A AIR CHAUD
1298. — Autant que possible, on doit établir un calorifère au centre du bâtiment à chauffer. Le calcul indique (las) et Texpérience a confirmé depuis longtemps qu'on ne peut conduire l'air chaud à de grandes distances. A i5 mètres du foyer les pertes sont déjà notables et, à une distance horizontale de 3o mètres, dans les conditions ordinaires d'établissement des conduits, l'air arrive presque refroidi. On ne peut aller au delà de i5 mètres qu'en prenant des précautions particulières contre le refroidissement ou en imprimant à l'air une grande vitesse au moyen d'appareils mécaniques. Quand on est obligé de transporter la chaleur à des distances plus grandes, il faut em- Sbh. II. — 53
ployer plusieurs appareils répartis de manière à ce que le rayon d'action de chacun d'eux ne dépasse pas i5 mètres.
Les pièces en fonte dont se compose ordinairement un calorifère s'établissent sur une fondation en maçonnerie de briques, dans laquelle on ménage les vides nécessaires pour que Tair à chauffer se répartisse aussi également que possible et vienne au contact de toutes les surfaces de chauffe.
On place la cloche du foyer et les tuyaux suivant les dispositions particulières de chaque appareil. Il faut avoir soin dans le montage de laisser toutes les dilatations libres, et de faire des joints bien étanches pour que la fumée ne pénètre pas dans la chambre d'air chaud.
Les murs de cette chambre se font en briques et devraient toujours avoir au moins o^.^t, d'épaisseur. On leur donne souvent o"", 1 1 seulement, par économie, mais il en résulte une perte de chaleur dont on n'apprécie pas assez l'importance.
L'emploi des briques creuses, dont la conductibilité est très faible, est à recommander pour la construction des parois des chambres à air chaud.
1S99. Prises d'air Croid et conduits d'air ohaad. —Les prises d'air, par lesquelles l'air extérieur s'introduit pour venir se chauffer dans le calorifère, doivent être établies autant que possible en contre-bas des locaux à chauffer, dans un endroit découvert et bien exposé à l'air. Il faut éviter de les disposer dans des cours étroites, sombres et humides.
Il importe de les éloigner des cabinets d'aisance, des écuries, etc., qui laissent d^ager des odeurs plus ou moins désagréables.
Le mieux, lorsqu'on le peut et qu'on n'est pas arrêté par la dépense, est de les établir au milieu d'un jardin et de les relier au calorifère par une galerie souterraine accessible en prenant les plus grandes précautions contre l'humidité. Il faut avoir soin de munir les ouvertures des prises d'air d'un grillage assez serré pour empêcher l'entrée de petits animaux tels que les chats ou les rats qui pourraient sans cela pénétrer jusque dans la chambre du calorifère.
Il est, en effet, assez souvent arrivé que des animaux, s'étant ainsi introduits dans des prises d*air, y périssaient et que, pendant leur décomposition, il se produisait des émanations putrides d'une odeur insupportable dont on ne pouvait s'expliquer la cause.
Quelquefois, on supprime la prise d'air proprement dite et on se contente de faire des ouvertures dans le bas du mur de la chambre d'air chaud, de manière à prendre l'air directement dans la cave. C'est une disposition simple et économique, mais qui n'est pas à recommander, Fair des caves généralement humide et chargé d'odeurs, se trouvant rarement dans des conditions suffisantes de salubrité. D'ailleurs dans ce cas le courant d'air, passant à côté du tas de charbon accumulé pour Talimentation du foyer, entraîne de la poussière noire surtout au moment où l'on charge le foyer et la transporte dans les appartements, où elle ternit rapidement les murs, les tentures et les meubles. De môme, lorsqu'on retire les escarbilles et les cendres qui sont tombées dans l'eau du cendrier, ou lorsqu'on jette le feu en bas de la grille, les gaz sulfureux qui se dégagent se répandent dans les salles desservies par le calorifère.
On utilise souvent comme prises d'air les soupiraux disposés pour éclairer et ventiler les caves. On construit alors en avant du mur du soupirail un coffre plat rectangulaire, de section convenable, qui se retourne sous le sol de la cave et communique par une petite galerie avec la chambre du calorifère. Afin de conserver l'accès de la lumière dans la cave, on ménage dans la paroi du coffre, en face du soupirail, un grand châssis vitré.
