DE L HYGROMÉTRIE
sature. Lorsque le cheveu parfaitement sec est introduit dans le manomètre , il exerce d’abord sur les vapeurs aqueuses une affinité trop puissante pour qu’elles y résistent. Une partie d’entre elles se précipite donc à l’état liquide, et est absorbée par le cheveu qu’elle allonge ; mais cette absorption même diminue son avidité , et enfin il arrive un terme où l’action qu’il exerce sur les vapeurs est justement égale, pour l’effet, au degré de pression ou de froid qu’elles peuvent subir sans devenir liquides; alors elles résistent à son action, et l’allongement du cheveu s’arrête. Il indique ainsi le degré de saturation de l’espace , d’après le terme variable auquel son affinité pour les vapeurs cesse de pouvoir les précipiter. La limite est exactement la même que celle du refroidissement dans l’expérience de M. Dalton. Cette limite dépend donc de la loi suivant laquelle l’affinité du cheveu pour l’eau diminue à mesure qu’on le sature. Voilà ce qu’il faudrait connaître pour pouvoir déterminer théoriquement le rapport de l’allongement du cheveu, et par conséquent des degrés de l’hygromètre avec les quantités d’eau réellement vaporisées. Mais comme on n’a aucune notion sur cette loi de décroissement , non plus que sur celle d’aucune autre affinité chimique, on est réduit à recourir sur ce point à l’expérience , c’est-à-dire , à multiplier les observations de l’hygromètre dans des circonstances connues , pour en déduire empiriquement la loi de ses indications. C’est ce que Saussure a cherché à faire; mais ses expériences, quoique très-soignées, ne sont pas encore assez exactes pour qu’on puisse en étendre les conséquences au-delà des limites de ses observations. M. Dulong, un de nos plus jeunes et de nos plus habiles chimistes, a entrepris ce travail difficile; et s’il l’a terminé avant l’impression totale de cet ouvrage , je placerai ici le tableau de ses résultats dont il a bien voulu me promettre la communication.
PESANTEURS SPECIFIQUES.