CHAPITRE Y
Distribution générale du Magnétisme libre dans les fils aimantés par la méthode de la double touche . Lois des attractions et des répulsions magnétiques.
.fLjORSQu’oN a aimanté par la méthode de Duhamel et d’Æpinus un fii d’acier d’une ou deux lignes de diamètre , et de i5 ou 20 pouces de longueur, si l’on essaie les poids qu’il peut supporter en divers points par son attraction , on trouve que ces poids vont en augmentant depuis l’extrémité jusqu’à une distance de 4 ou 5 lignes ; après quoi ils diminuent rapidement ; de sorte qu’ils sont presque insensibles vers 2 ou 3 pouces de distance de l’extrémité. On trouve de plus que ces poids sont égaux vers chaque bout du fil. Cela prouve , comme nous l’avions prévu , que les quantités les plus intenses de magnétisme libre sont distribuées vers les deux extrémités du fil à une petite distance et v sont sensiblement égales , distribution parfaitement analogue à celle de l’électricité libre dans les tourmalines et les piles.
Ce résultat important se prouve encore mieux à l aide de la torsion. Dans l’étrier de la balance magnétique, on place une aiguille d’acier, bien aimantée par la méthode de Duhamel ou d’Æpinus. Sur la direction du méridien, magnétique de cette aiguille, qui doit aussi répondre au zéro de torsion, l’on fixe une règle verticale de bois ou de cuivre d’une ou deux lignes d’épaisseur, de manière que l’extrémité de l’aiguille vienne s’y appliquer, lorsqu’elle est ramenée à son méridien par la torsion. Puis de l’autre côté de cette règle on fait glisser verticalement un fil d’acier aimanté, tel que nous l’avons supposé plus haut ; en commençant , par exemple , par son pôle homologue à celui fie r aiguille. Celle-ci est d’abord chassée par la répulsion qui
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s’opère entre les magnétismes de même nature ; mais on îa ramène par force en contact avec la règle , en tordant le fil de suspension , de manière qu’il ne reste que l’épaisseur de la règle ou deux lignes de distance entre les points du fil et de l’aiguille les plus rapprochés. Or, comme le fil d’acier que nous plaçons derrière la règle est vertical , tandis que l'aiguille est horizontale, tous les points qui se trouvent , de part et d’autre, à 4 ou 5 lignes de distance du recroisement , ne contribuent que trèspeu à la répulsion , à cause de leur distance et de l’obliquité avec laquelle ils agissent ; en sorte que la force de torsion qu’il faut employer pour maintenir le contact doit surtout dépendre des quantités de magnétisme libre qui existent sur chaque aiguille, depuis le point de contact jusqu’à une distance de 2 ou 3 lignes départ et d’autre de ce point. Ainsi, en faisant glisser verticalement le fil d’acier le long de la règle , et présentant successivement tous ses points à cette petite distance de 2 lignes de l’aiguille , dont l’action reste constante , les forces de torsion qu’il faudra employer pour maintenir le contact seront dans chaque essai une mesure très approchée de l’intensité du magnétisme libre dans le point du fil qui forme le recroisement. Or, quand on fait cette expérience, on trouve que , s’il faut une torsion de huit cercles lorsque le point de recoupement est à 2 lignes de l’extrémité du fil , il ne faut que deux ou trois cercles de torsion à 2 pouces ; et lorsque l’extrémité du fil dépasse de 3 pouces le plan horizontal de l’aiguille, la répulsion est presque nulle ; presque tout le magnétisme libre est donc réuni sur ces 3 premiers pouces , à partir de l’extrémité. On trouve la même chose pour l’attraclion des pôles de nom contraire ; et si le fil vertical a été régulièrement aimanté par la méthode de la double touche , on trouve que les attractions de ce pôle sont sensiblement égales aux répulsions de l’autre ; mais il faut avertir que , pour pouvoir compter sur les résultats d’une pareille expérience , il ne faut employer que des aiguilles et des fils d’excellent acier, fortement trempées, et encore ne pas leur donner un très-fort degré de magnétisme ; car , sans ces précautions, les points de recroisement n’étant