Il faut, autant que possible, établir deux prises d'air par calorifère, sur les faces opposées du bâtiment, pour que l'une d'elles au moins fonctionne quelle que soit la direction du vent.
Au point de réunion des deux prises, sous la chambre d'air chaud, on a soin de construire une murette qui les maintient séparées jusqu'à ce qu'elles aient pris toutes deux la direction verticale. Sans cette précaution, il pourrait arriver que, sous
Tinfluence d'un vent violent, le courant, pénétrant par une prise d'air, sortit par celle du côté opposé sans entrer dans la chambre du calorifère, qui ne serait plus alimenté.
1300. Conduits d'air chaud. — Du haut de la chambre du calorifère partent un certain nombre de conduits destinés à distribuer Tair chaud dans les différentes parties du bâtiment. Ces conduits doivent présenter une pente ascendante continue aussi forte que possible. Chacun d'eux débouche dans la pièce qu'il dessert, généralement un peu au-dessus du plancher. L'ouverture pratiquée à cet effet dans le mur et, le plus souvent, munie d'un registre de fermeture est désignée sous le nom de bouche de chaleur.
Quelquefois au lieu de mettre les bouches en plinthe, comme nous venons de le dire, on les place en parquet. Cette disposition n'est pas recommandable parce qu'une bouche decha-
Fig. 711.
Fig. 712.
leur ainsi établie sert de réceptacle à toutes les balayures de la
pièce.
n construit ordinairement les conduits d'air chaud en briques, ou en poteries de section rectangulaire; on les groupe, autant que possible, à côté les uns des autres (fig. 71 1) au départ du calorifère, afin de diminuer les pertes de chaleur et de simplifier la construction; ils sont supportés sur leur longueur par des fers plats maintenus de distance en distance par des étriers en fer et on recouvre le tout d'un enduit en plâtre. Pour diminuer le refroidissement, on entoure quelquefois les conduits d'une enveloppe isolante en briques creuses ou en carreaux de plâtre (fig. 712).
Quand le bâtiment n'a pas de caves, on en construit une spé-
ciale pour la chambre du calorifère et on établit les conduits d'air chaud dans le terre-plein qui reste des deux côtés. Ces conduits se composent alors d'une petite fondation en béton avec dallage et de deux pieds-droits qu'on surmonte d'une voûte. On les construit de préférence en briques creuses qui sont peu conductrices. On remplit le vide laissé par la fouille autour du conduit avec des mftchefers ou d'autres matières bien sèches et peu conductrices.
Quand on veut transporter l'air chaud assez loin, surtout dans des sols un peu humides, on fait quelquefois, *'"K- 7''pour réduire les pertes, un
double conduit, comme l'indique la figure 713 en laissant de distance en distance quelques briques pour relier les deux parois parallèles.
L'isolement d'air ain^i ménagé entre les deux pieds-droits et les voûtes diminue considérablement la transmission.
Les conduits d'air chaud qui amènent la chaleur de la chambre du calorifère aux diverses pièces & chauffer doivent être établis de manière & laisser passer le volume d'air nécessaire au chauffage et & ]a ventilation, en le répartissant dansles diverses parties du bfttiment suivant les besoins de chacune de ces parties.
Cette répartition n'est pas toujours facile à réaliser, car, en raison des distances et des hauteurs souvent très différentes des locaux à desservir, ia vitesse de l'air est bien loin d'être uniforme dans les divers conduits.
L'air amvera d'autant plus facilement dans une pièce qu'elle sera plus près du calorifère et à un étage plus élevé. Les conduits les moins longs sont en effet ceux qui présentent le moins de résistance et le conduit vertical produit un appel d'autant plus fort qu'il a lui-même plus de hauteur.
Les pièces éloignées du calorifère et situées au rez-de-chaussée sont les plus difficiles à chauffer.
Les prises des conduits d'air chaud sur la chambre du calorifère doivent naturellement être faites à la partie supérieure, où la température est le plus élevée. Si, en raison de leur nombre, on est obligé de les placer les unes au-dessus des autres, il faut réserver les prises les plus hautes pour les conduits d'air amenant la chaleur aux points les plus éloignés et les plus bas, qui sont les plus difficiles à chauffer.
