‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 18 sur 94 · SUR LE MAGNÉTISME · texte numérisé non relu

SUR LE MAGNÉTISME

à diverses températures de plus en plus élevées. Voici le ta-

bleau des résultats :

Températures en degrés de Réaumur.

Temps de 10 oscillations.

5io

très-grand

L’augmentation progressive de la durée des oscillations montre que le magnétisme du barreau s’affaiblit à mesure qu’on le chauffe davantage.

Pour mesurer , dans ces expériences , les températures diverses auxquelles le barreau était successivement amené, Coulomb employait une méthode que nous ferons plus tard connaître , et qui exigeait que le barreau échauffé fût jeté à chaque fois dans une masse d’eau à la température de 120. On pourrait donc penser que celte opération le trempait , et influait ainsi sur ses facultés magnétiques. Mais il n’en est pas ainsi ; car après avoir été retiré de l’eau , il n’offrait aucune des propriétés de la trempe ; il se limait et s’écrouissait encore aussi facilement qu’au plus grand état de recuit. Ce n’est que vers 7 5 0° qu’il commençait à prendre un peu de trempe et à résister à la lime sur ses arêtes. Il paraît donc que jusqu’à 700° de température les particules du barreau sont encore trop voisines les unes des autres pour qu’un refroidissement subit à 1 20 puisse saisir celles de la surface, et les empêcher de revenir aux positions naturelles d’équilibre qu’elles prendraient spontanément par un refroidissement gradué ; et ce qui achève de confirmer cette remarque importante , c’est qu’après chacune de ces immersions , le barreau , étant aimanté de nouveau à saturation, reprenait

io8 INFLUENCE UE LA TEMPÉRATURE

exactement la même force directrice que dans son état parfait de recuit, et faisait de même io oscillations horizontales en 93 " ; d’où l’on doit conclure que les distances et l’arrangement, de ses particules étaient aussi redevenues les mêmes qu’auparavant. Ce ne fut , comme je l’ai dit, que vers 700° qu’il commença dans les immersions à prendre une trempe sensible. Aussi, en l’aimantant à saturation, après l’avoir trempé à cette température, et successivement à d’autres de plus en plus élevées , Coulomb trouva que sa force directrice commençait à croître ; c’est ce que montre le tableau suivant :

Températures de la trempe.

Temps de 10 oscillât. , après avoir été aimanté de nouveau à saturation.

On voit que la trempe a considérablement augmenté le développement du magnétisme que ce barreau pouvait admettre ; elle l’a presque doublé à 900° , puisque les temps de dix oscillations ont varié de q3 à 63. En augmentant davantage la température de la trempe , la force directrice n’éprouve plus que des accroissemens insensibles.

Dans ces expériences , nous avons graduellement élevé le barreau de l’état complet de recuit à celui de la trempe la plus dure. Nous allons maintenant le ramener de l’état de trempe à celui de recuit.

Températures.

Temps de 10 oscillations horizont.

du barreau trempé à g5o.

; 2î4 couleur bleue

1 4IQ couleur d’eau

SUR LE MAGNÉTISME. ïog

Ici îe barreau a d’abord été trempé très-roide, puis aimanté à saturation, et ses oscillations observées. Cela fait, on l’a successivement élevé aux diverses températures marquées dans la première colonne , et après l’avoir laissé refroidir, on a mesuré par les oscillations le magnétisme qui lui restait. En comparant ces nombres à ceux de la première série d’expériences , on voit que l’élévation progressive de la température altère beaucoup moins le magnétisme du barreau , lorsqu’il a été d’abord trempé vers 900°, que lorsqu’il a été mis d’abord dans l’état de recuit.

Voici encore une autre différence : dans l’état de recuit , tant que le barreau n’a été exposé qu’à des températures au-dessous de 5oo°, une nouvelle aimantation lui a rendu loute sa force directrice primitive, et il est toujours revenu à faire 10 oscillations horizontales en g3 3 Mais dans l’état de trempe , le résultat est différent , chaque élévation de température diminue sensiblement le développement de magnétisme que le barreau peut recevoir par une aimantation nouvelle. C’est ce que montre le

tableau suivant :

Températures du recuit.

Temps de 10 oscillations du barreau, 1 après une nouvelle aimantation. |

4io couleur d’eau

goo cerise-clair

' r^-r-,, ■ im-inn m nn 1

La force directrice que le barreau peut acquérir atteint d onc son maximum d’énergie , quand il est trempé cerise-clair vers goo° ; alors le temps de dix oscillations est 63/y. A partir de ce terme, la force directrice dont il est susceptible diminue à mesure que la température du recuit augmente ; à 900% le barreau , aimanté de nouveau à saturation , emploie g3" à faire dix oscillations horizontales comme dans nos premières expériences. Cela devait

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