‹ Traité de physique expérimentale et mathématiqueChapitre 89 sur 94 · EFFET DE LA DISPERSION · texte numérisé non relu

EFFET DE LA DISPERSION

dans des positions diverses par rapport à l’œil et au soleil.

Quoique cette ingénieuse explication satisfasse très-bien au phénomène des couronnes , on ne doit pas cependant lui attribuer une réalité physique. Car en limitant les apparences à la description qu’Huyghens en donne, on pourrait , comme nous le verrons plus tard , y satisfaire avec de simples globules d’eau liquide , au moyen d’une propriété de la lumière que Newton a découverte , et qu’Huygliens n’a pas connue. La question serait décidée directement, si, lorsque ces phénomènes paraissent, on pouvait s’assurer , par l’expérience , de la forme des corps qui les produisent. Il n’est pas impossible que les aérostats n’en fournissent quelques jours l’occasion. Jusque-là tout ce que l’on peut faire, c’est d’observer avec soin ces couronnes , lorsqu’elles paraissent , de mesurer exactement leur diamètre , de remarquer l’ordre de leurs couleurs, lorsqu’elles en présentent, de noter les circonstances météorologiques qui les accompagnent , surtout d’observer attentivement s’il s’en produit seulement une ou plusieurs concentriques les unes aux autres ; et , dans ce deroier cas, quels sont leurs diamètres apparens. Car la simplicité ou la multiplicité des arcs, et les rapports de leurs diamètres fourniraient, comme on le sentira plus tard , le plus sûr moyen de décider quelles sont les causes qui les produisent.

C’est par des considérations analogues qu’Huyghens a expliqué les parélies. Ces phénomènes consistent dans l’apparition simultanée de plusieurs soleils, images fantastiques du soleil véritable. Ces images se montrent toujours sur l’horizon à la même hauteur que le vrai soleil , et elles sont toujours unies les unes aux autres par un cercle blanc pareillement horizontal , dont le pôle est au zénith. Ce cercle monte et descend sur l’horizon en même temps que le vrai soleil , et son demi-diamètre apparent est toujours égal à la distance de cet astre au zénith. Les images du soleil qui paraissent sur ce cercle , du même côté que le soleil véritable, présentent les couleurs de l’arc-en-ciel, et quelquefois le cercle lui-même est coloré dans la partie qui les avoisine. Au contraire , les images qui se forment du côté du cercle opposé au soleil sont toujours incolores ; d’où l’on peut

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