Il convient de faire sur la chambre du calorifère une prise avec conduit spécial pour chaque pièce à chauffer. C'est une condition essentielle pour assurer l'arrivée régulière de lair chaud aux différents points à desservir. Si on ne faisait qu'un seul conduit pour des locaux différents, il se produirait presque fatalement des troubles dans la circulation et des mouvements ir réguliers provenant des différences d'appel.
C'est ce qui se passait à l'hospice du Yésinet. Dans cette installation, les diverses colonnes montantes, qui devaient amener Tair chaud dans les locaux, partaient de la partie supérieure d'un conduit horizontal unique venant du calorifère.
L'air chaud, tendant toujours à s'élever, s'engouffrait dans les colonnes les plus voisines du calorifère et ne parvenait pas jusqu'aux autres.
Pour améliorer cette situation, on a élargi le conduit d'air chaud sous chaque groupe de gaines ascendantes et on y a disposé une sorte de chape A (fig'. 714). De cette façon, l'air chaud ne peut sortir qu'en passant sous les piedsdroits de la chape A dont la hauteur diminue à mesure que l'on s'éloigne du calorifère. Dans ces conditions, Tair arrive jusqu'au bout de la conduite et on peut faire fonctionner l'installation.
On aurait également pu adopter la disposition d'une des figures 715 ou 716, dans lesquelles on voit que les colonnes montantes débouchent d'autant plus bas dans le carneau hori-
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Fig. 7'i.
zontal qu'elles sonl plus voisines du calorifère. Tous ces procédés ne constituent d'ailleurs que des expédients auxquels il ne faut recourir que lorsqu'on y est forcé.
Lorsqu'on est obligé de desservir plusieurs pièces par un seul conduit, il faut avoir soin de choisir celles qui sont à peu près à la même hauteur et à la même distance du calorifère.
Si on alimentait avec un même conduit différentes pièces placées les unes au-dessus des autres dans le b&fiment, il est à peu près certain que l'air chaud n'arriverait pas aux étages inférieurs et que même, Ife plus souvent, l'air des pièces
Fig. ;ii. Kig. :i6.
du bas serait aspiré dans le conduit d'air chaud et monterait aux étages supérieurs. Dans ces conditions, non seulement le chauffage ne se ferait pas, mais encore l'air d'une pièce passerait dans une autre, ce qui, dans certains cas, dans un hôpital de contagieux, par exemple, présenterait les inconvénients les plus graves en détruisant l'isolement.
1801. ïïondults d'évacuation. — Pour assurer l'arrivée de l'air chaud, surtout aux étages inférieurs, ii est indispensable de ménager des conduits d'évacuation pour l'air de la pièce chauffée.
L'air chaud qui afflue continuellement par les bouches de chaleur doit nécessairement trouver des ouvertures pour s'échapper à l'extérieur, après avoir abandonné dans l'encemle une partie de sa chaleur. Trop souvent, on ne dispose aucun orifice spécial pour ce dégagement et l'air est obligé de sortir par les fissures des portes et des fenêtres.
Dans les pièces munies de cheminées, le tuyau de fumée de ces appareils sert naturellement de conduit d'évacuation, et
rappel est augmenté de toute la dépression produite par la colonne d*air relativement chaud qui remplit ce tuyau. SU y a du feu dans Tfttre de la cheminée, Tappel est plus énergique et peut, dans certains cas, se faire sentir dans la chambre d'air chaud du calorifère assez fortement pour diminuer le volume d'air qui passe dans les autres conduits de chaleur.
Lorsqu'il n'y a pas de cheminée dans une pièce, il convient d'y établir, suivant sa capacité, une ou plusieurs gaines d^é^'acuation ; cette précaution est surtout utile pour les pièces du rez-de-chaussée dans lesquelles l'appel produit par la colonne d'air chaud est moins actif. On réserve ces gaines dans l'épaisseur des murs de la construction, ou bien, si on n'a pas pris cette précaution, on les établit en poteries adossées contre les murs.
En hiver, l'air qui remplit ces gaines est plus chaud que Tair extérieur; elles font ainsi l'office de cheminées d'appel et favorisent l'arrivée de l'air chaud. Au rez-de-chaussée surtout, une pièce éloignée du calorifère et qui n'est pas munie d'une gaine verticale d'évacuation est difficilement alimentée d'air chaud.