur vers Textérieur, le liquide dans lequel plonge le tliermomètre est nécessairement un peu plus froid que l'air qui environne la boule, et la température observée ( est toujours un peu trop basse. Pour atténuer cette cause d'erreur, on laisse l'appareil se réchauffer lentement, et Ton note l'indication <| du thermomètre à l'instant où la couclie humide disparait : en général, i^ est un peu supérieur à t, et l'on prend la

;noyenne - ^ ' pour température du point de rosée.

558. Hysrométre 4e M. Besnanlt. — L'hygromètre de M. Regnault (fig, 257) est un perfectionnement de celui de Daniell. L'éther est contenu dans un tube de verre A, terminé par un dé d'argent mince et brillant B. Un thermomètre très-sensible T plonge dans le liquide, ainsi qu'un petit tube C qui s'ouvre à l'extérieur. La partie supérieure du tube A communique, par un long tube de caoutchouc, avec un aspirateur semblable à celui de la figure 252, mais ayant seulement 2 à 3 litres de capacité; il est placé à plusieurs mètres de distance de l'hygromètre, et quand on l'ouvre on produit un courant d'air qui pénètre en C, traverse l'éther et en active la vaporisation. — Pour saisir avec exactitude le point de rosée, on dispose à côté du dé d'argent B un autre dé B' tout semblable, mais qui ne contient pas d'éther : il permet de juger, par contraste, de l'état de la sur^ face B. Ordinairement l'expérimentateur observe l'appareil de loin, au moyen d'une lunette disposée à côté de l'aspirateur; cette lunette permet d'apercevoir à la fois les deux dés B et B', ainsi que les divisions grossies

des deus Ihermamètres T et T', dont l'un donne b teropéralure du point de rosée, l'aulre la température de l'almosphére. En réglant cooTenablement l'écoulement de l'eau, on parvient k taire apparaître et dbpantlre

Flg.BV. — flTgromèlra de H. Be^nnlt.

successiTement la rosée à des températures de plus en plus rapprochées ; la moyenne de deux obserrations consécutives, fait donc connidlre, avec une grande précision, la température à laquelle ta Tapeur atmosphérique est devenue salufante.

Les avantages de cet hygromètre sur celui de Daniell sont Taciles à apercevoir. — 1* Le dé métallique, sur lequel se fait le dépôt, étant plus conducteur que le verre de l'hygromètre de Daniell, la température du liquide intérieur est moins difTéreiite de celle de l'air extérieur. — 2" Inexpérience peut être conduite, ainsi qu'on vient de le dire, de façon à déterminer la lempéralure qui correspond à l'apparition de la rosée avec une grande précision, c;ir l'opérateur, après avoir déjà trouvé approximativement, par plusieurs expériences, la température du point de rosée, peut régler l'évaporation de l'éllier, au moment où il voit le thermomètre T approcher de cette température, de manière à faire apparaître et disparaitreà volonté lesgoultelettes liquides. — 3*Enria, on n'a pas à craindre

9H CBALEUR.

que la respiration de Pobserrateur introduise accidentellement de la vapeur dans les couches atmosphériques qui environnent l'hygromélre.

550. rmjwbmmtétm. ~ Le psychromèlre se compose de deui thermomètres A et A' {(ig. ÏÏ58), Irés-sensibles et parfaiternent d'accord, fixés l'un b câlè de l'autre sur un même pied. Le réservoir du thermomètre A', couvert d'une toile fine, est mainlenu constamment hiimide à l'aide d'une petite mèche de coton, v«iant d'un réservoir B qui contient de leau. Le liquide se vaporise à la surface du réservoir, et lui prend )a chaleur nécessaire à son changement d'état; leltiermomètreA'marque donc une température V inférieure à la température I de l'atmosphère, donnée par le thermomètre A, et la différence l — V est d'autant plus grande que l'évaporatiun est plus rapide, c'est-à-dire que l'air esr plus éloigné de son point de satura- On calcule la force élastique actuelle X de la vapeur d'eau dans l'atmosphère, au moTen de la formule

Fig-iS». — Psychromèlre. x:=f' — X{t — t']\\,

dans laquelle F' est la tension maximum pourla Icmpèralurel', H la pression donnée par le baromètre au moment de l'observation ; enlîn A est un coelTicient numérique qui varie avec le mode d'exposition de l'instruroenl, depuis 0,00014 environ jusqu'à 0,00128. On le détermine par une expérience préliminaire (').

On doit à Leslie, physicien écossais, la première idée du psychromèlre ; c'est H. Augusl, de Berlin, qui lui a donné sa forme actuelle; H. Re-

i>ccu|ier, en le garaïuissanl autant que possible des courants d'air li-op rapides; on obs«r>« les températures ( et (' des deui Iliermnmi'ti-es, ainsi que la pression K, et l'on cherche F' dans les tables ; ou détermin!' 1> Irnsion z, soit par la mélliode l'hijnique, soil au moyen de l'hy^romi^lre de II. IlegiiDutl. Ou connaît alors toutes les qvanlitfsqul entrent dana la formule, sauf A; il est donc facile d'en tirer la valeur de ce coenklent. — On porte enfin celte raleur dans la formule, qui peut servir eiisuile i déterminer i dans un moment quelconque, tant que riiisiniineiit dcmeurn â la mËnie place, pourvu que l'on d^lermine, il chaque eipcricnce. les quant iti's II.

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